OZAN. Nudité et autres frivolités.

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Mord. Très fort.
[pour des raisons pratiques, ce rp sera écrit à la troisième personne]


Kalliòpe fixait son reflet, comme si face à elle se trouvait une autre personne. Elle avait appris à se reconnaître il y a quelques mois déjà, mais semblait toujours aussi surprise. Elle ne savait pas quoi penser d’elle. C’était irréel, beaucoup trop irréel. En général, elle évitait les miroirs qu’Ozan avait mis un peu partout dans leur demeure. Leur demeure. Rien que d’y penser, Kalliòpe décrocha un sourire. C’était étrange d’appeler ce chalet comme ça. Et pourtant, c’était la vérité. C’était à eux. Elle avait choisit l’emplacement – assez excentré mais pas trop éloigné de son village –, il avait choisit la décoration et ainsi de suite. Parfois, regrettant sûrement son environnement terreux, la jeune Betterave retournait dans son ancienne grotte, où se trouvait encore la plus grande majorité de ses armes. Souvent, elle se disait que ça lui manquait. Puis elle voyait le sourire d’Ozan et elle oubliait.

Il avait toujours insisté pour la peindre et quand elle lui avait enfin accordé, elle ne s’était pas reconnu. D’où la présence obligatoire d’un miroir dans chaque pièce. Kalli ne devait, je cite, en aucun cas oublier sa perfection. Ce mot aussi, la fit sourire. Puis en voyant son reflet faire de même, elle s’arrêta net. Elle s’approcha de la glace, très près, pour s’analyser sous toutes les coutures. Elle avait essayé d’être présentable. Elle avait pris une douche. Elle avait même laissé Ozan lui faire une tresse. Et depuis les trente dernières minutes, elle essayait de trouver une tenue. Il fut hors de question qu’elle porte une robe, beaucoup trop inconfortable. Et si elle devait se battre, comment elle faisait avec un vêtement aussi vaporeux ? Impossible.

Pourtant, elle devait faire un effort. Elle devait abandonner ses gros pulls et ses jeans troués. Et ses débardeurs décolorés et incrustés de sang. Non pas qu’Ozan reniait la femme qu’il aimait, mais il était plus judicieux, je cite, de ne pas effrayer sa mère et Ella cet après-midi. Un frisson remonta l’échine de la jeune femme. Elle allait voir la famille d’Ozan. Sa famille. Comment était-il parvenu à la convaincre ? Cela faisait six mois qu’elle lui trouvait des excuses. A quel moment avait-elle fini par plier ? Kalliòpe n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce détail … A moins qu’elle préférait l’oublier volontairement pour ne pas qu’Ozan lui fasse le coup trop souvent. A cette pensée, son regard tourna au vermeil. La jeune femme était toujours surprise de voir ce changement. Sur le jeune Cupcake, ça avait été toujours adorable. Sur elle, ça virait au flippant.

Kalliòpe essaya de se tenir droite et présentable, toujours en fixant son reflet. Mais c’était tellement laid, qu’elle pouffa de rire. Elle finit par s’approcher, de nouveau, le plus possible de la glace et à tester toutes sortes de grimace. Elle se tira la bouche, loucha, fronça les sourcils et ainsi de suite pendant dix minutes. Jusqu’à qu’elle entende la porte se refermer. Pendant un instant, elle crut que c’était Ozan. Elle se retourna alors, toujours en sous-vêtement pour lui faire un grand sourire. Sauf que voilà, l’homme nu que se trouvait devant elle n’était pas son cher et tendre. La créature qui se tenait devant elle était grand – bien plus qu’elle en tout cas. Il possédait des yeux d’un violet profond. Des cheveux de la même teinte. Son visage était solennel, légèrement fermé. Il aurait pu plaire à n’importe quelle créature sur terre – mêmes les plus dangereux ours le laissait les monter. Sauf quand il était nu. Ce qui arrivait souvent.

« Oliver. Dégage de là. »

Vous avez donc deviné son nom. Laissez-moi vous le présenter. Oliver est un Cupcake Coloré. Très amical avec tout le monde, toujours prêt à aidé les plus démunis, à se battre contre l’injustice et à sauver les bébés phoques en Afrique. Kalliòpe ajouterait même les adjectifs suivant à la liste : arrogant, prétentieux, stupide, pathétique, ringard, bouseux, complètement taré, même-ses-boyaux-je-n’en-voudrais-pas. Alors que lui-même se décrirait plutôt comme audacieux, téméraire, courageux, parfait, parfait et parfait. Vous imaginez alors que leurs rapports ne sont pas les plus cordiaux. Les questions suivantes se posent alors : Que fait-il là ? puis Pourquoi est-il nu ?.

Oliver était devenu le meilleur ami d’Ozan dans les mois qui ont suivi sa mise en relation avec Kalliòpe. Ils ont très vite trouvé des intérêts communs – dont la peinture, évidement – et ont commencé à passer beaucoup de temps ensemble. Il ne fallut pas moins d’une semaine avant qu’Ollie décide de s’incruster dans la grotte de Kalliòpe pendant leur sommeil. Et par sommeil, je veux dire qu’ils ne dormaient pas. Et ce fut dans de telles circonstances que nos deux protagonistes  se rencontrèrent. Et commencèrent à s’entretuer à chaque instant. Avec le temps Ozan a appris à les ignorer. Tant qu’aucun d’eux ne sort de sabre et que sa chère et tendre se contente de vouloir lui enfoncer son pinceau dans l’œil, tout reste assez cordial.

Pour répondre à la deuxième question, nous devons nous pencher sur une habitude rédhibitoire d’Oliver. Il se trouve être passionné par la peinture corporelle et tout ce qui touche aux camouflages. Ce fut d’ailleurs dans ces conditions qu’il rencontra Ozan. Ce dernier a toujours eu l’œil pour les paysages à peindre, il pouvait reconnaître n’importe quel changement dans le paysage et s’en fascinait toujours autant. Quant à Oliver, il adore se cacher jusqu’à que quelqu’un le trouve. Quitte à crever de faim. Comme dirait notre chère Kalliòpe « Ce mec pédale dans le vide tant il est stupide. », ce qui n’est pas loin de s’éloigner de la réalité. Enfin bref, pour plus de réalisme dans son œuvre, Ollie a tendance à être nu. Evidement. Evi-de-ment.

Entre Ozan et lui, c’était devenu un jeu. Combien de temps mettrait ce premier à découvrir ce deuxième caché dans la forêt. Kalliòpe s’était presque prise au jeu : si elle le trouvait en premier, elle pourrait plus planter une flèche dans le cœur en prétextant ne l’avoir pas vu. Malheureusement, Ozan avait toujours été plus rapide. Revenons donc à nos moutons : Kalli en sous-vêtement dans une chambre, Oliver couvert de peinture bleutée-grisée tout nu qui vient de pénétrer ici-même (dans la chambre).    

« Bonjour ma douce princesse de la forêt. Je vois que tu as bien mange à midi !, dit-il d’une voix faussement niaise en pointant le ventre de la belle du doigt. Sinon, ça roule ? » ajouta t-il comme si de rien n’était.

Kalli, beaucoup moins amusée par la situation, se contenta de la fixer en chien de faïence. Voyant qu’elle ne répondait pas, il commença à ouvrir la bouche pour continuer sur sa lancée.

« Je ne suis pas TA princesse. Je suis pas UNE princesse. Rien ne roule quand tu es là. SURTOUT quand tu es à poil, alors tu DÉGAGES.
Décidément, tu es toujours aussi impoli. ajouta t-il, feignant de ne pas l’avoir entendu hurler. Ozan ne t’apprend-il donc pas les civilités sociales ? Alala, pauvre garçon… »

Kalliòpe allait rétorquer quelque chose, avec le plus de haine et de classe au monde, quand elle remarqua avec plus de détails la peinture qui ornait le corps de son pas-vraiment-ami.

« Tu m’expliques ta peinture ? »
Oh, tu vois quand tu veux ! dit-il avec un grand sourire Vois-tu, je suis déguisé tel le fleuve qui court dans la forêt. Je suis à la fois l’eau, le courant et les poissons. Vois-tu la beauté du paysage à travers mon corps de rêve ?
Euh… ok., marmonna t-elle, priant les dieux pour qu’il arrête d’agiter son engin tel un animal marin. Et je suppose qu’Ozan t’a trouvé ?
Bah en fait, non, j’ai failli me noyer alors j’ai arrêté au bout d’une heure. »

Kalliòpe le regarda de la tête aux pieds, complètement blasée par cette créature. N’importe qui pourrait trouver ça drôle, mais du point de vue de la jeune femme, c’était triste : il n’avait pas terminé son suicide, de ce fait il respirait encore et il était dans la même pièce qu’elle. Ce qui était un fardeau trop lourd à porter.

« Alooooooooors comme ça, tu vas voir la belle famille ? »
Je n’ai aucune envie de parler avec toi.
Trèèèès bien. Je parlerai tout seul alors. Tu comptes leur dire à ta belle-famille que tu fais attention au poids de ton cher Ozan ?
Pardon ?, demanda t-elle, effrayée d’avance par la réponse qu’elle allait entendre.
Bah ouais, vu comment vous copulez comme des lapins, à raison de quatorze fois par jour, je pense qu’on peut appeler ça du coaching personnalisé ! »

Je n’irai pas vous décrire la suite. Sachez juste que trois minutes plus tard quelqu’un toquait à la porte. Ce quelqu’un devait entendre des bruits de strangulation. Ce quelqu’un se trouvait être Ozan. Ozan entra dans la pièce. Et Ozan eut la joie de voir sa petite amie, en sous-vêtement, à califourchon sur son meilleur ami, nu, entrain de lui enfoncer une dizaine de pinceaux au fond de la gorge. Amen.

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Se dit “Empereur du swag à l'infini”
Depuis un mois que je n'avais pas revu ma mère, elle était très curieuse de voir tous les nouveaux tableaux que j'avais fait. Et croyez moi, je n'avais pas chômé ! J'avais enfin réussi à obtenir une autorisation de Kalliòpe pour la peindre, mais seulement en petit format. Genre, quelques centimètres sur quelques centimètres seulement. Alors je suis parti dans le vieux cliché tout pourri, et je suis allé faire du troc au No Man's Land. J'ai alors pu échanger une arme « empruntée » à ma Kalli d'amour qui sera, j'en suis sûr, très compréhensive, contre un médaillon. J'y ai ainsi inséré la peinture microscopique de Kalli et depuis, je la garde toujours à mon cou. Bon, bien évidemment, je l'enlève pour me laver et pour faire des séances de sport avec Kalli. Mais je crois bien que c'étaient les seules exceptions. Jamais je ne le prêtais, pas même à ma mère, et les rares fois où il quitte mon cou, je fais très attention à ce qu'il ne disparaisse pas comme par magie.

J'étais tellement content de ce médaillon, dès que j'avais une seconde, je le regardais. J'aurais aussi bien pu prendre une photo, mais alors, le challenge de devoir représenter les milles et une – bon ok, il y en a bien plus à vrai dire – beautés de Kalliòpe dans un espace aussi réduit ne serait plus là ! Puis au final, je pense l'avoir mieux représentée qu'avec un bête appareil photo. Je ne comprenais pas l'utilité de ces choses là, pourquoi les gens choisiraient la facilité d'appuyer sur un bouton, plutôt que la beauté de l'art et des jeux de couleurs productibles à l'aide d'un pinceau et d'un peu de peinture ? Qui peut prendre du plaisir à regarder quelque chose qui n'a même pas été travaillé ? Toutes les belles choses le sont ; la nature a évolué, et est sortie de rien, une belle peinture demande du temps et de la patience, ainsi qu'une petite dose de talent tout de même, sinon on arrive à rien. Kalliòpe aussi n'était peut-être pas parfaite au début, il lui a fallu du temps pour le devenir – au maximum, jusqu'à ce que je la rencontre, pas plus – Mais quand bien même elle aurait été parfaite à la naissance il y avait toujours les neuf mois de gestation.

Enfin bon, le fait est qu'il faut travailler pour obtenir de belles choses, vous l'aurez compris. Avec toutes ces bêtises, j'ai un peu perdu le fil... C'est vrai, je vous parlais de ma mère ! Pourquoi cela, me demanderez-vous ? Eh bien tout simplement pour la prévenir que j'avais finalement décidé Kalli à les rencontrer, elle et Elia, et que ça se ferait d'ailleurs dans la journée ! J'étais tellement heureux, c'était inimaginable. Après des mois et des mois de supplications auprès de ma chère et tendre, elle avait enfin cédé, elle avait accepté de voir celle qui m'a élevé, et celle à qui je racontais toutes mes aventures et qui m'écoutait tout le temps, elle. Plutôt que d'activer son pouvoir quand elle jugeait que je parlais trop. Encore que, ça allait, miss Émeraude s'était calmée avec le temps, et j'ai l'impression qu'elle arrive presque à passer une journée entière à m'écouter. Encore que, lorsque l'on passe la journée entière ensemble, je parle rarement en mode non-stop, disons que nous avons d'autres moyens de faire passer le temps de manière agréable.

Mais ça, surtout, pas un mot à ma mère, ni à Elia, c'était inconcevable, vraiment. Je veux dire, elles nous jugeraient trop si elles apprenaient notre occupation principale. Qui est la peinture, évidemment ! *KOF KOF KOF*. Bref, une fois avoir montré quelques unes de mes peintures à ma mère, et lui avoir donné ses préférées, je me mis en route pour aller chez moi. Je devais me préparer mentalement. Kalli devait être en train de stresser, et de se préparer. Si je la vois en sous-vêtements, je devais faire tout mon possible pour résister à la tentation et rester sage. On ne pouvait décidément pas être en retard.

Sur le chemin du retour, je pensai que ce pourrait être une bonne idée de cueillir quelques fleurs. La dernière fois, elle s'en était servie comme ingrédient secret, l'une des rares fois où je l'ai laissée cuisiner. J'espérais donc naturellement que, cette fois, elle saurait juste apprécier leur beauté. Elle commençait déjà à accepter la peinture dans sa vie, petit à petit, j'ai réussi à lui faire peindre une toile en noir, c'est un bon début n'est-ce pas ?

Une fois ma petite cueillette improvisée arrivée à son terme, je me dirigeai enfin vers notre petit chalet. Il était somme toute assez modeste, six pièces, plutôt grandes, remplies de miroir et de tableaux partout, très peu d'armes sur les murs – une demande faite par moi, j'avoue – mais nous y vivions vraiment bien. C'était même peut-être un peu grand pour deux personnes, mais au moins, lorsque Oliver s'ennuyait de trop, il pouvait prendre la chambre secondaire pour séjourner. Mais jamais plus d'une nuit, et il devait partir en même temps que la Lune, sous peine de se voir ouvrir la gorge par ma douce Kalliòpe.

Un drôle de numéro ce garçon d'ailleurs. Je l'avais rencontré par hasard, alors que je peignais une falaise de coquelicots, je remarquai un détail qui me chiffonnait. Quelques-uns ne bougeaient pas avec le vent. J'avais alors décidé de m'approcher, et c'est ainsi que j'ai fait la rencontre d'Oliver et de son hobby plutôt dérangeant. A la longue, je me suis habitué à le voir partout où j'allais, et c'était même devenu une sorte de jeu, auquel je gagnais tout le temps, malheureusement pour lui.

Lorsque je m'approchai de notre maison, à Kalli et moi, j'entendis des cris perçants, et des bruits d'étouffement. Kalliòpe ! Je doutais qu'elle puisse être en danger, mais dans la panique la plus totale, je sortis mon arc que je portais toujours sur moi lorsque je sortais – promesse faite à ma paranoïaque préférée – et encochai la première chose que je trouvai. Soit, une rose. Méfiez vous, ça peut être super dangereux, j'avais tendance à oublier d'enlever les épines.

J'entrai normalement dans la maison, l'air de rien, et, tournant à l'angle de notre chambre, je cherchai directement un bras à viser. Je m'arrêtai juste à temps en voyant l'amour de ma vie, à demi-nue et à califourchon sur mon meilleur ami, visiblement déguisé en cours d'eau, qui était entrain de s'étouffer avec des pinceaux. Oui, ça fait drôle comme tableau, mais l'avantage étant que voir le sexe d'Oliver m'avait bien aidé à me maîtriser pour ne pas sauter sur Kalli en la voyant dans ces habits. J'hésitais donc entre le remercier et lui tirer ma rose dans l’œil. Mais malheureusement, je laissais à Kalli le soin de tuer les gens, moi je les peignais juste.

« Alors premièrement, Kalli, je tiens à applaudir ton effort de ne pas t'être servie d'un couteau pour tuer Oliver. J'admire vraiment la présentation en mode « bocal à pinceau », ça a le mérite d'être original. J'admire aussi le fait qu'il soit toujours en vie alors que ça doit faire plusieurs minutes que vous êtes seuls, bravo. Maintenant, Oliver, qu'est-ce qu'on a dit par rapport à ta nudité devant Kalli, au fait de rentrer chez les gens sans autorisation – parce que je doute sérieusement que ma chère et tendre te l'ait donnée – et au fait que tu ne peux définitivement pas respirer sous l'eau. »

J'avais adopté ce ton mi-doux mi-sévère que ma mère prenait quelques fois dans mon enfance quand elle voulait me gronder d'une bêtise que j'avais faite mais qu'elle m'aimait trop pour pouvoir être vraiment en colère. Je trouvais ça rigolo, c'était comme avoir des enfants. Et vu l'état d'esprit de Kalli, et le fait que la grossesse d'une femme se fait essentiellement par l'état d'esprit des deux partenaires par rapport à ça, je doutais très sincèrement que j'en aie un jour. Ou alors, quand ma dulcinée ne pourra plus chasser. Soit dans environ une centaine d'année, en étant optimiste. Elle devait faire partie de ces gens qui, en vieillissant, ne perdaient aucune de leurs capacités physiques. Et si non, elle déprimerait carrément.

J'attrapai une veste à moi et un pantalon dans un placard à ma droite – je vous passe la description des jolis motifs peints dessus, je suis clément – et les jetai sur le visage d'Oliver.

« Et arrête de reluquer ma Kalli, elle est à moi, et je t'interdis formellement de regarder son corps ok ? T'es certes mon meilleur ami, mais ça ne change rien au fait que les armes ne manquent pas dans cette maison, contrairement aux apparences. Et Kalli semble manier le pinceau à la perfection de toutes façons, donc ça augmente encore plus le nombre d'objets mortels. Comprend moi bien, c'est pas une menace que je te fais là, c'est une mise en garde contre Kalli. Tu veux pas l'énerver, tu le sais très bien. »

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Mord. Très fort.
Quand je sentis la présence d’Ozan, je fus rassurée. Je tournai la tête pour lui faire un grand sourire. J’aurai pu même courir l’embrasser, si je n’avais pas eu un truc qui gigotait entre mes jambes – et je parle uniquement d’Oliver, bande pervers. Et que j’étais entrain de bloquer la respiration de ce truc depuis un petit bout de temps. Qu’il pouvait tenir longtemps en apnée, ce demeuré ! Demeuré, et accessoirement meilleur ami de mon petit-ami. En réalisant ça, à contre cœur, je me redressai pour laisser le luxe à Oliver d’aller vomir les poils que j’avais poussé sûrement trop fort dans sa gorge. Non sans, en passant, lui avoir enfoncé mon coude au niveau de son estomac. J’aimais bien quand il se souvenait qui était le mâle alpha entre nous deux. A ce petit con prétentieux. Il mériterait vraiment que je lui enfonce un poignard dans les poumons. A votre avis, est-ce qu’il peut vivre qu’avec un seul poumon ? Car si la réponse est oui, je me ferai un plaisir de m’occuper de l’opération par moi-même. Sans anesthésie. Evidement. A quoi bon ?

Ozan souligna un point important : je n’avais pas utilisé de poignard pour essayer d’assassiner son meilleur pote. Ce qu’il oublia c’est qu’il m’avait interdit de mettre des armes dans la chambre à coucher – ce que j’avais quand même fait, il le savait, mais je n’avais pas eu le temps de les atteindre tant elles sont bien cachées. Donc, je n’avais pas vraiment eu le choix. Ensuite, il félicita mon côté artistique dans mon œuvre humaine : le pot à pinceaux. J’aurai bien voulu rire, mais pour cela il aurait fallut que le pot soit inanimé. Ce qui, en raison de la toux déchirante – mais plaisante – que j’entendais à ma droite, n’était pas le cas. Pour finir, le blondinet se décida – enfin ! – à s’en prendre à Olivier. Ce qui n’était pas de trop. A vrai dire, j’aurai bien aimé qu’il lui embroche une flèche dans l’œil. D’ailleurs, en parlant de ça, je me félicitai de le voir toujours porter son arc. Puis je notai qu’il avait encoché une rose. Ce qui … me laissa complètement sans voix. A quoi m’attendais-je, d’un autre côté ? Je soufflai sur une mèche de cheveux qui me tombait sur le visage, le tout en levant les yeux au ciel. Décidément.

La créature aux cheveux violets se prit des vêtements dans le visage, non pas sans une remarque légèrement agacée de la part d’Ozan. Car, oui, Oliver pouvait venir me faire littéralement chier, être une huge pain in my ass, je devais prendre sur moi. Par contre, il regardait ne serait-ce qu’un centimètre carré de ma peau, et il se prenait les foudres de son ami. Nota bene, la prochaine fois que je sens Oliver près de moi, je me déshabille. Avec un peu de chance, le fait que j’essaie de l’éviscérer passera inaperçu. Avec le temps, je devenais de plus en plus fin stratège. Pour peu, je m’enverrai des fleurs, mais je préférais les poignards et c’était tout de suite plus dangereux. Je me contentai de faire un sourire carnassier quand Ozan souligna que je m’étais toujours montrée clémente jusque là. Pendant ce temps, l’homme aux cheveux violets continuait de s’étouffer discrètement – peut-être allait-il mourir ? Doux espoir qui m’enveloppa de ses agréables griffes … Puis non, il fallut qu’il parle.

« Non mais ok … J’ai compris … De toute façon, j’ai jamais été le bienvenu ici … Je n’ai que la forêt comme ami … et la peinture comme amour… Je vais donc me retirer, dans ma solitude et ma miséricorde … De toute façon, à quoi bon continuer de vivre si je n’ai plus que ma carcasse comme partenaire … J’ai compris … Adieu … J’espère ne pas t’avoir déçu en temps qu’ami … J’espère ne pas mourir sur le chemin du retour … De toute façon … tout le monde s’en fout … Adieu, monde cruel … »


Le tout avec un air dramatique, le visage fermé, les yeux remplis de larmes. J’aurai pu avoir pitié. J’aurai pu me sentir mal. Mais l’idée qu’il puisse mourir sur la route fit s’étirer mes lèvres en un sourire encore plus grand.

« C'est ça Oliver, je te laisse trois jours pour te cacher, je te trouverai le quatrième, ne t'inquiète pas ! Évite l'eau par contre cette fois. »

Rajoute mon cher et tendre. Puis, toujours avec autant de pathétisme, Oliver passa par la fenêtre – avec une certaine souplesse, je dois le reconnaitre – et disparut dans le bosquet près de chez nous. Pendant cinq minutes, Ozan et moi fixions l’arbuste sans parler. Puis finalement, je lâchai, tout bas :

« Oui, je m’en fous. »

Je reportai finalement mon attention sur Ozan, m’approchai de lui et déposai un baiser sur ses lèvres. Avec un peu de chance, ça ferait s’effacer ce que je venais de dire – ce que je doutais mais vu qu’il avait un registre énorme de toutes mes menaces de mort, il n’était plus à ça près. Puis je me souvins qu’on devait voir sa mère. Et je n’avais pas envie. Et je ne voulais même pas y penser. Alors je l’embrassai de nouveau, l’attirant lentement plus près de moi tout en reculant légèrement. Je laissais une de mes mains se balader sous son tee-shirt, pendant que l’autre fermait les rideaux de la chambre – au cas où Oliver était toujours dans les parages. Puis, très délicatement, je commençai à lui retirer son haut, tout en déplaçant mes lèvres au niveau de son cou.

Je savais très bien qu’il n’allait pas oublier de sitôt notre visite chez sa famille, mais peut-être qu’avec un peu de chance, cela allait retarder le départ. Ce qui n’était pas pour me déplaire. Surtout qu’à cet instant précis, je n’avais plus du tout envie de mettre quelques fringues qu’il soit. Doucement, je glissai mes mains au niveau de son pantalon, pour laisser quelques doigts courir le long de ses hanches tout en m’asseyant sur le rebord sur lit. Je l’attirai contre moi et redoublai les baisers. Doucement, discrètement, mes mains s’approchèrent de la fermeture de son jean et commencèrent à l’ouvrir. Je l’embrassai sur les joues, dans le cou, sur la bouche, ne m’arrêtant que pour reprendre ma respiration. Je laissai ses mains se glisser dans mon dos, afin d’atteindre une attache quelconque qui se trouvait sur son passage...

Puis … il comprit ma supercherie.

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Oliver et sa mélancolie, à chaque fois ça me brise le cœur. Mais fort heureusement, je suis maintenant capable de deviner s'il est vraiment triste, ou si ça lui passera dans quelques heures. Aujourd'hui, il semblerait que ce soit ok, pas vraiment besoin de le suivre dans la foret pour lui apporter un soutien psychologique alors. Tant mieux en soit, parce que je n'aurais pas eu le temps, ma mère et Elia nous attendaient, et on ne pouvait pas être en retard ! Oui, je sais, je me répète possiblement un peu légèrement beaucoup, mais comprenez moi, elles vont rencontrer Kalliòpe. Je sais qu'elles en meurent d'envie, et qu'elles seraient tristes si on n'arrivait pas à l'heure.

Lorsque mon étrange ami fut parti, Kalli affirma qu'elle s'en foutait de lui. Et mine de rien, je l'aime bien de temps en temps quand même, alors je dois vous avouer que ça m'irritait un peu qu'elle ne le supporte pas à ce point. Même si je peux le comprendre, évidemment. Je m'apprêtais à la sermonner mais je n'en eu pas le temps, ses lèvres s'étant posée sur les miennes à l'instant même où j'allais ouvrir la bouche.

J'avais oublié cette douceur, à quel point j'adorais l'embrasser, à quel point c'était clairement l'une des meilleures choses dans la vie, et, bercé par ce doux sentiment si agréable, si réel, si parfait, je me laissais porter jusqu'au lit sur lequel s'assit Kalliòpe. Elle nous mit discrètement dans le noir, une ambiance plus que propice pour ce que nous désirions tous deux faire dans l'instant. Je sentais la chaleur de ses mains se balader sur mon torse, dans mon dos, puis elles finirent par ouvrir mon jean, qui tomba alors à mes pieds. Pendant ce temps, mes mains à moi passaient aussi sur tout son corps, se baladèrent allègrement sans aucune gêne, et passèrent dans son dos. Une fois avoir détaché une certaine attache dont nous connaissons tous l'utilité, je réalisai.

Elle voulait me faire oublier la rencontre. La rencontre avec ma mère et Elia. Celle à laquelle il ne fallait pas être en retard. Celle que j'avais attendu depuis presque un an maintenant. Celle qui me tenait tant à cœur. Je m'arrêtai net, la regardant.


« Kalliòpe, tu sais bien qu'on doit y aller, on a pas le choix ! Et puis, si on y va, tu auras une surprise en revenant, je te le promets. »

Je m'écartai un peu, et je me rappelai alors. Le mal était déjà fait. Kalli était assise sur notre lit, avec un seul vêtement sur elle. Le haut de son corps était totalement dénudé. Or, je crois que c'est un fait connu que je résiste difficilement en voyant son corps. Et par difficilement, je veux bien sûr dire pas du tout.


« Eh puis mince, on sera en retard. »

Je crachai doucement cette phrase tout en m'avançant à nouveau vers Kalli, et en l'allongeant pour de bon sur le lit. Je l'embrassai encore, puis encore, puis encore, puis encore.... Le tout en laissant bien évidemment mes mains se balader partout sur son corps. Autant dans ses cheveux que sur sa poitrine, voire même plus bas.


***

Elle m'a eu ! Elle m'a à chaque fois. Nous aurions dû partir il y a une heure, mais non, il a fallu que je sois trop faible, et que je craque, comme à mon habitude. Je vous jure, un jour, mon amour pour elle me perdra, c'est sûr. Je la rhabillait par moi-même, sachant que si je ne le faisais pas, elle allait encore essayer de me tenter, et finit par renfiler mes habits aussi. En avançant vers la porte, je vis le bouquet de fleur posé par terre. J'avais presque oublié. Je le tendis à Kalli avec un grand sourire.


« Cadeau, je voulais t'offrir ça en rentrant, avant d'entendre Oliver s'étouffer. »

Je ne savais toujours pas trop si elle allait apprécier ou non au final, mais j'espérais très sincèrement que oui. Pour la motiver un peu à venir avec moi, je l'embrassai encore une fois. Je vous ai déjà dit que j'adorais la sensation que j'éprouvais lorsque nos lèvres se touchaient ? Non parce que c'est pas des conneries, je trouvais ça vraiment absolument génial.

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Mord. Très fort.
Je ne saurais vous dire ce qu’il le fit craquer en premier. Ma moue boudeuse ou le fait que je sois à moitié nue assise sur le lit. Dans tous les cas, je finis par obtenir ce que je voulais. Du moins, à moitié, car je savais qu’à l’instant même où tout ça serait terminé, je devrais trouver une tenue et simuler une certaine civilité afin de ne pas faire honte à Ozan. Ce qui semblait être une cause perdue. Peut-être qu’après cette rencontre, il réaliserait à quel point je suis néfaste pour lui et finirait par me larguer. Ce qui, après tout le chemin qu’on avait fait jusque là, risquerait fortement de me rendre folle et de réduire à néant toute forme de vie humaine. Non pas que je comptais lui faire du chantage affectif, mais il devait être au courant de ça. Ou pas, car en fait, je n’allais pas lui en parler. Mais vous avez saisit l’idée.

Je fis en sorte de faire durer le plaisir au maximum, jouant de mes atouts, retenant certains mouvements, en ralentissait d’autres et aussi en contrôlant mon corps. Autant vous dire que plus le temps passait, plus je me délectais de chacun de ses jeux du corps. Je m’amusais à le sentir à la fois si proche et si loin du but. Je savourais chaque parcelle de son corps, chacun de ses baisers, chacune de ses caresses. J’écoutais tous les mots que son corps me murmurait afin de les satisfaire à demi. J’usais de tous les stratagèmes pour que tout prenne le double du temps normal. Ce qui au début s’avérait être une tactique mesurée prit une tournure bien plus amusante compte-tenu du fait qu’il commençait à faire pareil. Autant vous dire qu’après une heure à se faire mutuellement languir, toute la forêt a dû être réveillé par les bruits finalisant l’action.

Pour tout vous dire, une heure de chasse aurait été moins épuisante – et à peine plus salissante – donc dormir ne me semblait pas être une si bonne idée. Mais même en faisant la larve qui refusait de mouvoir son postérieur du lit, Ozan ne se fit pas avoir. Pour tout vous dire, il alla jusqu’à choisir lui-même les vêtements que je porterai. Songeant que je n’allais peut-être pas abuser encore une fois, je le laissai faire et l’aida de même pour s’habiller. Autant vous dire que je préférais largement quand le contraire se passait. Mais encore une fois, je décidai de prendre sur moi et, pour une fois, de lui faire plaisir d’une autre manière que par ma simple existence. Ou celle de mes mains. Ou … peu importe. Quand il sortit de la chambre, en me tenant par la main – plus pour éviter que je m’enfuisse plutôt qu’une idée de romantisme – je ne fis aucune remarque.

Nous arrivâmes devant la porte d’entrée, devant laquelle des fleurs avaient été posées. Pendant un instant, je crus à une farce de Oliver et faillit les jeter au feu – qui n’existait pas encore mais ne sous-estimez pas ma capacité à user de ma rage comme force vitale. Puis ma théorie tomba à l’eau – ohoh – quand je compris que c’était Ozan qui les avait cueillit pour moi et qui comptait me les offrir. Sur le coup, je dû faire une tête un peu particulière : je ne comprenais toujours pas l’intérêt d’arracher des plantes à leurs racines pour les offrir à quelqu’un. Si on partait de cette logique, pourquoi les gens l’avaient-ils pris si mal quand je leur offrais, étant petite, des carcasses d’animaux morts pour leur montrer mon affection ? Hein ? Hein ? HEIN ? Bref.

Je fis quand même un grand sourire pour le remercier et songeai à rentrer à la maison pour les mettre dans une vase – histoire de faire durer leur agonie encore un peu – mais je sentis qu’Ozan n’allait pas me laisser faire encore un détour alors qu’il était si près de me faire aller – enfin ! – chez lui. Je lui rendis son baiser, en essayant de retenir mes élans fougueux – il n’allait pas retomber dans le piège deux fois. Puis je m’éloignai doucement de lui, sans pour autant lui lâcher la main – il me forçait psychologiquement à ne pas le faire, ce petit fourbe.

« On aurait qu’à les ranger tout à l’heure, pour l’instant je pense que ta mère nous attend. »

Dis-je, avec un sourire un peu – trop ? – forcé mais pleine de bonne intentions. Je le laissai me guider jusqu’à chez lui, pleine d’appréhension. Je me demandais à quoi pouvait bien ressembler chez lui … Question relativement stupide dans le sens où on allait chez les Cupcakes, donc c’était forcément tellement coloré que j’allais avoir besoin de lunettes de soleil. Blague à part, ça serait sûrement beaucoup moins sobre que chez les Citrouilles … En parlant de ça, avais-je déjà mentionné à Ozan que j’étais originaire de ce village ? Peut-être devrais-je … ou pas. Les Citrouilles et les Cupcakes n’étaient-ils pas connus pour se haïr ? Autre question stupide, il venait des deux endroits à la fois. Et si sa mère me détestait ? Ce qui était une réaction normale quand on me voyait. Et si son père me reconnait comment étant une ancienne orpheline du village et qu’Ozan ne l’apprenait pas par mais par lui ?

« Au fait, je suis née dans le village des Citrouilles, pas des Betteraves. J’ai jamais jugé vraiment important de le dire puisque je suis partie de là-bas et qu’après je suis venue ici et qu’ensuite j’ai appris à vivre toute seule et que donc je m’en foutais un peu des Citrouilles, mais je me dis que ce serait dommage que tu l’apprennes de quelqu’un d’autre, alors que c’est pas un secret et que c’est pas important, alors je préfère le dire au cas où, tu comprends ? Tu me détestes ? Je suis désolée. Je voyais pas l’importance de le dire avant maintenant tout de suite là. Je sais même pas pourquoi je parle autant. Est-ce que tu crois que ta mère va me détester ? »

Il était fort probable que pendant que je déblatérais le plus long speech de ma vie j’aie potentiellement choqué Ozan. Et il était aussi fort probable que le stresse se faisait ressentir. Au fond, je ne trouvais pas qu’il était essentiel que je plaise à sa famille en temps que moi, Kalliòpe Salvaxe. J’allais forcément être une déception, c’était obligé. C’était un peu mon deuxième prénom Déception-Pour-Le-Genre-Humain. Mais le fait de devoir voir dans le regard de sa propre mère un dégoût pour la fille avec qui son fils sort, ça peut être un choc. Et je ne voulais pas qu’Ozan se sente mal à cause de moi. Je ne voulais rien de négatif dans sa vie, et surtout pas à cause de moi. Mais il fallait croire que si j’avais vraiment voulu éviter ça, il aurait fallut que je le laisse partir après le triste épisode des sources chaudes.

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Kalliòpe ne semblait vraiment pas vouloir rencontrer ma famille. Genre, pas du tout du tout. Son sourire complètement forcé en disait long sur ce qu'elle pensait en fait. Vous savez, à force de la voir tous les jours, je pouvais facilement reconnaître un vrai sourire d'un faux sourire. Et là, c'était tout sauf un vrai. Tandis que nous marchions main dans la main vers le village des cupcakes, elle fit sa Ozan. Ca lui arrivait parfois, surtout lorsqu'elle était gênée, de déblatérer un flot de paroles que seul moi pouvait habituellement créer. Nul ne peut imaginer la fierté que j'avais de l'entendre s'exprimer ainsi. C'était un réel plaisir, vraiment.

Mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle vienne des citrouilles. Je veux dire, personnellement, je m'en fiche, après tout, je suis à moitié de là-bas et de toutes façons, je ne fais absolument aucune distinction entre les gens, peu importait d'où il proviennent.  Mais elle semblait réellement appeurée par le fait que tout le monde l'apprenne, sans que je sache vraiment pourquoi. C'est vrai quoi, maintenant nous n'appertenions techniquement à aucun village tous les deux, vivant hors des civilisations. Donc tous ces trucs de politique et tout ne nous importait guère.

Et pourtant, ce qui semblait lui faire peur, c'était le regard que porteraient les autres sur elle. Comme une gamine de six ans qui aurait peur qu'on la juge parce qu'elle a cassé un vase, on pouvait lire toute la frayeur du monde dans ses yeux. J'avais tendance à oublier qu'elle s'était exilée parce qu'elle ne pouvait pas se fondre dans la société et qu'elle avait trop de fois été rejetée dans sa vie. Mais je comptais bien lui donner une famille, des amis, et des gens avec qui elle pourrait être elle même sans avoir peur du jugement des autres.


« Tu sais Kalli, je ne pense pas que ma mère te jugera, ni Elia, ni personne d'autre d'ailleurs. Je suis tombé amoureux de toi, je ne peux plus me passer de ta présence, tu es tout pour moi. Et c'était déjà le cas avant que tu ne commence à te civiliser. La première fois que je t'ai vu, j'étais fasciné par ta beauté, puis j'ai appris à te connaître, et j'ai été fasciné par tout le reste. Tu es une fille exceptionnelle, et je sais que ma mère te verra comme tu es, parfaite, géniale, tout ça. Alors reste naturelle, juste, comme tu es toi. Tu n'as pas à faire d'effort pour être quelqu'un que tu n'es pas ni quoi que ce soit. Le simple fait que tu sois celle qui me rend heureux à chaque seconde suffira à ma famille pour que tu sois acceptée. Aie confiance en ta perfection, d'accord ? »

Je dis cela en déposant un délicat baiser sur son front. Puis ses lèvres m'appelèrent donc je les embrassai aussi. Je la fixai ensuite droit dans les yeux, admirant les couleurs vaciller. Ils hésitaient entre le marron ou le rouge, ce qui donnait des mélanges absolument magnifiques. Au bout d'un an, je ne me lassais toujours pas de les regarder. Ils s'accordaient si bien avec les cheveux émeraudes de ma belle,qui flottaient au vent de manière totalement aléatoire. Cessant mon observation habituelle, je l'enlaçai finalement. Nous perdions un peu de temps, mais notre occupation de tout à l'heure nous avait déjà bien mis en retard, alors bon, on va dire que ce n'était pas très grave.


« Je t'assure que tu n'as absolument aucune raison de t’inquiéter mon amour, je suis tombé amoureux d'une sauvage, et je compte bien le rester. Puis accessoirement, la chasse te donne l'endurance nécessaire pour qu'on puisse faire des choses dont je tairai le nom pendant des heures, donc je trouve ça plutôt cool. A moins que ce ne soit qu'une prédisposition, mais dans tous les cas, c'est la classe. »

Je ne saurais dire si elle avait rougi ou si c'était un effet d'optique, mais je trouvais l'idée cool. Après avoir fini d'essayer de la rassurer, je repris sa main et nous arrivâmes devant les portes du village des cupcakes. J'étais empli d'excitation, enfin, elles allaient se rencontrer ! C'est tellement génial ! En passant la porte du village, les regards se portaient sur nous. Je ne sais pas si c'était parce qu'ils n'avaient pas l'habitude de voir une étrangère aux cheveux verts ici, ou s'il étaient jaloux que ma petite amie soit la fille la plus jolie qui ait jamais existé, mais une chose est sûre, ils nous regardaient avec insistance.

Je ne pris pas la peine de toquer en entrant chez moi – ou plutôt chez ma mère, maintenant que j'ai déménagé –, mais lorsque nous passâmes le seuil, main dans la main, nous pûmes voir un espèce d'éclair bleu foncer sur nous et nous accueillir en criant assez forte pour que tout le village puisse nous entendre.


« ILS SONT LA, MARIA ILS SONT LA, VIENS VOIIIIIIIIR ! Oh mon dieu ils sont trop mignons ensembles, je suis super jalouse, pourquoi moi il m'a jamais tenu la main comme ça, pourquoi elle a les cheveux verts ? Je veux dire, je le savais, il l'avait dit, mais, ouah, je m'attendais pas à ce que ce soit à ce point, c'est trop beau. Pourquoi mes cheveux sont pas verts moi ? »

Nous étions dans la bonne maison, définitivement. Seule Elia pouvait débiter plus de mots à la seconde que je n'avais jamais réussi à le faire. A croire qu'elle ne s'épuisait jamais. Heureusement, la voix plus douce et calme de ma mère qui venait d'arriver dans l'entrée nous accueillit d'une manière un peu plus équilibrée.


« Rebonjour Ozan, bonjour Kalliòpe, j'espère que vous avez fait une bonne route ? Venez vous asseoir dans le salon, j'ai préparé des gâteaux. Ils étaient prêts il y a une heure, mais bon, je suppose que nul n'est parfait ? »

Elle ajoutait cette dernière phrase en nous embrassant tous les deux le front. Je doutais de la réaction de Kalli et lui resserrai mon emprise sur sa main pour qu'elle ne s'enfuie pas en courant.


« Désolé maman, désolé Ellie, Oliver nous a un peu retardés. »

Evidemment, ce n'était pas tout à fait vrai, mais je doutes très sincèrement qu'elles veuillent savoir la vérité sur la raison de notre retard.

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Mord. Très fort.
Je ne savais pas réellement ce que j’avais fait pour qu’il m’aime. J’avais failli le tuer, je lui avais sûrement causé plus de peines qu’autre chose, je l’avais rejeté, encore, encore et encore. J’avais souhaité sa mort, aussi, et il le savait. Et malgré tout, il était tombé amoureux de moi. Et encore maintenant, j’ignorais ce qui le faisait tenir à mes côtés. Je planquais des armes quand il me disait que non, je lui forçais à en porter une de peur que quelque chose lui arrive, je désirais ardemment la mort de son meilleur ami, je trouvais des excuses pour fuir mes responsabilités, je passais mon temps à me recouvrir de boue et de sang pour chasser, je savais à peine me servir de couverts et je dénigrais totalement son art pittoresque. Autant vous dire que niveau comptabilité, on était plutôt éloigné. Et pourtant, il était là, entrain de me faire un speech pour me rassurer. Je ne saurais vous dire si un jour je pourrais être à la hauteur – ce ne serait probablement jamais le cas – mais j’étais terrifiée à l’idée qu’il se rende compte que l’image qu’il avait de moi, si embellie, si chatoyante, n’était en rien la dure réalité.  Cruel monde.

Il m’embrassa et me prit dans ses bras. Son odeur enivra mes narines, me rappelant que je devais sûrement puer. Ce qui n’était pas pour m’en déplaire en temps normal, mais encore une fois, l’idée de lui faire honte m’agaçait légèrement. Mais je pouvais rien changer au fumet que je dégageais, c’était tout simplement mon odeur naturelle. Ozan rajouta, comme s’il avait lu mes pensées, qu’il m’aimait pour ce que j’étais, et non pas pour une image factice que je pouvais renvoyer. Ce qui me rassura, temporairement. Le détail qui suivit sa réflexion m’empourpra très légèrement les joues – juste assez pour que je sente une légère chaleur sur mes joues – ce qui l’amusa très probablement. Peut-être était-ce sa vengeance personnelle pour nous avoir mis en retard. Je levai les yeux au ciel, agacée par ce comportement puéril – j’aurai sûrement fait pareil. Puis nous reprîmes notre route. Main dans la main. A croire qu’il avait peur que je fuisse. Chose à laquelle je pensais à chaque pas que nous faisions. Bon dieux qu’il me connaissait trop bien. C’était énervant à force.

Je ne saurai vous dire ce qui me mit sur la puce à l’oreille. En tout cas, quand je vis ce village brillant de multitudes de couleurs, avec des statues partout, des chants mélodieux s’échappant de chaque maison, des CAILLOUX colorés sous mes pieds, des senteurs provenant de milles et un pays et des gens plus farfelus les uns que les autres, je sus qu’on était parvenus chez les Cupcakes Colorés. Autant Ozan se baladait avec une aisance que je ne lui connaissais guère et un sourire merveilleux, autant moi j’avais l’impression d’être de trop. J’avais l’impression que tout le monde braquait ses yeux sur moi, m’analysait de la tête aux pieds sans aucune retenue. Moi qui avais toujours été fière et agressive, je me sentais étrangement mal. J’aurai aimé partir à toute jambe. Je détestais les foules. Je détestais les gens. Je détestais me faire juger de la sorte. Je les haïssais tous, avec leur peinture et leur marbre sur les joues. Je voulais tous qu’ils disparaissent d’un coup. J’essayais de retenir mes élans d’antisocial, mais c’était plus fort que moi : je me sentais si peu à l’aise que courir était la seule solution envisageable.

Comprenant sûrement mes intentions, Ozan se contenta de me serrer la main plus fort. Il savait très bien que je pouvais très bien m’en dégager et partir, mais la symbolique que ça apportait m’en empêchait. J’ignorais si, à cet instant, je le détestais ou l’aimais. Sûrement un peu les deux. La barrière est si fine entre ces deux sentiments … Sauf concernant Oliver. Là, c’était de la haine pure et dure. J’essayais de prendre sur moi, de ne pas devenir folle – c’était déjà trop tard. Je déglutis assez difficilement, priant pour que ce calvaire cesse enfin. Trop d’être humain tue l’être humain – enfin dans ce cas présent, non, et c’était fort dommage. Puis, finalement, nous nous éloignâmes de cette masse difforme d’amas de chaire pour nous retrouver devant une bâtisse de taille moyenne. J’étais tellement soulagée que je ne pus m’empêcher de lâcher un énorme soupir. Après tant d’effort, j’avais le droit de partir, non ?

La réponse était, bien évidement, celle négative. Et je le compris à l’instant où je vis une espèce d’éclair bleu passer à quelques centimètres de mon visage. Autant vous dire qu’à cet instant, j’aurai pu me servir de n’importe quoi – par exemple une hache – pour achever cette bête. Sauf que la seule arme dont je disposais était Ozan lui-même et que je doutai fort qu’il apprécie que je me serve de lui pour tuer quelqu’un qui vivait chez lui. Ce qui, encore une fois, était quelque peu décevant. La bestiole azurée se mit à débiter des multitudes de mots dans un dialecte qui m’était totalement inconnu. Je crus reconnaître quelques mots par-ci, par-là, mais l’essentiel m’échappait totalement. Un autre langage était né ici ? Pourquoi ne m’en avait-on jamais informé ? Pourquoi Ozan ne m’avait pas dit qu’il parlait deux langues ? Voilà, de nouveau je crus que j’allais devenir complètement tarée. Je détestais cette situation au plus haut point.

Une voix plus douce se fit entendre. Et cette fois, je pus reconnaître le lexique employé. Ce qui me rassura intensément. Je tournai légèrement la tête pour apercevoir une femme, sûrement la quarantaine, vêtue d’une robe très soft, avec des cheveux courts – sûrement blonds ou roux clair à la base – méchés de milles et une couleurs. Elle avait un sourire très chaleureux, plein d’amour et de tendresse. Et ses yeux étaient d’un vert intense. Si intense que mes cheveux faisaient bien ternes à côté. Je ne savais pas réellement sur quel pied danser. Elle était à la fois si semblable et si différente d’Ozan que s’en était perturbant. Je n’avais pas même entendue ce qu’elle disait tant j’étais hypnotisée par sa personne. J’eus un très léger mouvement de recul quand elle s’approcha de moi pour me déposer un baiser sur le front – sérieusement ? C’était une coutume par ici, d’être tactile comme ça ? Parce que je n’y habituerai jamais.

Ce fut au tour d’Ozan de parler, mais je ne fis guère attention à ses propos. Il ne parlait pas à moi, je n’avais donc aucun intérêt à l’écouter à ce moment. Mes yeux se baladèrent sur la maison, à la fois très simple et complètement déstructurée. On aurait dit qu’une bombonne de peinture avait explosé à l’intérieur de la pièce, pourtant blanche à la base. C’était à la fois affreusement beau et terriblement laid. Décidément, l’art m’échappait totalement. Je posai mon regard sur la jeune fille aux cheveux bleu électrique qui sautillait partout. Elle n’avait rien en commun avec Ozan et sa mère, et pourtant elle était là, agissant normalement, avec une aisance agaçante. Dès qu’elle ouvrait la bouche, sa voix résonnait comme celle d’un alien. Je ne comprenais rien à ce qu’elle disait, mais alors rien de rien. De nouveau, je croisai le regard de la mère d’Ozan, qui me fixait. Puis elle s’approcha de moi, très près, à tel point que je sentis son souffle sur mon menton. Elle regardait mes yeux avec un vif choc, une surprise impossible à cacher, une mélancolie à déchirer le cœur et une rancœur enfouie au plus profond de son être.

Puis elle reprit son sourire, qui maintenant sonnait très étrange, et recula pour nous inviter à la suivre dans le salon. Je ne savais pas très bien où me mettre, ni quoi faire. Après tout, j’étais là, debout, dans un environnement qui n’était pas le mien, étrangère dans le village, étrangère dans cette demeure, étrangère à ce monde. Ozan m’invita silencieusement à m’assoir à côté de lui dans le canapé. Je tentai de rester droite, de fixer un point invisible quelque part, de ne pas parler. Peut-être que si je restais comme ça pendant assez longtemps, on finirait par repartir. Malheureusement, la conversation commença à s’engager entre tous les protagonistes de cette pièce. Et je me sentais si éloignée de cette réalité que j’en avais le tournis.

« Ettoitufaisquoidanslavieparceque Ozanaditquetuchassaismaisc’estbizarreparcequet’aspasl’aird’unechasseresse, peutetrequetuasuneautrepassiondanslavie,dismoituaimespeindreparcequ’Ozan m’aditunefoisqu’ilnepourraitjamaisvivresansuneartisteàsescôtés, etj’étaistrèstristeparcequetuvoisj’suispasvraimentdouée,finçavaquoimais sansplus.Enfinbref,tuesdouéepourquoitoi,àpartnourrirtonvillage?d’ailleurs,tuviensd’oùdéjàparcequej’oublietoutletemps,fautdirelenom desautresvillagesesttellementcompliquéquejem’yperd,c’estfoulaviequandmêmealalalalala! »

J’avais fortement l’impression qu’Elia, puisque c’est son nom, me parlait à moi. Faut dire qu’elle me fixait droit dans les yeux et que j’avais vaguement compris des « tu » et « toi » dans l’histoire. Pourtant, je n’avais pas saisi le sens d'une seule phrase. Je devais la fixer étrangement car un silence gênant s’installa pendant dix secondes dans la pièce. C’est à ce moment que je remarquai que tout le monde avait une tasse dans les mains et des petits gâteaux. Et que j’avais aussi un liquide chaud en face de moi. Cependant, je n’avais ni soif, ni faim, alors je n’y touchai pas. Finalement, comprenant que j’étais vraiment nulle pour la compréhension de leur dialecte, la mère d’Ozan prit le rôle de traducteur :

« D’où viens-tu exactement ? »

Bizarrement, cette question semblait beaucoup plus profonde que celle d’Elia. Comme si, au de-là de tous ce qu’on pouvait me demander, il n’y avait que ça qu’il était important de savoir. Cependant, je n’y prêtai guère attention et me contentai de répondre le plus simplement possible, avec une certaine retenue dans mes propos pour ne paraître ni agressive, ni dérangée :

« Je suis née chez les Citrouilles et j’ai vécu chez les Betteraves après. »

J’avais donné le plus de détails possibles concernant mes origines et pourtant, je semblais avoir déçue Maman Ozan. Ce qui m’énerva un tantinet. Qu’étais-je censée dire ? Qu’étais-je censée faire ? Raconter les dix-neuf premières années chaotique de ma vie pour finir par votre fils a rendu ma vie merveilleuse, maintenant je découvre que j’ai eu tord jusque là et je veux fonder une famille et lui faire une multitude d’enfant par l’opération du st Esprit ! ?

« Tes parents t’ont laissé partir ? Ou alors il s’agit d’une séparation ? Ou d’une relation inter-village, ce qui peut arriver de temps en temps … Même si le mélange avec les Betteraves est rare…, dit-elle, se perdant un peu dans ses pensées...
- Je n’ai pas de parents. », lâchai-je, la coupant net dans ses élans.

A l’instant où j’avais prononcé cette phrase, je réalisai que j’avais peut-être été un peu brut de décoffrage. Pourtant, Maman Ozan se contenta de porter sa tasse au niveau de sa bouche avec un sourire indéchiffrable. Décidément, cette famille était la plus bizarre qu’il m’ait été donné de rencontrer – et accessoirement la seule.

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Ma pauvre Kalliòpe, mais qu'avais-je donc fait ? Plus la conversation durait, et plus elle était mal à l'aise. Et si nous autres cupcakes étions très heureux, ainsi réunis en famille, elle ne semblait pas du tout dans son élément. Et c'était tout à fait normal, puisqu'elle n'avait pas côtoyé d'autres gens que moi – sauf Oli, mais elle le déteste, alors c'est pas pareil – depuis je ne sais pas combien de temps. En me mettant à sa place, je commençais seulement à réaliser le calvaire que ça devait être pour elle, qui a fuit la société pendant si longtemps.

Jusque là, ça allait encore, j'avais réussi à attirer l'attention sur moi, et à faire en sorte que Kalli n'ai pas à parler. Ça marchait plutôt bien jusqu'à ce que Elia se mette à lui parler. Eh crotte. D'autant qu'elle n'était pas réputée pour avoir la langue dans sa poche, et lorsque j'entendis ce flot de paroles se déverser, je priai pour que Kalli ait activé son pouvoir. « T'as pas l'air d'une chasseresse ». Juste au cas-où ça vous traverse l'esprit : Ne dite jamais, au grand jamais à Kalli qu'elle ne ressemble pas à une chasseresse, sinon, les chances sont assez élevées qu'elle vous plante un couteau entre les deux yeux. Ça m'est jamais arrivé, mais je suppose qu'on n'a même pas le temps d'avoir mal.

«Ozan m’a dit une fois qu’il ne pourrait jamais vivre sans une artiste à ses côtés » Oh. Mon. Dieu. Il se trouve que j'avais complètement oublié ce détail. Un jour que nous discutions, il y a 6 ou 7 ans, Elia m'avait demandé quelles étaient les qualifications requises pour se marier avec moi. Dans ma folle jeunesse, j'étais fou, inconscient et ignorant de la vraie vie, et je lui avais alors répondu que je ne pourrais vivre si ma femme n'était pas une grande artiste. Techniquement, c'est le cas, Kalliòpe est une grande artiste, si on compte la chasse comme un art. Ses pièges sont parfois plus pensés que n'importe lequel de mes tableaux, et lorsqu'elle tue un animal, elle le fait avec une précision telle qu'on peut considérer ça comme un art à part entière. Mais je doute que la plupart des gens le voient comme ça.

Heureusement, à voir la tête de ma dulcinée, je dirais qu'elle n'a pas compris un simple mot de ce qu'avait dit mon amie ici présente. Il faut dire que la première avait déjà du mal pour m'écouter, et que la seconde avait tendance à oublier de respirer lorsqu'elle parlait. Cette combinaison devait être assez dérangeante pour qu'une quelconque compréhension mutuelle soit possible.

Ma mère vint à la rescousse en résumant toute la tirade d'Elia en une phrase. « D’où viens-tu exactement ? » La question dont avait justement peur Kalliòpe. Mais je ne doutais pas que ses origines ne poseraient aucun problème. Et pourtant, il fallut qu'elle précise qu'elle est orpheline pour que ma mère semble... satisfaite ? Étonnant. Il est vrai que depuis qu'elle l'a vue, elle semble fascinée par Kalli. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi, mais elle ne la lâchait que rarement du regard, et lorsque qu'elle lui parlait, elle avait comme une légère mélancolie, ou un mélange de ça et d'intrigue dans sa voix.

Après cette réponse de Kalli, et avec ma mère qui, apparemment satisfaite, ne posait plus de questions pour l'instant, Elia revint à la charge, pour changer.

« Eeeeeet au final, t'as pas répondu à la plupart de mes questions, tu fais quoi d'autre que chasser dans la vie ? Pour aider le village et tout je veux dire, faut bien que tu participe à la vie commune avec des activités non ? Tu sais peindre, chanter, danser, sculpter, créer, inventer, innover, enfanter ? »

Légèrement exaspéré, et sachant pertinemment que Kalli n'avait très certainement pas non plus compris ces questions là, je décidai de répondre à sa place.

« Tu te rappelles de ce qu'on t'a dit Elia ? Techniquement, Kalliòpe et moi, on vit seuls, on n'appartient plus réellement à un village. Je reviens souvent ici, mais je ne suis plus un habitant des cupcakes, même si j'aime continuer à me définir ainsi. Et elle ne maîtrise comme art que celui de la chasse. Or, elle est tellement douée à ça que je pense pas qu'elle ait besoin de quoi que ce soit d'autres. J'ai quand même essayé de la faire peindre et, à ma grande surprise, elle se débrouille pas si mal que ça. »

J'essayais de parler lentement, pour que Kalli n'ait pas la frustration de ne rien pouvoir comprendre encore une fois. Je me disais que, peut-être, le fait que je prenne la parole et que j'explique les choses à ma manière pourrait l'aider à se calmer un peu, à rester forte malgré la pression qu'elle devait avoir. Je serrai sa main en la regardant pour bien lui faire comprendre que j'étais là pour elle et que si elle le voulait vraiment, on pouvait partir. Mais je n'étais pas sûr de pouvoir faire passer autant de mots dans un seul regard, alors je doute très sincèrement qu'elle ait tout interprété comme ça.

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Mord. Très fort.
Je m’étais presque dit que l’anxiété partirait, que j’allais bien m’entendre avec tout le monde, que tout le reste n’était que mauvais souvenirs et faux cauchemars, que j’exagérais, qu’au final tout allait bien se passer. Sauf que non. Chaque seconde que je passais ici était une torture. Et si je partais maintenant, j’allais briser le cœur d’Ozan. Je savais que si je partais d’ici, je devrais affronter tout le village qui me fixerait. Et je savais qu’à partir du moment où je me retrouverai seule au milieu d’une foule, j’allais perdre les pédales et sûrement perdre Ozan en même temps. Chose qui m’était tout à fait impensable. J’essayais de contrôler ma respiration, de faire de temps en temps des sourires en coin quand je croisais le regard de quelqu’un, de ne pas broyer la main d’Ozan, de rester calmer et de ne sauter à la gorge de personne. Mais les secondes étaient aussi pesantes qu’une éternité. J’étais de trop. Je ne comprenais rien. Je sentais des regards qui m’analysaient de la tête aux pieds, comme si j’allais soudainement changer pour eux. Mais ce n’était pas le cas, et ça ne le serait jamais. Rien que le fait de devoir subir tout ce remue-ménage me donnait un mal de tête incommensurable.

Elia prit la parole. Une nouvelle fois, sa voix se trouvait être un long bruit, parsemé de quelques accentuations, perdu au loin dans ma tête. Je n’essayais même plus de faire semblant de comprendre, c’était à croire qu’elle faisait exprès. Elle devait bien se douter que je ne comprenais rien quand elle parlait, pourquoi continuait-elle ? Pourquoi ne faisait-elle donc aucun effort pour articuler et ralentir la cadence ? Je faisais bien l’effort de venir, elle pouvait bien prendre sur elle pour arrêter d’être stupide. Peut-être qu’Ozan sentait que je commençais à être à court de patience, ou alors ce fut son instinct qui lui murmura de changer de tactique, mais en tout cas il prit la parole. Il prit soin de faire des phrases à un rythme compréhensif. Il souligna le fait que lui ET moi n’appartenions plus à un village en particulier, que nous étions à l’écart des gens … et jamais je ne me suis sentie aussi reconnaissante envers lui. Je veux dire, évidement, il disait gentiment à Elia de fermersagueule se taire, mais il y avait plus que ça. Ozan avait toujours été habitué à vivre dans ce monde, et il avait tout lâché pour moi. Peut-être que je les mettrais vraiment dans un bocal, ses fleurs, en revenant.

Je me décidais, au moment où Ozan se tut, à regarder plus en détails cette Elia. Il y avait quelque chose d’étrange qui émanait d’elle. Sa façon d’être en général. Sa présence. Elle donnait l’impression d’être en terrain connu, de tout savoir mieux que les autres – ou que moi –, d’être la plus géniale de la terre. Quand elle fixait Ozan, ce qui arrivait souvent, il y avait de drôles d’émotions qui passaient dans son regard. Et quand elle daignait me regarder, c’était avec un mépris refoulé, une étincelle d’amertume brillant dans son regard. Je ne comprenais pas toujours pourquoi elle réagissait comme ça … Elle était sûrement trop possessive avec son frère – était-il ? Après réflexion, il n’avait jamais parlé d’elle en ce titre, mais la façon dont il la mentionnait était tout comme – bien que je n’ai jamais eu de sœur. Un doute subsistait, mais je ne me voyais pas en parler ici. Je sentais Ozan qui avait tourné les yeux vers moi, mais je ne comprenais pas vraiment ce qu’il voulait. Peut-être s’excuser au nom de la jeune fille aux cheveux bleus ?

Celle-ci d’ailleurs, me regardait en chien de faïence. A croire que j’étais la raison pour laquelle le blondinet s’était mis à lui parler comme si elle était une enfant qu’on devait punir. Je n’étais pas la seule à avoir compris le message comme ça, car même sa mère lançait des regards à droite à gauche, appréhendant sûrement la question d’Elia. Réaction qui, en passant, ne tardant pas à se faire entendre. Et par entendre, je voulais dire que tout le village devait l’avoir entendu hurler :

« Ce n’est pas parce que monsieur ramène enfin une gueuse qu’il peut se permettre de me parler comme ça. Excusez-moi de ne pas vraiment digérer le fait qu’il me quitte pour la première donzelle qui danse sous ses yeux. Excusez-moi de ne pas digérer qu’il devienne aussi égoïste après qu’une sauvage ait décidé de lui faire un lavage de cerveau ! »

Elle aurait pu sembler calme, mais elle hurlait. Elle articulait chaque mot, comme si elle voulait pertinemment que j’entende chaque insulte qu’elle profanait à mon égard. Elle avait quasiment les larmes aux yeux. J’aurai pu m’énerver, lui rentrer dans le lard. J’avais bien plus de réparti que cette gourdasse qui osait se prétendre supérieure à moi parce qu’elle vivait en société et connaissait Ozan depuis plus longtemps. Mais je restai stoïque. A vrai dire, elle me faisait plus de peine que jamais Ollie avait pu m’en insuffler. Ce qui me força à garder un visage tout à fait impassible lorsqu’elle continua de cracher sa haine.

« De toute façon, je n’ai jamais été assez bien pour toi. Je pensais que c’était parce que je n’étais pas une assez bonne artiste … Et voilà ce que tu nous ramènes. Égorger vif des animaux n’a rien d’un art, espèce de malade mentale. J’espère que tu as bien conscience que si tu portes une seule arme sur le visage parfait d’Ozan, je risque de te faire subir le double, voire le triple, de ce que tu infliges aux pauvres bêtes là-dehors. Grande tarée. »

Je crus vaguement reconnaitre un début de menace, mais vu le gabarit de l’animal en face de moi, je ne me sentis en rien en danger. Je me contentai de lever un sourcil dubitatif, espérant en entendre davantage sur les moyens employés pour me nuire – comme appeler tout le village à me lancer des pinceaux – mais rien ne suivit cette phrase. Fulminante, elle partie en claquant toutes les portes possibles et imaginables – je n’avais pas souvenir d’en avoir traversé autant, ce qui me fit penser qu’elle devait ouvrir et refermer celle de l’entrée plusieurs fois. Puis un silence de plomb régna dans la pièce. Au bout de quelques minutes, Maman Ozan prit la parole :

« Elle sur-réagit tout le temps. Ne prend pas ça mal. Elle le pense sûrement, mais elle le cachera mieux la prochaine fois. »

Dit-elle, très calmement, en buvant encore un peu de ce que je soupçonnais être du thé. Je n’osais même pas regarder Ozan, de peur de savoir à quoi il pensait. Je me contentai donc de prendre ma tasse et d’en boire une grosse gorgée. Qu’est-ce que je foutais-là …

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Je dois avouer que ça, je ne m'y attendais pas. Je restais bouche-bée pendant tout le speech d'Elia. Je me doutais bien qu'elle n'allait pas tout de suite accepter Kalliòpe, mais de là à la menacer, et à en avoir les larmes aux yeux... Je pensais pas que ce serait à ce point, vraiment. Je m'en voulais un peu de l'avoir mise en colère, mais pour ma défense, elle posait des questions vraiment très personnelles à ma future possible fiancée. Puis c'est pas ma faute si elle parle trop vite pour que Kalli puisse comprendre, et que je devais donc parler à sa place.

Bon, je dois avouer, j'étais possiblement au courant que je ne laissais pas Elia indifférente, vous savez, lire dans certaines pensées, tout ça... Mais j'avais préféré ignorer. Oui, oui, vous pouvez dire que je suis un gros méchant patapouf sans cœur, ou tout ce que vous voulez, les faits restent les mêmes, je n'éprouvais malheureusement aucune attirance pour elle. Puis elle ne savait pas pour mon pouvoir, presque personne ne savait, alors c'était pas très dérangeant de le cacher. En effet, ça demande un jeu d'acteur assez bon, pour rester stoïque lorsque vous vous voyez faire des galipettes avec celle que vous ne considérez comme rien d'autre qu'une petite sœur.

Lorsqu'elle claque toutes les portes possibles et imaginables de la maison après avoir fait le tour plusieurs fois, comme à son habitude, ma mère gardait son calme, telle celle qu'elle a toujours été. Même lorsqu'elle parlait à Kalliòpe pour la rassurer, sa voix ne montrait aucun signe d'énervement envers l’excès de colère d'Elia. Le point positif était que mon amour avait enfin bu du thé de maman ! Voila une bonne chose. On aurait dit qu'elle était un peu plus à l'aise lorsqu'il n'y avait que ma mère dans les parages.

« Je suis désolé que ça ne se soit pas passé aussi bien que je l'ai espéré. J'aurais peut-être dû me douter qu'Elia serait légèrement jalouse qu'une autre entre dans ma vie. Et prenne une place plus importante qu'elle, accessoirement. »

Je ne savais pas trop si je m'excusai auprès de ma mère, de Kalliòpe, de moi-même ou d'Elia qui devait déjà être sur une autre planète vu la vitesse à laquelle elle est partie, mais ça importait guère. Maintenant que nous nous trouvions seuls avec ma mère, je me rappelai de ce détail légèrement dérangeant.

« Dis-moi, maman... Pourquoi est-ce que tu sembles porter tant d'importance à la naissance de Kalli ? »

Je savais que cette question pourrait la déstabiliser un peu, ou qu'elle risquait de ne pas répondre, mais je devais la poser. J'étais vraiment intrigué. Les rares fois où je l'avais vu dans le même état que tout à l'heure, c'était lorsque je parlais de mon père. Et cette fois encore, avant de répondre, je pouvais voir cette ombre passer sur son visage, cette ombre du passé qui la perturbait encore aujourd'hui.

« Ozan... La vérité n'est pas facile à entendre pour tout le monde, et je te suggère de partir si tu n'es pas sûr de pouvoir la supporter. » Voyant que je ne bougeais pas, elle continua sur sa lancée « Aaaah alors très bien. Ozan, ton père n'est pas James. Ton père vivait de l'autre côté des montagnes. J'étais folle de lui et notre histoire fut une passion sans nom, jusqu'à ce que la maladie le frappe et le tue. A ce moment là, je t'avais déjà, et je devais trouver un moyen de camoufler ce fait. J'ai alors appelé mon ami d'enfance, James, pour le supplier de m'aider, ce qu'il a accepté de faire. Le seul souvenir qu'il me reste maintenant de ce temps révolu, ce sont tes yeux rouges, la caractéristique des habitants d'au-delà des montagnes. Kalliòpe, tu dois aussi être une sang-mêlée, à moitié originaire d'ici, et à moitié de là-bas. Quelle coïncidence que vous vous soyez rencontrés, et aimés. C'était comme si le destin voulait que vous deux, descendants du peuple d'au-delà des montagnes, portiez vos origines jusqu'ici, où ceux comme vous pourront vivre sans risquer d'être touchés par la maladie. »

J'aurais dû partir comme elle me l'avait dit. Ou pas. J'étais choqué par toutes ces révélations, et en même temps fasciné qu'une partie de moi vienne de cet endroit où je rêvais tellement d'aller. En tous cas, ça expliquait les yeux. Ne sachant pas vraiment quoi dire, je regardai Kalliòpe, en quête d'une quelconque réaction de sa part.

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Mord. Très fort.
C’était une saveur étrange, le thé. A vrai dire, je n’en avais jamais goûté à proprement parlé. Evidement, je m’étais déjà forcée à boire certaines herbes infusées pour empêcher des infections de se créer quand je me retrouvais à avoir des plaies trop profondes, mais cette fois-ci était différente. Dans un premier temps, c’était très légèrement sucré. Ensuite, ça brûlait la gorge. Et ensuite, ça avait un goût d’eau chaude. En fait, ça me rappelait plus ou moins les sources chaudes avec du sucre. Ce n’était pas mauvais. Ce n’était pas excellent non plus. Disons que je ne savais pas réellement où placer le curseur sur l’échelle de dégustation. Etait-ce bon, ou pas ? J’en repris une gorgée. Et je restai toujours aussi sceptique. Peut-être qu’avec le temps, je m’y habituerai. Ce n’était pas mauvais, après tout. Et puis ce calme nouveau qui venait nous envelopper aussi, je pourrais m’y habituer. Oh, ça y’est, j’y étais habituée, c’est bon.

La voix d’Ozan au fond sonnait comme une douce mélodie qui m’emplissait d’amour. Ca et la substance chaleureuse qui baignait dans mon estomac, et je me retrouvai presque à l’aise. A croire que la raison de toute cette anxiété était cette fille aux cheveux bleus qui s’amusait avec mes nerfs. Etait-elle l’une de ces personnes à avoir un pouvoir, et celui-ci aurait été celui de taper sur le système ? Parce que si c’était le cas, ça expliquait beaucoup, mais alors BEAUCOUP de choses. A moins que j’en ais eu un deuxième qui se nommait : aucune patience. Cela pourrait expliquer ma relation avec Oliver. Et le reste du genre humain. … Après réflexion, c’était peut-être moi le véritable problème dans l’histoire. Raison de plus pour ne plus interférer dans les relations humaines – autre qu’avec Ozan, j’étais allée trop loin pour l’effacer de ma vie.

Mon jeune amant demanda à sa mère pourquoi cette dernière était fascinée par ma personne. Pendant un instant, j’avais presque oublié l’existence de cette dame à l’arc-en-ciel capillaire. Cependant, en reposant mon regard sur elle, je n’en fus pas le moins du monde troublée. Une sorte d’aura se dégageait d’elle, de la même façon qu’elle se dégageait d’Ozan, ce qui justifiait le fait qu’il ne me fallut pas si longtemps que ça pour l’adopter. De temps en temps. Parfois. Genre maintenant. Et pour la demi-heure à suivre. Si je tenais jusque là, ça serait pas mal. Mais passons. Intriguée par cette question, bien qu’elle ne fût pas posée à moi et que c’était fort impoli d’écouter une conversation qui ne nous était pas destinée, je tendis l’oreille. Après tout, ils parlaient – en parti – de moi, donc je supposai que je pouvais être au courant de la suite des événements.

Ce qui se passa après me refroidit directement. Comprenez : je n’avais jamais cherché à savoir quoique ce soit sur mes parents ou mon histoire. Tout ce qui m’a amené au village des Citrouilles m’indifférait totalement. Si quelqu’un avait été un jour intéressé par moi, si quelqu’un m’avait un jour aimé ou considéré comme sa fille, il avait été trop tard pour lui de se rattraper. Et ça à la seconde où il m’a jeté aux pieds de l’orphelinat. A partir de là, je ne voulais plus rien entendre. Et le fait que cette inconnue, avec ses cheveux multicolores, puisse en savoir plus que moi et me le raconte – alors que je n’avais absolument rien demandé – eut tendance à me faire regretter d’avoir bu une gorgée du nectar que je tenais entre mes mains. Et d’avoir eu la bassesse d’esprit de me montrer curieuse.

Et puis toute cette histoire de vie en dehors des falaises, c’était pathétique. S’il y avait eu des gens, des communautés à l’extérieur, on aurait déjà été en guerre. C’était déjà assez compliqué pour cinq demi-nations de vivre en harmonie, alors avec le double, vous n’imaginez même pas la galère que ça aurait pu être. Non, tout ça ne tenait pas debout. Je ne voulais pas me montrer impoli envers Ozan, mais la seule personne que je voyais devenir folle, c’était sa mère. Et non pas un quelconque James. Et puis, excusez-moi de souligner ce détail, mais il faut être légèrement dérangé pour demander à son meilleur ami d’être le père de son enfant. Et de laisser ce dernier grandir dans l’ignorance en le laissant appeler quelqu’un « papa » sans qu’il en mérite l’appellation. Tout ça me dépassait complètement.

J’aurais pu m’énerver, crier au scandale, tout défoncer par pure envie, mais Ozan m’avait appris la retenue. De plus, c’était à lui qu’on venait d’avouer que tout un pan de sa vie qui avait été mis au placard sans son consentement. Je choisis de rester tout à fait impassible. Je refusai que mon cher et tendre puisse lire ne serait-ce que qu’une esquisse expression qui pourrait être mal interprétée sur mon visage. Je refusais de choisir d’être contre lui ou contre sa mère. Je me contentai donc de garder le silence. Aucun de nous n’ajouta quelque chose à ce sujet. Je reposais ma tasse, pendant que le silence s’immisça entre nous. Des bouts de conversations se glissèrent entre le fils et la mère, mais rien de très grandiose. Et il n’avait rien d’agréable. C’était plutôt dérangeant et gênant. Fort heureusement, le soleil commençait à se coucher et je saisis cette occasion pour parler :

« Peut-être devrions-nous rentrer. »

Suggérai-je, d’une voix douce, ne voulant brusquer personne. Sa mère hocha la tête, Ozan acquiesça silencieusement. Machinalement, nous sortîmes, saluâmes sa mère et partîmes. Un silence se créa entre nous, sans réellement que je n’ose le briser. Je lui pris la main, effectuant une légère pression dessus pour lui montrer mon soutiens, pour lui souligner que s’il voulait parler, il le pouvait. Je ne savais pas s’il était fou de joie à l’idée de connaitre la vérité, énervé de l’avoir appris aussi tard ou complètement déboussolé par ces changements. Dans tous les cas, je lui laissai le luxe de digérer tout ce qu’il venait de se passer sans oser le déranger. Je n’avais aucune idée concernant la réaction que je devais avoir ou l’attitude que je devais adopter. Alors je me contentai d’être silencieuse, jusqu’à que nous soyons à quelques mètres de la maison, quand les derniers rayons de soleil se firent avaler par la nuit.

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Se dit “Empereur du swag à l'infini”
La tension, ou plutôt le malaise qui s'était installé après la révélation de ma mère était carrément palpable. Ou alors peut-être que c'était juste mes mains qui étaient trop moites. Nous n'échangions alors plus que quelques mots, buvant et mangeant silencieusement ce qu'il restait sur la table. Je dois avouer que cette journée ne se passait pas exactement aussi parfaitement que je l'aurais espéré. Et je me sentais toujours aussi désolé pour Kalli de l'avoir embarquée là-dedans.

Au bout d'un moment, nous tombions vraiment à court de choses à dire, de banalités à échanger, et alors que la nuit commençait à tomber, Kalli prit la parole. « Peut-être devrions-nous rentrer. » Mon dieu, merci. J’acquiesçai silencieusement, tout comme ma mère, pris la main de Kalliòpe puis nous nous levâmes pour partir. Encore une fois, je ne dis pas un mot. Lorsque nous sortions du village, seuls les gardes aux portes étaient encore dehors à cette heure-là. Les autres étaient soit en famille, entrain de manger, ou bien sur la place pour admirer l'exposition du jour. Si je ne me trompe pas, deux de mes tableaux en faisaient parti, et quand bien même j'étais curieux de voir s'ils attiraient autant l'attention qu'à leur habitude, nous continuâmes sur notre lancée pour sortir d'ici.

Je voulais rentrer à la maison, peut-être dormir, peut-être manger, peut-être juste câliner Kalliòpe, je ne sais pas, mais en tous cas, je n'avais aucune envie d'être au milieu d'une foule en l'instant présent. Tout mais pas ça. En plus, les chances qu'Elia soit encore en train de courir partout dans la place pour admirer toutes les œuvres présentes et les mémoriser entièrement étaient grandes, et je n'avais pas franchement envie de la recroiser tout de suite.

Maintenant que j'y pense, entre elle et Oliver, on peut dire que je m'étais bien mis à dos mes amis aujourd'hui. Fort heureusement, ils étaient tous deux de nature à vite pardonner. Ou alors j'étais trop adorable pour qu'on m'en veuille trop longtemps. Mais je pencherais plutôt pour la première option, si vous voulez mon avis.

Nous étions au beau milieu de la plaine séparant le village des Cupcakes de notre petit nid douillet quand je me mis à péter une crise. Je m'arrêtai net, lâchai la main de Kalli, me roulai en boule par terre et me mit à me rouler par terre tout en criant.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH J'en ai marre. Je sais même pas quoi penser de tout ça, je sais pas pourquoi elle me l'a caché comme ça, je sais pas qui est mon père, je sais pas à quoi ressemble mon peuple, qui est en fait notre peuple maintenant que j'y pense, mais c'est trop bizarrreeeeeeeeeee. Pourquoi personne n'est au courant du peuple derrière les montagnes ? Pourquoi ça nous rend les yeux rouges ? Au final, on a une réponse, mais on sait toujours pas vraiment pourquoiiiiiii ! J'en ai marre j'en ai marre j'en ai marre j'en ai marre . »

Ceci étant fait, je me relevai d'un bond, me dirigeai vers Kalli qui semblait ne pas trop savoir comment réagir face à cette crise existentielle, et l'embrassai. J'avais bien besoin de la chaleur de son corps pour me calmer dans l'immédiat, sinon j'allais continuer cette crise pendant bien trop longtemps.

« Pardon Kalliòpe, tout va bien, désolé, je suis un petit peu instable émotionnellement là tout de suite je crois mais tout va bien. Je t'aime, excuse moi, je vais me calmer. Je t'ai déjà dit que je t'aime à la folie ? Merci d'être restée dans ma vie, t'imagines pas à quel point tu comptes pour moi. Ou peut-être que si, mais ça n'empêche que c'est beaucoup. Pardon, marchons si tu veux bien, j'aimerais rentrer chez nous. »

Je pris sa main et nous marchâmes d'un pas plus vif et, pour ma part, plus déterminé que tout à l'heure. Ma crise étant plus ou moins passé, et ayant fait ressortir toutes mes émotions que j'avais concentré pendant des heures, je me sentais revigoré, et prêt pour une deuxième journée comme celle-ci. Ou du moins c'est ce que je pensais, car à peine rentrés à la maison, je me dirigeai vers notre lit pour m'affaler dessus. Puis je regardai Kalliòpe.

« Diiiis, tu m'aimes quand même si mon papa il fait pas partie des citrouilles ? Et tu m'aimes quand même si on vient du même endroit ? Et tu m'aimes quand même si je suis un gros nul qui fait pleurer tous ses amis ? Dis moi que tu m'aiiiimes s'ilteplaitneparspasjet'aimetropjesupporteraispastondépartjet'aiiiiiiiiime »

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Mord. Très fort.
L’inévitable arriva. Je vis Ozan se mettre en boule et se rouler par terre – bonjour l’état de ses vêtements, heureusement que je ne faisais pas sa lessive. Puis, il hurla.

Dans un premier temps, je tiens à souligner qu’Ozan peut être très doux, très encourageant, très gentil, très parfait, tout ce que vous voulez, quand il se décide à péter un câble, il ne le fait pas à moitié. Dans un deuxième temps, même si Ozan a toujours eu le chic pour pousser des cris aussi virils que ceux d’un enfant de six ans quand il était dans un état de stresse ou de peur, je peux vous assurer que son cri d’angoisse et d’hystérie était tout ce qu’il y avait de plus adulte. Et donc de ce fait, de terrifiant. Car quand vous voyez votre moitié, qui a toujours tendance à être joyeuse et amoureuse de la vie, qui se met à imiter un sushi par terre en se vidant l’air des poumons, je peux vous promettre que vous avez très envie de vous enfuir. Ou pas, mais vous avez saisi l’idée. Revenons-en donc à nos moutons.

Je vis donc Ozan dans un état d’épouvante tel que j’eus l’impression que ses cris résonnaient tout le long de ma colonne vertébral. Suite à ça, il commença à déblatérer tout ce qu’il avait sur le cœur – à savoir beaucoup de choses. Je fis un effort pour essayer de comprendre ce qu’il disait, mais je n’en captai que la moitié. Ceci était dit, j’avais sûrement compris l’essentiel et pu deviner ce qu’il avait rajouté entre temps. Je n’osai pas bouger devant ce spectacle, complètement incapable de savoir quels mouvements je devais faire ou ne pas faire. J’avais vaguement souvenir d’avoir vu Ollie dans un tel état un jour, mais j’avais ignoré l’attitude d’Ozan face à ça – ce que je regrettai terriblement à cet instant. Je me mordis la lèvre au moment où il se releva d’un bond pour me faire face et m’embrasser.

Il recommença à parler très vite, s’excusant de milles façons possibles et me répétant qu’il m’aimait. Quelque part, dans cette situation, je devais être le seul élément stable de sa vie. C’était pour vous dire à quel point il devait aller au plus mal. Je veux dire, je passais mon temps à m’enfuir à droite à gauche pour aller, je cite égorger des pauvres animaux qui n’ont rien demandé à personne, je pétais des crises pour qu’il garde une arme sur lui, et j’essayais d’user de mes charmes pour éviter une visite chez sa famille. Autant vous dire que comme point de repère dans la vie, il y avait déjà eu mieux. Considérant le fait qu’il venait de perdre tous ceux qu’il avait avant, je ne vous dis pas l’état dans lequel on avait mis mon petit Ozan. Ce dernier me prit la main, et toujours aussi agité, pénétra dans notre demeure. En passant devant le seuil de l’entrée, j’attrapai au vol le bouquet de fleur qui traînait et le déposait sur un meuble du couloir avant que l’on finisse dans notre chambre.

Mon cher et tendre s’affala comme un sac de pomme de terre humide – c'est-à-dire avec très peu de classe – sur notre lit, et reprit de plus belle sa crise. Je restai à un mètre de lui, debout, incapable de savoir quoi faire. S’ensuivit un flot de parole, plutôt contrôlé au début, qui partit assez vite en vrille. Je ne compris pas grand-chose de la fin de sa tirade, à part qu’il m’aimait, qu’il rendait les gens tristes et qu’il ne voulait pas que je parte – ou alors il voulait que je parte mais ça ne collait pas au reste alors je préférai m’en tenir à la première version. Je le fixais, avec des yeux ronds : croyait-il vraiment que j’allais partir ? Après que j’aie vu sa famille ? S’il vous plait, c’était un signe qu’on allait finir mariés. C’était comme s’il m’avait mis la bague au doigt, là. Peut-être aurais-je dû exprimer mes pensées à haute voix car des larmes commencèrent à se glisser sur ses joues et il s’enfonça la tête dans un oreiller.

Cette fois, c’était moi qui commençais à paniquer. Je m’approchai du lit et fis la seule chose qui me vint à l’esprit : je m’affalai sur lui. Parfaitement. De tout mon poids, je m’écrasai sur lui. Puis, pour éviter qu’il pense que je tentais de le tuer pour le faire taire, j’enchaînai :

« Il était une fois une grosse psychopathe qui vivait dans les bois, qui essayait de continuer sa vie paisiblement de paysanne sans foi ni loi, quand une espèce de encore-plus-malade-mental qu’elle se pointa dans l’optique de faire ami-ami avec un ours. Peut-être que la sociopathe aurait dû le tuer – le garçon, pas l’ours, l’ours elle l’a tué – mais elle aurait alors poignardé son âme sœur et ça aurait été très dommage. Bien qu’elle ne connaisse pas réellement la définition de l’âme sœur, elle suppose que ça veut que je t’aime très fort et que je ne t’abandonnerai pas, et que tu peux pleurer tout ce que tu veux et que ça ne changera rien à l’amour que je te porte, Ozan. Hurle si tu veux. Ou va tuer enfoncer des flèches dans des cibles mouvantes ça aide. Je vais éviter de te proposer tout de suite les enfants abandonnés, mais t’as compris l’idée. »

J’avais essayé de garder un ton calme, modéré, de parler clairement et lentement. Puis je réalisai que ma fin de monologue, suivant la même forme que le reste, devait paraitre, peut-être, un petit peu démesurée. Ce à quoi j’ajoutai, dans un murmure tout bas :

« C’est une blague, je n’ai jamais tiré volontairement sur un enfant abandonné. Ou même pas abandonné. J’évite en général. »

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Se dit “Empereur du swag à l'infini”
Kalliòpe, c'est 60 kilos de muscles. Moi, c'est 60 kilos de rien. Maintenant imaginez vous la scène : Moi qui suit affalé sur le canapé, tel la plus grande loque humain du monde. Ma merveilleuse petite amie, Kalli, n'a aucune idée de comment remonter le moral des gens. Alors dans un espoir fou, elle se laisse tomber de tout son poids. Sur moi. Autant vous le dire tout de suite, j'allais mettre plusieurs jours à me remettre de ce mal de dos atroce.

Comme pour se faire pardonner, ou pour me rassurer, elle se mit à me conter une histoire. Je ne mis pas longtemps avant de comprendre qu'il s'agissait de notre histoire. Qu'elle racontait merveilleusement bien d'ailleurs, je sais pas pourquoi je m'embête à tout décrire comme ça, sa version est géniale ! Enfin, jusqu'à ce qu'elle parle de tirer sur des enfants morts. Là, je dois avouer, ça faisait un peu flipper. Mais je me doutais bien qu'elle ne l'avait pas vraiment fait, donc c'était pas si grave que ça.

Lorsqu'elle finit de parler, je ne pus m'empêcher de rire. C'était un rire franc, sincère et tonitruant, à tel point que l'on pouvait s'estimer heureux de ne pas avoir de voisins. Enfin, de toutes façons, c'était obligé, vu tout le bruit que fait Kalliòpe lorsque l'on fait du sport. Tout ça pour dire, ses dernières phrases m'avaient bien fait rire, et si elles ne m'avaient pas fait oublier complètement ce qui me tracassait auparavant, elles avaient le mérite de m'avoir réconforté et de m'avoir ainsi mit de bonne humeur.

Je forçai alors Kalli à se retourner et vint poser mes lèvres sur les siennes.


« Merci beaucoup Kalliòpe. Je t'aime tellement. Et tu oses encore te demander pourquoi par moments. Eh bien tu vois, c'est ça que j'aime chez toi, en partie. Ta franchise, ta gêne, ta perfection, un peu tout ça ! Donc oui, je pense que âme-sœur est le bon mot. Ça signifie que quoi que nous fassions, nos âmes, donc notre être, étaient faites pour se retrouver, et se complètent à la perfection. Pour faire bref, je t'aime, tu m'aimes, et nous deux, c'est pour toujours, même après la vie. »

Je ne savais pas trop si elle avait des croyances ou quoi que ce soit, qui soient en rapport avec la mort, et la vie après la mort, alors dans le doute, je ne préférais pas vraiment m'étaler sur le sujet. Un jour, je lui demanderais. Mais pas aujourd'hui. Imaginez qu'elle vénère un dieu bizarre qui demande le sacrifice de bébés chèvres tous les jours. Non, merci, j'ai eu mon lot de révélations pour la journée, ça ira.

Je la fis rouler sur le côté pour la regarder plus facilement dans les yeux et admirai ces couleurs. Encore, et encore, je ne pouvais m'en lasser, ce rouge est si hypnotisant. Le mieux était, comme en ce moment, lorsque les deux couleurs se battaient, pour savoir qui allait avoir la place. Je pouvais m'imaginer les deux armées, la rouge et la brune, s'affrontant sans merci, produisant des vagues dans ces yeux si magnifiques. Cette fois-ci, c'était le rouge qui gagnait. C'était en effet généralement le cas lorsque le soleil se couchait. Je me demandais alors si mes yeux faisaient pareil, et, d'un regard dans le miroir le plus proche, je m’aperçus que oui.

Après la fin de la guerre entre les deux couleurs, je rapprochai Kalliòpe de moi pour que nos corps se collent, et nos lèvres aussi. Ces dernières ne se sépareront pas d'un millimètre avant plusieurs minutes, et pendant tout ce temps, je rêvais à ce futur que j'avais souvent envisagé entre nous. Je me levai d'un bon, alla chercher une rose, et fit une bague avec les pétales.


« Kalliòpe Salvaxe. Je sais que c'est peut-être un peu tôt, et que je n'ai pas de bague digne de ce nom, mais j'aimerais savoir une chose. Accepterais-tu de me rendre plus heureux encore en voulant bien m'épouser ? Tu peux dire non, auquel cas je réitérerais ma demande plus tard. Je voulais juste savoir, là tout de suite, si tu étais d'accord avec ce point. »

Je fermai les yeux pour attendre sa réponse. J'avais peur du résultat. Pourquoi avais-je demandé ça déjà ? Je veux dire, elle est pas du tout le genre à se marier, alors pourquoi elle accepterait ? Je ne suis qu'un idiot bon sang.

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Mord. Très fort.
Ozan parti dans un de ces monologues très philosophiques. Je comprenais les mots sans réellement en effleurer le sens profond. Tout ce que je savais, c’est qu’il m’embrassait et que ça signifiait qu’il m’aimait. Et peut-être même que j’avais réussi à le calmer. Ce qui était un fait assez rare pour être souligné et dont je devais être fière. A partir de maintenant, tel le chausseur de mouches, je me baladerai dans les forêts et les villages avec la taille entourée d’une ceinture vantant mes exploits. Je le voyais d’ici, faite de lanières de cuir, avec des clous et de minuscules morceaux de rubis, brillant autant dans le noir que dans le jour, mettant en avant chacun des centimètres qui la formerait. Je pourrais aussi, si l’envie m’en prenait, m’en faire un fouet qui s’enflammerait à chaque secousse que je lui infligerai. Après réflexion, bien que la ceinture soit de trop, je trouvais l’idée de l’arme enflammée très bonne. Je me pencherai sur ce concept plus tard. Il devait bien me rester un ou deux contact chez les Citrouilles qui pouvaient me faire ça pour un prix modique. Ou bien même, s’il était assez effrayé, gratuitement ! Vivement mon prochain passage au No Man’s Land.

Je me retrouvai avec Ozan légèrement penché au dessus de moi. Je me perdis, l’espace de quelques instants, dans l’océan de ses yeux. A la fois vermeil et brun, se mouvant comme si deux entités se battaient continuellement. Un peu comme dans ses vieilles légendes d’autrefois, où une déesse nommée Bastet luttait à chaque seconde de sa vie contre Apophis. Parfois, l’un des combattants prenait le dessus, mais il ne fallait jamais bien longtemps à l’autre pour se relever et lancer de nouveau l’assaut. La puissance de l’un était tirée de la nuit elle-même, alors que l’autre de l’astre stellaire. L’une, enfant du soleil, l’autre enfant des ténèbres. Et ce cycle interminable ne cessait jamais que temporellement. Le jour où le combat se finit, la vie cesse. A tout jamais. Alors autant vous dire que les tourbillons que je voyais dans les yeux d’Ozan, m’indiquant qu’il respirait encore, étaient tout à fait rassurants. Je m’en délectai presque, savourant chaque souffle que je sentais sur mon visage.

Nos corps se collèrent. Ils empêchèrent l’air de s’y immiscer, ne laissant que nos expirations se glisser lentement le long de nos joues. Nos bouches n’étaient plus qu’à quelques millimètres, prêtes à ne faire qu’une … Quand Ozan se décida à se relever brusquement. Peut-être aurais-je dû me brosser les dents ? Je me mordis la lèvre et m’allongeai sur le dos. Une idée farfelue devait encore lui avoir traversé l’esprit. En attendant, je perdis mon regard sur le plafond, qu’il avait peint sans relâche dès qu’il en avait le temps. Je n’avais jamais fait attention à ça, jugeant que ce n’était qu’une fresque parmi tant d’autres. Mais entre ces spirales, ces courbes, je pouvais y lire notre histoire. Un sourire se dessina sur mon visage pendant que je contemplais cette œuvre. Il avait dû se douter que je ne remarquerai jamais les nombreuses fois où des petites tâches vertes se faufilaient entre la verdure et le soleil. Il savait que je ne distinguerai jamais avec assez de précision toutes les fois où il avait tenté de me dessiner discrètement, sans pour autant le faire complètement de peur de rompre sa promesse. Je ne savais pas si c’était drôle ou juste adorable. Pourtant, mes lèvres ne cessèrent de s’étirer à mesure que j’observais cette arabesque.

Mon peintre revint, ce qui me força à me redresser et m’assoir sur le rebord sur lit. A ce moment, il se passa une scène des plus improbables. Je le vis mettre un genou à terre et me tendre ce qui ressemblait à une bague faite de pétales de rose. Sur le coup, je ne compris même pas pourquoi il faisait ça. Il se doutait bien que j’allais la salir et la casser si je m’étais ça autour du doigt – ou même autour d’une chaine. Puis il parla. Sur le coup, ses paroles s’envolèrent dans l’air à l’instant même où ils prononçaient, ce qui m’empêcha d’en comprendre le sens. Je restai donc muette un instant, jusqu’à que je réalise qu’il me demandait en mariage. Sur le coup, je fronçai les sourcils. Je n’avais jamais réellement compris ce principe de mariage. Avions-nous vraiment besoin de prendre à témoin la terre entière pour nous aimer ? Avions-nous réellement besoin de fusionner nos noms pour montrer que nous faisions qu’un ? Avions-nous franchement besoin de … En me posant ces questions, je vis Ozan fermer les yeux.

Je réalisai que nous n’avions jamais grandit réellement dans le même monde. Il avait toujours été baigné dans beaucoup d’idées loufoques, de fantasmes étranges et d’habitude que je jugeais stupide. Et puis, nous étions si différents. A ce moment, j’étais persuadée que si nous étions dans des univers parallèles, tous les deux, il aurait été ce genre de personne trop intelligent pour moi, qui sans réellement bouger le plus petit doigt aurait pu être noyé sous l’or pour rejoindre les plus grandes formations. Il aurait été de ces gens sur qui les espoirs se fondent de toute façon, sur qui ont sait que l’échec ne sera jamais vraiment retentissant. Et moi, j’aurais été cette pauvre fille sur qui on ne fonde pas vraiment d’espoir, parce qu’on sait déjà qu’elle va aller suivre sa petite voie tranquillement et que, si elle ose vouloir viser plus haut, sera gentiment remise à sa place. Et je savais pertinemment que dans ce monde, j’aurai sûrement jalouser Ozan pour avoir des opportunités que je pourrais même pas songer avoir. Mais malgré tout, j’étais persuadée que même comme ça, je l’aurais aimé avec toute mon âme.

Je pris son visage entre mes mains et l’embrassai. D’abord timidement, comme si je n’osais pas briser le charme, puis avec un peu plus de fougue. Je ne saurais vous dire ce qu’il avait fait de sa bague à cet instant, si je l’avais au doigt ou si elle était tombée par terre. Tout ce que je savais, c’est qu’à ce moment, je ne voulais que lui. Je réalisais que même si n’avions pas grand-chose en commun, le peu que nous possédions était ce qu’il y avait de plus précieux. Et qu’il n’y avait aucune raison pour que je crache sur mon bonheur pour des idées préconçues. Alors oui, si le mariage lui semblait important, je lui concéderais. Tout comme il l’avait fait avec moi pour mes armes et cette maison loin des siens. Je ne décrirai pas la suite des événements, sachez juste nos jeux de mains et de hanches prirent une tournure beaucoup plus intéressante. A croire que nous redécouvrions tout ce que nous savions déjà et qu’en même temps nous innovions tout. Un vrai délice.

Au bout d’un moment, des heures ou des jours, la fatigue prit le dessus. Peut-être monsieur avait terminé d’user ses cordes vocales, ou bien sa salive, mais il finit par ne faire plus aucun bruit. Et nous fûmes de nouveau bercer dans un silence plaisant. D’une part car nous nous entendions de nouveau nos cœurs battre, et d’autre part car cela signifiait que nous avions sûrement passé un très bon temps. Pour qu’Ozan se taise, il fallait vraiment l’avoir épuisé. Ce dont je me réjouissais – à bon entendeur. Un sourire satisfait se dessina sur mon visage au même moment où je l’entendis tomber dans les bras de Morphée. Je me faufilai discrètement en dehors du lit, toujours aussi peu vêtue et déposai un baiser sur son front. Puis je remarquai une tâche vermeil par terre et me penchait pour la ramasser. Il s’agissait de sa bague. Je la contemplai un instant avant de la glisser à mon doigt. Puis je fis un tour de la pièce, sans réel but. Finalement, je me décidai à me recoucher. Appuyée sur mes coudes, je regardai Ozan dormir. Il avait cette tranquillité sur ses traits, cet apaisement qui se lisait sur tout son corps – tout – et cela le rendait terriblement beau.

Sachez qu’il a toujours eu cette beauté étrange, et que plus le temps passait, plus je la remarquais. Mais quand il dormait, quand il se laissait glisser dans le sommeil, il était la pureté incarnée. Et ce malgré le filet de bave que l’on pouvait apercevoir au coin de sa bouche. Et la sueur qui avait séché çà et là. Je n’osais pas le déranger et me contentai de le fixer silencieusement. Peut-être trente secondes, peut-être dix minutes après, il bougea légèrement en grognant. Je profitai de cet instant de mi-réveil pour me coller contre lui, me blottir dans ses bras. Puis je m’endormis, pendant quelques minutes ou quelques secondes. Finalement, la fatigue ne l’emporta pas. Je jouai délicatement avec la rose décapitée que j’avais au doigt, ne comprenant toujours pas l’intérêt d’un tel objet pour représenter son amour. Mais je savais en apprécier la beauté, uniquement car c’était Ozan qui l’avait fait. Puis je levai les yeux, me sentant observée, pour voir qu’il me fixait depuis un petit bout de temps, le sourire aux lèvres. Je me rehaussai ma tête pour déposer un délicat baiser sur ses lèvres séchées puis finis par murmurer :

« Avec plaisir. »

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