with me (absalon)


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Petite oracle hippie en herbe
# with me (absalon)le Jeu 19 Juin - 21:20
C'était une vie de silence valsant au rythme du vent dans les feuilles des hautes cimes, des bruissements d'ailes et des haleines fraîches au petit matin. Une existence n'étant pas troublée par les parasites extérieurs que produisaient l'homme et sa puanteur, ses machines infernales et son aura destructeur. Juste une vie solitaire, perdue au milieu des arbres et d'autres âmes, primitives, sauvages, que t'avais appris à connaître par coeur. Tu ne les avais jamais apprivoisé ; c'était plutôt l'inverse. Doucement, elles s'étaient une à une habituées à la présence de la petite humaine nichant au fond de la forêt, au détour de la rivière. Tu grimpes, tu cours, tu chasses, tu subsistes avec eux comme un moineau qui manque d'air. T'es juste une bête abandonnée qui n'aura pas la chance de retourner aux sources.

Tu n'essaies de ne plus y penser. Tu chasses les souvenirs comme tu le peux, mais ils te collent à la peau comme la résine qui suinte des grands arbres malades. Tu continues d'afficher  continuellement ce sourire un peu absent que tu adresses à tout le monde et à personne, un peu au ciel, un peu au vent. Tu te mets à courir quand ça devient trop pénible. Un pas pour les bras de ta mère. Une foulée pour l'ombre sécurisante de ton père. Une suée pour ton sang. Cet imbécile, ce pauvre con. Que tu ne peux arrêter d'aimer, inévitablement.

Tu n'as jamais vraiment compris quand ça avait commencé, à quel moment le processus s'est enclenché. Comme une bombe à retardement, avec ce tic-tac glaçant. Tic, maison. Tac, famille. Tic, fierté. Tac, chaleur humaine. Il ne te restait désormais plus que les nuits glacées et les écorchures au lever du jour.

Tu n'as pas entendu tout de suite le craquement sourd des branches sous un pas brusque et maladroit. Le bruit familier d'un raclement de gorge râleur, puis l'apparition qui s'en suivrait. Des cheveux aussi clairs que les tiens, ton enfance dans deux pupilles rouges sang.

« Absalon. »

C'est un murmure qu'il peut entendre. Tu le salues ou tu constates simplement son arrivée, son existence. Tu sautes prestement de la branche sur laquelle t'es perchée et tu tombes à ses côtés. Evidemment, il n'a pas changé. Depuis combien de temps n'as-tu pas entendu sa voix ? Combien de d'idioties a-il commis en ton absence ? Un sourire s'épanouit sur ton visage alors que tes pas s’entraînent en une danse, une minuscule ronde autour de lui. Tu l'observes, tu lui souris, innocente. A ce moment-là, t'es toxique comme une bouffée d'amiante.

« Tu t'es perdu, grand frère ? »

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Se prétend “futur roi du monde”
# Re: with me (absalon)le Jeu 19 Juin - 22:15
Le souffle du vent caressait doucement ma joue -ouais, une seule parce que je suis un rebelle et je veux que le vent n'en caresse qu'une seule-, l'ombre de la nuit engloutissait tout sur son passage. La lumière des réverbères dehors était trop faible pour que je puisse distinguer quoi que ce soit dans ma chambre, j'apercevais juste une petite lueur d'espoir à travers les rideaux. J'avais toujours eu peur du noir. Dans le noir, les sens s'affaiblissent. Tout peut arriver, on est jamais sur de rien. On est perdu. Bien sur, on travaille ses autres sens, mais je doutais profondément que l'odorat puisse m'aider à vaincre un ennemi dans le noir, sauf si ses aisselles puantes et suintantes de transpiration se trouvaient être un de ses points sensibles. Mais je faisais en sorte de tout fermer, tout le temps. Une peur n'est plus un point faible à partir du moment ou on la domine, ou on la contrôle. Il fallait ne pas en tenir compte, la laisser s'oublier elle même dans las âbimes de l'inconscient. J'y arrivai plutôt bien, ça m'encourageait sur les chemins de la victoire on va dire. Un contentement serein m'envahit doucement avant de sombrer dans un sommeil tranquille, la main sous mon oreiller, mes doigts enserrant ma dague effilée.

Le monde des rêves m'était toujours apparu comme menaçant et potentiellement dangereux. Trop de rêves tue le rêve. Pour moi, il n'y en avait qu'un seul et résidait en un seul mot : DO-MI-NER. Le pouvoir vous sauvegarde, le pouvoir vous rassure, le pouvoir... Tire sa puissance de la faiblesse d'autrui, pour nous la transmettre. Les plus faibles trépassent, c'est comme ça. Hiérarchie naturelle si je puis dire. Mais cette nuit, c'était la faiblesse qui m'avait possédé. La faiblesse. La tendresse. Une dernière once d'amour qui pouvait s'emparer de mon coeur et continuait de circuler dans mes veines. Il y avait longtemps que je ne l'avais pas vu. Elle était partie. Ou plutôt je l'avais chassée. Parfois je le regrettait. Souvent, non. Parce qu'en elle résidait ma faiblesse principal, mon talon d'Achille. Mes yeux vermeilles parcourait la pièce à la recherche de mon unifrome. Introuvable. Pour aller la voir, un t-shirt suffirait. Et un short. Enfin un truc pour pas y aller à poil quoi, c'est pas la teuf et on est pas chez mémé. La notion du temps disparaissait à mesure que je m'enfonçais dans la forêt. L'air y était tranquille, serein, appaisant. La douceur des lieux rendait la verdure pour lapin appréciable, et je m'étonnais de ne pas avoir fait construire de résidence en plein milieu. Sans doute parce que ça ne fait pas assez méchant comme QG. Oui, sans doute. Le chant des oiseaux irritaient le fil de mes pensées et je me surprenais à penser de manière fort grossière à l'encontre de ces douces bestioles répugnantes et innocentes. L'agaçement me prenait d'un coup et mes pas sur le sentier utilisé bien des fois auparavant se firent plus pressés, plus abrupts. Je m'arrêtais devant un arbre, un grand arbre. La plupart des arbres sont grands dans la forêt, n'est-ce pas fantastique ? Elle y était toujours fourrée. Allez savoir pourquoi... Peut-être parce que c'est sympa pour guetter les cafards et les piafs ? Je relevai la tête, prenant grand soin de masquer toute émotion positive et le regardai droit dans les yeux. La petite blonde sauta alors de la branche sur laquelle elle était perchée, et atterrit sur le sol dans un bruit mat et etouffé, de manière souple et sûrement habituelle.

"Absalon."

Elle me fixait en souriant, dansant d'un pas léger autour de moi. Ses pas faisaient crisser les feuilles et les branches et le bruit aigüe fut bientôt assez insupportable pour que je contracte la machoire, me retenant de la clouer au sol pour lui ordonner d'arrêter.

"Tu t'es perdu, grand frère ?"

Oui et non. Non parce que j'avais conscience de venir te voir, petite soeur. Oui parce que c'est mon esprit qui s'est perdu en souhaitant venir te voir. Le silence régnait et je m'apprêtais à tourner les talons, conscient d'avoir fait une bourde en venant la voir. Une pensée me traversa soudain l'esprit : elle me ressemblait. Physiquement, oui, mais mentalement aussi. Plus qu'elle ne le pensait. Sa détermination et son dévouement à ses convictions étaient égales aux miennes. Ne sachant pas quoi dire, je me contentais de me relâcher quelque peu et de lui sourire doucement. Je m'approchais d'elle à pas vif, lui effleurant l'épaule d'un geste souple et m'éloignait rapidement. Le sourire aux lèvres, je lui dis enfin :

"Chat."
Un des nombreux jeux de notre enfance. Innocent, doux et mielleux, candide et stupide, empli de naïveté et de légereté. Mais après tout, ça faisait du bien de temps à autre de se relâcher. Une fois par mois suffit largement, et cette fois là était arrivée. Un peu comme les règles, vous voyez. Une danse avec la nature, une valse avec l'enfance, rien que ça et bien plus encore. Mon regard se fit plus doux, plus généreux et plus innocent aussi. Ca ne durerait pas. Mais pour le peu de fois ou ça arrivait, autant en profiter, non ?

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Petite oracle hippie en herbe
# Re: with me (absalon)le Sam 12 Juil - 19:37
Tu sens tout de suite la chaleur irradier ta peau toute entière, devenir maîtresse de chaque centimètre, de chaque cellule. T'as appris à la connaître, cette traîtresse, celle qui vient lentement t'envahir alors que tu ne veux laisser transparaître aucune sorte d'émotion, alors que tu espères seulement que pour une fois, tes yeux glacés transpercent l'ombre comme deux sabres argentés. La rancoeur est tienne autant que tu es sienne ; vous vous accordez parfaitement dans cette soirée d'été glacée, dans ce face à face de pupille entrelacées. T'étais pas comme ça avant ; si pleine, si malsaine, prête à exploser au moindre contact, au moindre effleurement du genre humain. Qu'est-il arrivée à la petite Nastasya, l'adorable fille du grand chef, le petit soleil qui irradiait la joie ? Le mouton noir ou plutôt argentée, dorée, illuminée qui s'était égarée entre tous ces visages cernés. Celle qui ne ressemblait à personne, qui se contentait de se laisser aller et d'exister ? La gamine toujours fourrée dans les bras de sa mère, qui vous fixait avec ces grands yeux bleus jamais amers comme si elle regardait le monde se former, comme si vous étiez la plus jolie chose qui ait été créée ? Cette main chaude et tendue, cette innocence dans un paquet de cheveux blonds, si longs, si emmêlés, comme une immense toile d'araignée, comme une grande forêt. Il n'y avait jamais eu que ça pour les autres, pour son peuple, pour cette curiosité parfois mêlée d'inimité, souvent de pitié. Protégée par l'aura d'un père tout-puissant et d'une mère qui te confortait dans ton rôle de petite chose sans importance, tu te contentais de pousser. S'ils pouvaient te voir désormais, s'ils pouvaient t'observer ! Cette petite sauvageonne au regard d'acier qui n'arrive pas à se calmer, à adresser autre chose qu'un sourire carnassier à son aîné. C'est pourtant si contraire à tes principes, à tes grandes idées d'amour et de liberté ! De paix et de sérénité, d'amour et d'équité. Où est la petite fille au regard perdu dans les nuages, à l'esprit plus occupé à rêver qu'à se nourrir ? A s'épanouir ? A essayer de ne pas mourir ?

Tu restes immobiles à l'observer, continuant ton petit jeu morbide de celle qui n'essaiera jamais de lui pardonner. De celle qui ne l'a jamais aimé même le soir où, doucement, il est venu te bercer, quand t'avais trop peur du noir et des rêves, des cauchemars. Quand, gentiment, il venait te consoler lorsque papa te grondait, quand il te regardait de ses grands yeux pleins de regrets que tu n'arrivais pas à accepter. Même quand il t'a donné cette poupée, cet adorable bout de chiffon qu'il avait sans doute trouvé par terre, un peu tâchée de boue et de bière. Celle que tu as toujours, cachée dans ta cabane tapie dans les arbres, au fin fond de ton âme. Que tu regardes une fois que tout est parfaitement silencieux, lorsque la nature semble te laisser un instant de répit et de solitude. Et surtout lorsque tu te rappelles de cette nuit glacée, où la lueur de ces yeux ont subitement changé.

Tu détestes vouloir répondre à son appel de douceur et de tendresse aussi soudain qu'il est douloureux, vouloir rire de son manque de crédibilité et de maturité. Après tout n'était-il pas le chef ? De son clan, de sa foutue tribu d'imbéciles qu'il avait préféré à elle, à la chair de sa chair, à la fille qu'il avait élevé au fil des années ? Ne devait-il, pas à titre honorifique, avoir renoncé à tout ça ? A sa famille, à ses amis et à l'amour d'une partie d'un jeu stupide avec une petite sœur qui n'existe plus que pour lui lorsqu'il en ressent le besoin ? Tu n'avais pas besoin de ça, pas besoin de lui, à une heure aussi avancée de la nuit, plus comme avant, plus maintenant.

« Tu as d'autres souris, chez toi. Va t'amuser avec elles. »

Tu es aussi indifférente qu'il a été froid. Bouillante et sans joie. Tu ne te ressembles tellement pas.

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