► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

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► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Dim 25 Jan - 11:41
Je vous passerai les détails sur les images immondes qui sont passées dans mon cerveau à l’idée de partager un lit avec Ozan, car je pense que ça n’intéresse personne. Et que même si, pervers que vous êtes, vous crevez d’envie d’en savoir plus, je vous conseille d’aller vous faire mettre. A bon entendeur. Déjà, j’avais fait semblant de ne pas remarquer son air faussement assuré quand il me prit la main, je n’allais pas non plus en rajouter en faisant toute une scène ou en piquant un fard à sa proposition. Nous verrons ce genre de détails plus tard. Si plus tard il y avait, évidement. Car, avec toute cette histoire d’embrassade, j’en avais oublié mes bonnes vieilles habitudes de traqueuse. De ce fait, j’étais devenue une proie sans m’en rendre compte. Et je ne parle pas d’Ozan, bande de petits obsédés.

Nous avions marché pendant une petite demi-heure, dans un silence totale. J’étais totalement bercée par la chaleur de sa main, par le souvenir que j’avais de ses lèvres, par les battements de mon cœur, à tel point que je n’avais même pas pris la peine de surveiller mes arrières. Ce fut donc ma première erreur de la soirée. La nuit était tombée, le froid était devenu glacial. Habituellement, la lune, toujours fidèle au poste, m’aidait à voir où je mettais les pattes. Mais cette nuit-là, d’épais nuages avaient engloutis son éclat sans aucune retenue. Je ne devais donc me fier qu’à mon sens de l’orientation – fort heureusement, je connaissais cette partie de la forêt. A un moment, un doute me prit. Je m’arrêtai net, afin d’essayer de me souvenir quel embranchement je devais prendre si je voulais éviter certains animaux sauvages.

A cet instant, j’aurai pu deviner que quelque chose n’allait pas. J’aurai pu l’entendre … si Ozan ne s’était pas mis à beugler des supplications pour ne pas que je l’égorge. Ce à quoi je n’eus qu’à lever un sourcil dubitatif avant de choisir le mauvais embranchement. Deuxième erreur. Je compris que mes instincts m’avaient trompé dans je sentis une chaleur étouffante m’entourer. Et je ne parlais en rien de ce baume chaud qui pouvait m’entourer quand je sentais le corps d’Ozan non loin de moi, je tiens à le souligner. Celle-ci était lourde, pesante. Un silence de plomb régnait sur la zone. Une épaisse brume se dessinait à mesure que nous avancions. Je compris que nous étions aux sources thermales à l’instant même où j’entendis, à quelques centaines de mètres de nous, une branche se briser, accompagné d’un grognement étouffé.

Il ne me fallut que quelques secondes pour réagir. Deux secondes pour attirer Ozan contre moi derrière un arbre. Une seconde supplémentaire pour me concentrer et activer mon pouvoir. Une autre de plus pour comprendre que nous étions suivis par le même homme qui était près de la falaise. Il nous avait traqués. Il possédait un morceau de tissu dans les mains et un énorme animal avec une truffe énorme à ses côtés. Cette créature, aussi laide fut-elle, sentait les odeurs à des kilomètres. Et elle ne s’arrêterait pas tant qu’elle n’aurait pas, face à elle, l’objet de ses convoitises. Il me fallut quelques secondes supplémentaires pour comprendre que cet homme appréciait la chair fraîche, et qu’il n’avait jamais eu l’attention d’attraper une biche dans ses filets. Non pas que je jugeai le fait de manger des humains, ça peut arriver à tout le monde. Je jugeais plutôt le fait de vouloir me manger moi ou Ozan, à vrai dire. J’étais tout de suite moins fan.

Je revins à la normale, choquée de ne voir plus rien que les ténèbres environnants et alertée par les bruits qui m’entouraient. La respiration d’Ozan. Ses pieds contre le sol. Le vent qui se levait. Un léger grondement. Puis une idée me traversa l’esprit. Nous ne pourrions pas fuir face à cette bête. Je me retournai pour faire face à Ozan et lui retira ses habits. Sa veste, son tee shirt, son pantalon, ses chaussures, ses chaussettes. Tout sauf son caleçon. Bien que j’eus été en pleine crise de survie, je n’en fus pas moins gênée à l’idée de voir ses attributs dans de telles circonstances. Puis je fis de même. Je retirai la plus part de mes vêtements, pour finalement réunir le tout en une grosse boule de fringues. Je fis signe à Ozan de ne pas bouger et je m’élançai derrière un buisson pour y déposer la pile de fringue.

Je sais, d’un point de vue extérieur, ça pouvait sembler étrange. Mais l’animal nous repérait grâce à un morceau de vêtement qui a dû s’accrocher dans une branche. Avec l’amas de puanteur déposé derrière un buisson, il sera déstabilisé un instant car sa proie sera devant ses yeux mais inanimée. Jusque là, vous me suivez, et vous devez vous dire quelque chose comme « Mais l’odeur est sur vous aussi, demeurée » et j’apprécie votre sens de l’observation. Si vous avez juste pensé « hihi vous êtes nus », sachez que je vous juge.

Je retournai près d’Ozan, lui pris le bras, l’attirai contre moi et commençai à marcher lentement, dans l’espoir de ne faire aucun bruit. Puis, toujours à tâtons, je trouvai le début d’une crevasse. Je me glissai lentement dedans, consciente de l’eau brûlante qui s’immisçait dans tous les pores de ma peau. Cependant, je n’eus guère le temps de jouer les chochottes. Je fis en sorte qu’Ozan me suive avant de continuer d’avancer de plus en plus profondément dans les sources d’eau chaudes. Bientôt, je dus nager légèrement du fait que mes pieds ne touchaient plus le sol. Une fois au centre de la crevasse, je m’immobilisai, prenant appui légèrement sur le blondinet à mes côtés puis tendis l’oreille.

Grâce à la brume et aux nuages, nous étions invisibles. Nous étions dans l’eau, ce qui empêchait à l’animal de nous rejoindre ou même de sentir notre odeur immédiatement réduite en cendre à cause de la chaleur. Puis je posai mes yeux sur les cheveux d’Ozan et décidai de lui enfoncer la tête dans l’eau avant de faire de même. Avec un peu de chance, l’odeur des cheveux s’effacerait aussi. Ou se dissiperait légèrement. Un râle puissant déchira l’air, suivi d’une flopée d’insultes et de menaces. Le traqueur nous savait quelque part, mais ignorait où. Et il ne bougerait pas avant de s’être totalement lassé ou d’avoir trouvé une nouvelle proie.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Dim 25 Jan - 18:58
Wow. Wow wow wow wow wow wow. Les choses allaient bien plus vite que je ne l'aurais cru. Je veux dire, oui, ok, elle m'avait embrassé. Oui, je l'avait enlacée. Oui, je lui avais tenu la main – en partie parce que j'avais peur que sinon elle s'échappe sans moi -. Oui, j'ai parlé de dormir avec elle. Mais là, je dois dire que je ne m'attendais pas à ça.

Laissez moi vous expliquer. Après s'être soudainement arrêtée une deuxième fois, Kalliópe m'attrapa et me plaqua contre un arbre en m'empêchant de bouger. Et c'est là que les choses deviennent compliquées. Elle regarda à dans la nuit tout en semblant apercevoir quelque chose. J'étais occupé à essayer de distinguer ce qu'elle fixait comme cela, lorsque tout d'un coup, elle attrapa ma veste, me l'enleva, et fit de même pour le reste de mes vêtements. Je me sentis soulagé quand je vis qu'elle n'essayait pas de m'enlever mon caleçon. Puis elle fit de même pour elle avant de disparaître derrière un buisson à quelques mètres de notre emplacement actuel. Je n'eus toutefois pas le temps de m'inquiète puisqu'elle fut de retour quelques secondes après seulement, cette fois sans la boule de vêtements qu'elle portait juste avant. Elle avait donc du s'en débarrasser je suppose.

Tandis qu'elle m'entraînait de manière discrète dans la foret, je commençai à comprendre que nous étions traqués,et qu'il valait mieux ne pas faire de bruit. Et tant mieux, parce que je crois que j'aurai pu tout faire capoter si je n'avais pas compris. Toujours est-il que ce fut ardu de garder le silence lorsqu'elle m'emmena au bord d'une crevasse dont s’échappait une grande quantité de vapeur et me fit venir dans l'eau avec elle. De plus, une fois arrivés au milieu de l'eau, elle prit ma tête et commença à l'enfoncer dans l'eau, peut-être dans l'espoir de me noyer. Malheureusement pour elle, je peut tenir ma respiration pendant plus que deux secondes, donc elle aurait sûrement dû me maintenir dans l'eau un peu plus longtemps.

Lorsque nous fûmes tous deux à la surface, attendant sûrement que notre chasseur se lasse, sans aucun bruit, je n'aurais su dire ce qui me faisait le plus rougir de l'eau bouillante ou du fait d'être à moitié nu, collé contre Kalliópe. C'était une situation assez gênante. Et pour ceux qui demandent, non, je ne vous décrirais pas à quel point c'est agréable d'être en contact avec sa peau ou encore la beauté qui émane d'elle. En tous cas, la scène était magnifiquement paisible. Il faut absolument que je m'en serve pour un prochain tableau. Imaginez, deux êtres que tout oppose, ou presque, cachés dans une brume épaisse, à demi-nu, le garçon, regardant timidement la jeune fille serait ébloui par toute la grâce que peut dégager une personne aussi sauvage. Et en complément, la Lune était là, éclairement timidement leurs visages, juste assez pour qu'ils puissent se distinguer à travers les gouttelettes qui flottaient dans l'air.

Magnifique n'est-ce pas ? Dans ce genre de moment, on se dit que ça pourrait durer toute l'éternité, que rien ne pourrait jamais briser ce moment qui pourrait être interprété comme étant d'une romance extrême, non ? Eh bien moi, je sais ce qui marche à tous les coups pour casser l'ambiance. Il suffit qu'un idiot ne sache pas se taire.

« Je suppose que du coup, on va pas dormir tout de suite ? Ou alors, si c'est ça ton chez-toi, permet moi de douter de l'aménagement. chuchota le briseur de romance professionnel, puis, en se rendant compte qu'il n'est qu'un idiot Pardon. Je crois que je devrais arrêter de parler par moments, ça pourrait être cool. »

Désireux de cacher ma gêne et mon envie de suicide, je me rapprochai de Kalliópe pour l'enlacer encore une fois. Les câlins ont ça de pratique qu'ils permettent de dissimuler aisément le visage des personnes concernées. Autant en tirer parti. Elle ne sembla pas me rejeter, et ça, c'était une bonne chose, et en l'instant, j'espérais secrètement que le chasseur resterait dans les parages pour toujours. Oui, je pourrais définitivement mourir dans cette position. Je crois bien que je n'ai jamais été aussi apaisé que maintenant, où la chaleur de l'eau se frayait un fin passage entre nos deux corps, collés. Le seul problème que je voyais à cette position, à vrai dire, c'était la difficulté que nous avions alors à ne pas couler. Difficile de nager quand vous avez les bras autour du cou d'une sauvage n'est-ce pas ? Fait amusant, par moment, je pouvais entendre quelques pensées pour le moins indécentes émanant de Kalli. Je me répète sûrement, mais on dirait parfois qu'elle m'apprécie quand même un peu. Toujours plus que la première fois que je l'ai rencontrée, où elle était sûr le point de faire de moi son prochain repas. En parlant de repas, la faim commençait à venir très sérieusement, et j'avais beau vouloir rester ainsi pour toujours, j'espérais un peu que le chasseur partirait bientôt, histoire que l'on puisse finalement trouver un repas ou du moins quelque chose à grignoter.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Dim 25 Jan - 20:44
J’avais tous mes sens en alerte. Ma vue, mon ouïe et surtout mon toucher. J’essayais de me concentrer sur les déplacements bourrus de notre traqueur, j’essayais vraiment, mais je n’y arrivais pas complètement. Je sentais le souffle d’Ozan près de mon cou, je sentais ma main agrippée à son bras, je ressentais chaque parcelle de sa peau qui était en contact avec la mienne. J’avais l’impression qu’il était une sorte d’extension de ma personne, en mieux. Tous les mouvements qui agitaient son corps se répercutaient sur le mien. Je me laissai bercer par tout ce qu’il dégageait sans réellement me questionner. Un frisson me parcourut quand son chuchotement vint se loger au creux de mon oreille. Une sensation qui parcouru toute mon échine, pour finir par se cramper le long de ma nuque. Puis quelque chose sorti de ma bouche, malgré moi. Ce fut étrange, tant ce fut sincère. Une espèce de petit rire étouffé, comme si ce qu’Ozan était drôle, comme si la situation poussait à faire des blagues, comme si rire n’avait rien de dangereux. A l’instant où je remarquai cet égarement de ma part, il était déjà trop tard. Ozan avait déjà gagné tout ce qu’il y avait à gagner. Et il ne prenait même pas ça pour un jeu, ce qui le rendait d’autant plus gagnant que cela m’agaçait.

Des bruissements de feuilles se firent entendre, comme si les pas semblaient s’éloigner. Peut-être Ozan ne l’avait-il pas remarqué, peut-être n’était-ce que le fruit de mon imagination mais à cet instant, le jeune homme décida de rapprocher mon corps du sien, ce qui me fit oublier ce détail. Au lieu de me répugner et de mettre en alerte, je me sentis soudainement apaisée. Je me relâchai complètement, m’abandonnant à sa personne. Et pour cause, car en plus de n’avoir que très peu pieds, je n’étais même pas en mesure de me débattre si jamais quelqu’un nous attaquait. J’étais complètement accrochée au jeune homme, lové au creux de mon cou. A chacune de ses expirations, des multitudes d’aiguilles s’enfonçaient à des endroits aléatoires de mon corps. Et c’était loin d’être la sensation la plus désagréable à laquelle j’ai pu faire face dans ma vie. Mais ce n’était pas non plus la plus agréable. Je n’étais pas, à cet instant, en mesure de savoir ce que je ressentais avec exactitude. Ce qui était une première.

Pendant encore dix minutes, nous restions ainsi, sans bouger, sans oser se déplacer d’un seul centimètre. J’essayais de me concentrer sur les bruits environnants, pour savoir si l’affreux était toujours dans les parages ou non. Mon instinct me murmurait qu’il n’était pas parti bien loin et qu’il fallait rester ainsi … ou alors était-ce seulement ce que me murmurait cette étrange voix dans ma tête qui s’amusait à m’envoyer d’étranges images de temps à autres. Au bout d’un moment, je réalisai que j’étais à moitié nue collée contre Ozan. Oui. A cette seconde précise, je remarquai enfin dans quelle situation je venais de me mettre. Je revis ce moment où je lui arrachai ses vêtements. Je me rappelai à quel point toute cette histoire pouvait être ambiguë. A quel point il avait pu penser autre chose. A quel point … plein de trucs en fait. Je me mis à rougir – fort heureusement, la nuit noire l’empêchait sûrement de voir ce genre de détails, et la chaleur environnante expliquerait pourquoi mon visage était bouillant. Je me reculai lentement, complètement honteuse ; dans un premier temps de nous avoir mis dans une telle situation, et dans un deuxième temps de penser qu’il puisse penser que cette situation soit le fait d’une vile manipulation de ma part.

J’enfonçai la moitié de ma tête dans l’eau et, à ma grande surprise, cherchai quelque chose à dire. Ce qui était une grande première. Preuve ultime que j’appréciais ce jeune homme – car oui, le fait d’avoir des pensées salaces ne comptaient ÉVIDEMENT pas comme une preuve.

« Désolée. De t’avoir enlevé tes vêtements. Sans te demander. Et de t’avoir traîné dans l’eau. Et de t’avoir rien expliqué. Et d’avoir enlevé les miens. Et d’avoir rendu la situation bizarre. Et j’aime pas parler autant. Alors je vais me taire. Voilà. Désolée. »

A cet instant précis, je ne saurais dire si j’avais honte d’avoir parlé ou si j’avais honte de m’être excusée. Ce genre de chose n’était en rien dans mes habitudes et de le faire me donnait une image de moi tout à fait pathétique. Et limite répugnante. Ce n’était pas franchement digne de ma réputation – pas que j’en aille quelque chose à faire, mais vous avez saisi l’idée. Comme pour m’enfoncer encore un peu, je me raclai la gorge. Énième tentative de cacher ma gêne, je suppose. Puis mon ventre hurla de faim. Et d’autres parties de moi hurlaient de faim aussi, mais d’un autre genre. Ce qui était surprenant puisque je ne savais même pas que ce genre de parties de mon corps pouvaient servir à quelque chose, alors autant vous dire que j’étais un peu paumée – au cas où vous ne l’auriez pas vraiment remarqué. Je décidai donc de changer de sujet.

« Sinon, je peux voir dans le noir mais je perd l’audition. C’est plutôt cool comme truc. T’as un truc cool toi ? »

Outre ton corps de rêve, ta voix merveilleuse, ton regard de braise et tout ce que s’ensuit.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Dim 25 Jan - 22:34
Décidément, je ne sais pas comment elle fait son compte, mais Kalliòpe peut être la plus terrifiante de toutes les personnes du monde à un instant, et le moment d'après, être plus mignonne que... je sais pas moi, on va partir sur un chioton, pour rester dans les clichés. En l'instant présent, je la trouvais incroyablement adorable, la façon dont elle cachait sa gêne en plongeant son visage à moitié dans l'eau était tout à fait charmant. Par la suite, elle tenta de s'exprimer, et malgré le fait que sa bouche était à moitié dans l'eau, j'arrivais à percevoir certains des mots qu'elle prononça. En gros elle s'excusait. En parlant autant que je le fais habituellement. J'appréciais énormément de découvrir ainsi de nouvelles facettes de Kalli, elle qui était si renfermée et hostile à mon égard. Maintenant, elle en venait même à s'excuser. Et même si il y avait fort à parier qu'elle en aurait honte par la suite, moi, je trouvais ça juste super génial. Genre, vraiment.

Après ce qui m'apparu comme un instant d'hésitation, elle me dévoila finalement son secret. Comme quoi elle pouvait voir dans le noir en échange de son ouïe. Ça expliquait donc pourquoi elle avait pu voir le chasseur lorsque je peinais à seulement la voir elle. Quelle chance elle a ! Son pouvoir est génial ! Comparez le au mien, et le choix est vite fait. Certes, ne plus rien entendre peut-être extrêmement handicapant, surtout pour une chasseuse, mais pour s'en sortir dans cette foret la nuit, ce don est quasiment indispensable ! Un aubaine pour elle, vraiment, qu'elle ait eu la chance de posséder une telle capacité. Moi par contre...

Je rougissais plus encore rien qu'à m'imaginer tout ce que mon « don », que j'avais tendance à appeler une malédiction plus qu'autre chose, m'avait permis de voir et entendre. Vraiment, pour une sauvage, Kalliòpe avait l'air d'en savoir des choses. Bien plus que moi en tous cas. Et toutes ces choses qui étaient faites dans ses pensées... Je ne savais pas si je les voulais ou pas à vrai dire. Sur le coup, je n'avais pas tellement été choqué, mais maintenant que j'y repense... Définitivement, je ne sais pas. Je ne sais pas si je voulais ou pas. Et là tout de suite, avec le danger de mort pas si loin que ça, je ne sais pas exactement si j'étais apte à faire un tel choix. Ni si j'en ai envie. Non oui peut-être je sais pas je sais plus non peut-être. Boum, surchauffe de mon neurone.

Rester calme, respirer, inspirer, expirer, inspirer, expirer... Là, là, tout doux Ozan, tout va bien se passer. Calme toi, et répond à la jolie madame. Très jolie d'ailleurs, ses yeux brillaient dans le noir. J'adorais ses yeux autant qu'ils me perturbaient sur mon visage. Ses magnifiques yeux tantôt vermeils, et souvent bruns, mais tout le temps hypnotisant. Ses longs cheveux verts flottaient à la surface de l'eau, s'étendant, comme s'ils donnaient leur magnificence au liquide et le transformaient peu à peu en une flaque émeraude. La lune, reflétant dessus, donnait au tout une légère teinte argentée scintillante qui n'ajoutait que de la beauté à toute cette perfection. Décidément, il me fallait l'autorisation de Kalli pour la peindre. C'était impératif.

« Je ne suis pas exactement certain que j'appellerais ça un « truc cool »,mais je suppose que tu dois faire référence à mon pouvoir. Tu sais, peu de gens savent que je le possède, et je pense que tu n'aimerais pas vraiment savoir qu'il s'agit de la capacité de lire dans les pensées des gens. Automatiquement. Lorsqu'ils pensent à des choses... Comme celles que tu as beaucoup pensé aujourd'hui. Où on est tous les deux. Vraiment vraiment vraiment très proche. Ce genre de trucs tu vois. Et euh, ne t'inquiète pas, ça me pose pas de problème que tu penses à ce genre de choses, je veux dire, je suppose que c'est normal, je crois, possiblement en tous cas, enfin bref, pardon j'aurais peut-être pas dû te le dire.  »

Par réflexe, je plongeai moi aussi ma tête dans l'eau, comme pour cacher ma honte. Je sais pas si je devrais avoir honte ou pas en fait, techniquement, je n'ai rien fait de mal, mais tout de même, j'étais mal à l'aise quand je parlais de mon pouvoir et de ce que ça impliquait.

« Désolé. Je voulais pas violer tes pensées et tout, si je pouvais, je m'empêcherais de le faire, mais ça se déclenche un peu tout seul... Tu as le droit de me détester, ne t'en fais pas.  »

Honteux, je baissai les yeux et préférai regarder son reflet plutôt que de confronter directement son regard, sûrement plein de mépris et de dégoût pour l'être infâme que je suis.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Lun 26 Jan - 13:28
J’essayais de reprendre mes esprits. Depuis quand Kalliòpe Salvaxe, terreur de la forêt et être socialement inadapté se mettait à faire la gentille petite froussarde à moitié nue, dans les sources d’eau chaude, pendant qu’un détraqué essayait d’en faire son repas ? Je veux dire, soyons honnête : ce n’était pas moi. D’un instant à l’autre, j’allais de nouveau péter les plombs et j’allais devoir enfoncer un pieu dans le cœur de cet ignare qui se pensait assez noble pour m’avoir. Qui, sur cette planète, peut espérer avoir une chance contre moi ? Même face à ses centaines de kilos de muscles, il ne faisait pas le poids. Il marchait dans mon domaine. Sur mes terres. Et l’entendre ruminer, non loin de là, avait tendance à me rendre folle. Puis d’un autre côté, de fins filets de clair de lune transperçaient les nuages et me permettaient de distinguer Ozan. Et ce fut comme si l’affreuse bestiole que j’étais se transformait en petite boule de laine rien qu’en fixant ses yeux. Vous voulez un mot pour décrire tout ça ? Pathétique.

Ozan parla. Pendant un petit instant. Puis pendant un long instant. Il se mit à décrire son pouvoir. Je ne l’écoutai qu’à moitié, concentrée sur les mouvements gras de ce pseudo traqueur qui nous attendait. Il avait repéré le son de nos voix, il savait qu’on était par là, et il n’attendait qu’un faux mouvement de notre part pour attaquer. Un léger courant nous déportait légèrement, Ozan et moi, sans vraiment que nous n’y portions attention. « … la capacité de lire dans les pensées des gens » avait suffi à ravoir mon attention braquée sur lui. Je l’écoutai à nouveau, à moitié curieuse, à moitié subjuguée par sa capacité à aligner une flopée de phrases sans s’arrêter. Puis je devins légèrement rouge au moment où ma tête cogna contre un rocher. J’avais de nouveau pieds, et je sentais le sol jonché de cailloux. C’était désagréable, pointu, coupant … alors une idée me vint à l’esprit. Pendant quelques secondes, j’oubliais presque la révélation d’Ozan.

Il pouvait écouter cette voix dans ma tête. Il pouvait lire toutes les sensations étranges qui me venaient à l’esprit quand je le voyais. Peut-être était-ce pour ça qu’il avait continué de me suivre, afin de parvenir à exhausser ses - mes ? - envies malsaines. Mais l’heure était à la guerre. Bien sûr, le jeune blondinet se trouvait être atrocement mignon, entrain de boire de l’eau à grande goulée tant il avait honte. Sur le coup, j’aurai sûrement dû être énervée par son pouvoir : moi-même je ne savais pas forcément gérer ce qui se trouvait dans ma tête durant ce genre de moment … Puis je réalisai qu’il ne devait pas être dans un meilleur état. Il avait dû se voir dans des drôles de positions et tout ça avec d’autres gens, et ce n’était pas forcément facile de vivre comme ça. Au final, je ne m’en tirais pas si mal que ça en perdant mon audition.

D’ailleurs, j’activai mon pouvoir pendant quelques microsecondes. La Bête n’était pas loin du rivage. A quelques mètres seulement. Elle sentait que nous n’étions pas si éloigné que ça. Elle salivait d’avance à l’idée de nous capturer. Mais elle se voulait discrète – quel dommage d’avoir une si haute estime de ses piètres capacités – donc elle ne mit que deux pieds dans l’eau. Je retrouvai l’audition et me pencha lentement sans l’eau avant d’attraper un caillou pointu, que je coinçais dans … ce qu’il me restait de fringues. Puis, je fis quelques brasses, pour me rapprocher d’Ozan, et j’attrapai son menton pour lui relever la tête. Puis d’une voix forte, j’entamai mon plan :

« Et alors, mon cher et tendre, n’as-tu donc pas apprécier ce que tu as vu ? »

Il était clair que non, mais là n’était pas là le problème. Je continuai de rapprocher mon corps du sien, d’agripper sa hanche pour le coller à ma personne. Ma voix se voulait légèrement suave – j’avais vu des femmes faire ça pour de vrai, je ne comprenais toujours pas pourquoi ça marchait.

« Tu sais très bien que tu peux avoir tout ce que tu veux, quand tu veux … Après tout, tu as bien une idée d’à quel point je te désire, mon brave Ozan … »

J’étais si proche de lui, que c’était à se demander pourquoi nos corps n’avaient pas totalement fusionné. Bizarrement, dans ce jeu, une partie de moi était plus ou moins sérieuse. L’autre se concentrait sur les mouvements de l’eau, signifiant que le traqueur s’approchait lentement.

« Je ne me lasserai jamais de tout ce que tu peux faire … Un tel art n’est pas à négliger … Je serai tienne à jamais, si tu pouvais me montrer jusqu’où tu peux aller… »

Pendant un instant, l’eau resta stagnante … A croire que l’Affreux prenait du plaisir à m’écouter parler comme ça et à imaginer la scène. Cette idée me révulsait à un point inimaginable. Je haïssais ce personnage encore plus qu’avant. Ce pourquoi je me décidai à embrasser goulûment Ozan à cet instant. Je m’excuserai, une nouvelle fois, plus tard. Bizarrement, ce qui devait être un jeu de rôle pris une tournure beaucoup plus … agréable, je dirai. Puis je sentis des mouvements d’eau sur le côté, beaucoup plus rapides. Je relevai mes jambes, pris appui sur les cuisses d’Ozan et le poussai en arrière assez violemment – je m’excuserai pour ça aussi. A ce moment, l’énorme montagne s’abattit devant moi. J’attrapai à la volée mon arme de fortune et lui planta en plein dans la nuque. Je le sentis, dans un dernier espoir, m’attraper la jambe et me la coincer jusqu’aux genoux sous son poids. Et je pris une grande inspiration d’eau brûlante, qui s'écoula le long de ma gorge comme une coulée de lave ardente. Peut-être que je ne pourrais jamais m'excuser, au final.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Lun 26 Jan - 20:16
Il n'y a pas à dire, elle était douée. Je veux dire, elle jouait tellement bien la comédie qu'elle avait failli m'y faire croire hein ! Bon ok, la vérité, c'est que je me suis complètement fait avoir. Après s'être rapprochée et m'avoir sorti la tête hors de l'eau, elle se mit à me parler d'une voix la plus suave possible, et je dois avouer que ça ne nous laissait pas indifférents, mes hormones et moi. Elle me demandait d'abord si je n'appréciais pas ce que j'avais vu, et si je ne pouvais répondre tellement je m'en trouvais gêné, mon esprit acquiessait follement. Mon corps aussi d'ailleurs, mais c'est une autre histoire, et j'espérais très sincérement que ça passerait innaperçu, sinon je pense que je me suiciderais sur le champ. Puis elle colla ses hanches aux miennes et tout espoir de discrétion s'envola, car malgré le fait qu'elle n'aie fait aucune remarque, je ne doutais pas qu'elle le sentait.

Par la suite, elle a parlé d'avoir tout ce que je voulais,et d'à quel point elle me désirait, et là, je peux vous assurer que mon esprit était déjà parti. C'était mon tour d'avoir des images inprononçables dans la tête, inspirées grandement de ce que j'ai pu voir de sa part. Je réprimais ces dernières avec ardeur jusqu'à ce qu'elle parle de tout ce que je pouvais faire. Je vous assure, entre son regard scintillant, sa voix enjoleuse et ses propos plutôt tentants, je devais me faire violence pour résister, d'autant que le baiser qu'elle me donna la seconde d'après acheva de me convaincre que je le désirais. Jusqu'à ce qu'elle me repousse violemment. Et c'est en voyant l'énorme masse s'affaler à l'endroit où je me positionnais au préalable que je commençai à comprendre. Elle jouait la comédie. Peut-être depuis le début. Si ça se trouve, elle avait tout prévu et voulait juste pouvoir tuer notre superbe chasseur. Mais alors qu'elle avait réussi à mettre fin à ses jours, elle sembla  happée par l'eau et fut engloutie d'un coup. L'homme lui serait-elle tombé dessus de tout son poids, l'empêchant alors de se relever ?

Elle avait beau m'avoir certainement menti sur toute la ligne, je ne l'en aimais pas moins, et je ne désirais pas la laisser mourir ainsi. J'ai déjà du mal à laisser un petit animal se faire ataquer par un plus gros sans m'en mêler, alors laisser crever l'incarnation divine de la beauté et de la perfection ? Aucune chance que je laisse cela se produire. Sans plus rien penser d'autre qu'au sauvetage de cette sauvageonne, je plongeai sous l'eau pour repousser tant bien que mal le gros tas. L'adrénaline aidant beaucoup, je n'eu en vérité que peu de problème, mais j'aime bien faire genre que je dois me démmener pour la sauver, ça me donne du style je trouve.

Fort heureusement, le rivage ne se trouvait qu'à quelques mètres, il semblait donc que nous ayons dérivé pendant que je l'enlaçai et qu'elle faisait semblant de m'apprécier. La rammenant sur le bord et me coupant les pieds au passage – mais je ne remarquerai cela que plus tard, une fois la sauvage hors de danger -, je la déposai délicatement au sol et contemplai son visage endormi avant de me rappeler soudainement qu'elle avait toujours besoin d'aide. Ouvrant sa bouche, je lui insufflai de force de l'air dans les poumons avant d'appuyer avec vigueur sur sa poitrine dans l'espoir de faire ressortir l'eau coincée. Je répétai l'opération plusieurs fois jusqu'à ce qu'elle se réveille finalement, puis je me levai et lui tournai le dos.


« Tu sais, je suis vraiment tombé dans le panneau. Tu aurais pu me prévenir de jouer la comédie, je suis pas mauvais acteur en vrai. Si tu m'avais demandé gentiment plutôt que de me faire tomber amoureux, je n'aurais pas vu de problème pour jouer ton jeu et attirer l'autre gros tas dans ton putain de piège.  » je m'exprimais rarement dans la sorte, mais là, toute mon amertume pouvait se ressentir dans ma voix et je n'arrivai pas à retenir les quelques larme qui coulaient sur mon visage.  « Maintenant que tu es sauvée, je crois que je vais rentrer chez moi. Je suppose que tu ne trouves plus d'utilité en ma compagnie, donc tu voudras bien me laisser partir n'est-ce pas ?  »

Cette fois les larmes coulaient définitivement et allaient finir leur chute sur le sol, brisant le silence qui suivait ma réplique. Je n'étais pas sûr qu'elle m'ait entendu, comme d'habitude, mais ça m'était bien égal.


« J'espère que tu es fière d'avoir été mon premier amour et de m'avoir menti ouvertement. Bravo, tu viens de me faire perdre toute ma foi en l'humanité en l'espace d'une journée.  »

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Lun 26 Jan - 20:46
Je dois vous dire que j’ai très souvent été face à la mort. A vrai dire beaucoup de plus fois que je voudrai l’avouer. Mais à chaque fois, j’avais un plan de secours. J’avais une idée derrière la tête. Quelque chose qui faisait qu’au final, même si j’avais été à deux doigts de rejoindre le royaume d’Hadès, je ne le faisais pas. Et mon ennemi, quant à lui, y allait au galop. C’était un peu mon but dans la vie : vivre. Alors, voilà, je vous vois venir avec grandes phrases philosophiques comme quoi il y a plus que ça, et tout ça. J’imagine déjà, Ozan, me faisant un discours comme quoi il préfèrerait mourir plutôt que de passer ne serait-ce qu’un seul jour sans peindre et tout ce qui s’ensuit. Mais vous savez quoi ? Là n’était pas le problème. Le problème était que, à cet instant précis, j’avais tellement pensé à sauver Ozan que j’en avais oublié de penser à ma propre survie. Et me voilà donc, coincée sauf une tonne de gras, entrain de lentement mourir. Au moins, je serai morte en lui ayant volé un dernier baiser, ce qui n’était pas une si mauvaise façon de finir ses jours.

La dernière sensation que j’eue avant de sombrer dans une demi-inconscience fut celle du feu lui-même se déversant dans mes poumons. Rien de très agréable. Surtout quand, à tout cela, s’ajoutait un délicat filet de sang fraichement servie. Puis, juste après ça, le néant. J’avais l’impression de flotter dans une sorte de rien, et que petit à petit, ce rien commençait à m’étrangler, pour finir par me donner le choix entre mourir écrasée ou mourir étouffée. Autant vous dire que j’avais connu des choses plus marrantes. Puis soudainement, je fus arrachée brutalement de cet état de latence pour finir par être aveuglée par une sorte de lumière – ce qui était surprenant car ce fut à ce moment que j’ouvris les yeux et qu’il faisait toujours nuit. Pendant un instant, je fus complètement paumée. Pour tout vous dire, j’étais incapable de trouver ne serait-ce que mon nom. Puis une voix me tira de ma torpeur. Une voix masculine. Familière. Ozan. J’essayai de me relever, en vain. Je ne sentais même pas mes propres muscles. Peut-être étais-je démembrée, au final. Ce qui pourrait se révéler assez embêtant.

« ton putain de piège » cracha t-il avec dégout. J’eus l’impression de me prendre un coup de poignard dans le ventre – et je savais de quoi je parlais, en passant. J’essayais d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais aucun son n’en sorti. J’essayais de me redresser mais je ne fis que m’enfoncer une pierre dans la main. Je n’eus même pas la force de hurler – de toute façon, ça ne faisait pas si mal que ça. « Donc tu voudras bien me laisser partir, n’est-ce pas ? » Mon corps entier hurlait un NON tonitruant mais, de nouveau, rien de plus ne sorti du lot. J’étais énervée. Enervée contre moi-même, contre mon corps, contre cette terre entière. Ozan avait sûrement été la seule personne sur présente ici-bas à me donner l’impression d’être quelqu’un de bien et je venais de tout ruiner. Entre ma fierté et ça, je pouvais m’auto-décerner la médaille de la connerie.

Peut-être la rage était mon moteur. Peut-être était-ce la colère qui pouvait me faire faire des folies. Peut-être était ça la raison de mon existence… Puis je réalisai que non. C’était l’idée qu’il puisse partir qui me motivait. Je réussis à prendre appui sur mes mains, à relever ma poitrine. Ma bouche restait, pourtant, silencieuse. Je me mordis la langue jusqu’au sang, dans l’espoir vain que cela la réveillerait, mais rien ne changea. « Bravo, tu viens de me faire perdre toute ma foi en l'humanité en l'espace d'une journée. » Je le sentais, je le sentais d’ici, sa voix cassée, ses larmes sur ses joues. Je pouvais presque les sentir sur mes doigts – d’un autre côté, vu que je saignais pas mal, ça devait jouer. Je me haïssais avec une telle force qu’à côté de ça, mon amour pour l’humanité était fulgurant.

Je réussi à me mettre sur mes jambes au moment où il s’éloignait. J’essayais tant bien que mal d’avancer, mais je remarquai ma cheville, étrangement gonflée. A croire que je me l’étais tordue – c’était bien ma veine. Pourtant, malgré toute la douleur physique que j’aurai pu ressentir, je n’étais torturée que par celle qui habitait mon cœur – non, je n’étais pas cardiaque pour autant. J’avançais, d’un pas, puis deux, puis de trois, quand Ozan en faisait dix puis vingt. J’étais complètement désespérée. Je ne savais pas grand-chose de lui au final. Je ne saurai jamais le retrouver - quoique. Toutes les fois où il me parlait de lui, je n’écoutais pas. Je me détestais encore plus. J’étais tellement rongée par tout que je mis à prier. Prier une quelconque divinité, prier une quelconque personne, entité pour m’aider. Et à ce moment-là, heureux hasard, je parvins à m’exprimer :

« OZAN. »

Pour tout vous dire, jamais de ma vie je n’avais hurlée aussi fort. Il faut dire que ça avait le don d’attirer toutes sortes de merde, comme des ours qui veulent vous trancher le bide par exemple, mais c’était une autre histoire. Avec cette obscurité omniprésente, je serai incapable de dire s’il m’avait ignoré ou s’était arrêté. Je continuais malgré tout sur ma lancée.

« Ton pouvoir ne ment pas. Ce n’était pas inventé. Et je rêverai de pouvoir t’embrasser à chaque seconde de ma vie. Je m’arrêtai un instant, consciente que je n’avais jamais été aussi émotionnelle de ma vie, puis je repris, plus bas cette fois. Sauf peut-être maintenant, car j’ai du sang dans la bouche. Et pas que le mien. C’est dégueulasse. Enfin bref.. »

Je ne savais pas s’il m’entendait. Je ne savais pas s’il était toujours là. Peut-être l’avais-je perdu pour toujours au final. Ce fut à ce moment là, histoire d’accentuer le côté fille en plein désespoir que ma cheville me lâcha. Je m’effondrai, genoux à terre – bonjour le bain de sang que je me prenais ce soir. J’avais sûrement tout perdu à ce moment.

« Je suis tellement désolée. »

Je sentis presque une larme couler le long de ma joue, mais c’était sûrement du sang.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Mar 27 Jan - 18:54
« OZAN. »

J'étais déjà loin, fulminant de rage, désireux de taper sur quelque chose lorsque j'entendis mon nom résonner dans la foret. Je me figeai net. Il n'y avait pas un bruit aux alentours, seul mon nom prononcé par Kalliòpe résonnait dans mes oreilles, encore et encore, en attendant une suite. Malgré ma colère évidente, je voulais savoir. Je voulais savoir ce qu'elle avait à me dire. Pas la moindre goutte d'espoir ne se trouvait dans l'océan de peine qui imbibait mon crâne, mais je voulais entendre et voir si elle s'en voulait quand même un peu. Puis lorsque ses prochains mots percèrent à nouveau le silence pesant, je me retournai puis avançai à nouveau dans sa direction.

Je n'arrivais pas à croire ce que j'entendais, et pensais rêver, ou que j'étais en train de simplement devenir fou. Mais lorsque je fus assez près pour pouvoir l'observer, et que je vis ses lèvres bouger, je ne pouvais définitivement plus douter. Elle s'exprimai vraiment, et avec des mots d'amour pour couronner le tout – enfin, sauf la partie parlant de sang, je pense pas que ce soit une référence amoureuse ou quoi que ce soit.

Je ne savais pas si je faisais bien de la croire, mais la tristesse dans sa voix me persuada qu'elle disait la vérité. C'était le même genre de tristesse que j'avais quelques minutes auparavant, lorsque je pensais encore qu'elle m'avait menti. Je pouvais sentir dans ses paroles qu'elle ne plaisantait pas, que chaque mot qu'elle prononçait était vrai, et son allusion à mon pouvoir que ni mentait pas me fit définitivement revenir à la réalité. Quel idiot ai-je été d'oublier ce détail ! Mon pouvoir s'était activé si souvent ce soir que j'en avais mal à la tête, alors comment était-ce possible que j'aie douté un seul instant de ses sentiments ? C'était ridicule. J'étais ridicule. Et monstrueux par dessus le marché, car dans mon délire, j'ai fait du mal à la créature la plus parfaite de la création.

Alors que j'étais occupé à m'insulter de tous les noms et à me décrire comme l'être le plus stupide qui ait jamais existé, je la vis tomber au sol. Dans un mélange d'effroi et de surprise, je restai figé une seconde, le temps qu'il lui fallait pour s'excuser. N'attendant pas plus, j'accourus à ses côtés, ignorant totalement la douleur que je ressentais en me sciant les pieds nus - dans ma rage, j'avais possiblement oublié de chercher mes habits. Je lui relevai la tête et l'embrassai, en pleurs.

« Je me fiche que tu aie du sang, si je veux t'embrasser, je t'embrasse. Je suis terriblement désolé Kalliòpe. Je m'en veux tellement. J'ai agi sans réfléchir et je t'ai blessée alors même que tu essayais juste de me sauver. Je ne suis qu'un idiot qui ne mérité clairement pas une fille aussi géniale et parfaite que toi. J'espère que tu me pardonneras un jour.  »

Ceci étant dit, je jetai un œil à sa jambe. Ça s'annonçait mal, elle allait être dans l'impossibilité de marcher pendant plusieurs jours, peut-être des mois même. Mon premier réflexe fut de vouloir aller chercher un docteur, puis je me rappelai d'un détail qui pourrait éventuellement avoir son importance. Je n'étais pas au village. Donc pas de médecin dans les parages. Donc j'allais devoir m'occuper de la belle tout seul. Sans réfléchir d'avantage, je la pris des mes bras telle la princesse sauvage qu'elle est, et me relevai.

« Attention, ça risque de brûler.  »

Je dis cela tout en la plaçant dans l'eau, puis frottai chaque partie ensanglantée, tout en faisant bien attention à éviter d'appuyer sur les endroits blessés. Après l'avoir sortie de l'eau, je repartis à la recherche de l'immense cadavre et lui arrachai quelques bouts de tissus pour bander les nombreuses plaies de Kalli, sans même penser aux miennes. Ceci fait, je la repris dans mes bras et me mis à marcher en direction de la foret pour m’apercevoir que nos vêtements manquaient à l'appel. Bah bien sûr, la journée était pas assez pourrie comme ça n'est-ce pas ?

« Je suis désolé, mais je crois que tu vas devoir rester « habillée » ainsi jusqu'à ce qu'on arrive chez toi. D'ailleurs, je te laisse me guider, parce que je connais, genre, pas du tout la direction qu'il faut prendre pour y arriver. Oh et tu vas devoir me supporter encore un peu, au moins jusqu'à ce que tu sois guérie, je suis désolé. Si tu ne veux plus me voir après, je comprendrais, mais je compte pas te laisser dans la merde comme ça.  »

Pendant tout le temps où je la nettoyais, la bandait, la transportait ou lui parlait, elle restait plongée dans un état de mutisme, ce que je pouvais comprendre. Le seul moment où elle ouvra la bouche fut pour m'indiquer la route à prendre. Je marchai ainsi silencieusement dans la sombre foret, à moitié nu, portant une femme tout aussi dévêtue qui ne parlait pas, et j'attendais que finalement elle brise le silence, n'osant plus parler au risque de l'énerver.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Mar 27 Jan - 20:21
J’avais toujours pensé que le goût seul du sang était ce qu’il y avait de plus étrange pour la langue. Comprenez que cette impression d’avoir du métal fondu qui se balade dans votre bouche est unique. Sauf si vous avez tendance à boire du métal. Ce que je ne juge pas. Enfin bref, il se trouva qu’il y avait quelque chose de plus singulier encore : le mélange entre le sang et les larmes. Du métal salé. Pendant une microseconde, j’avais trouvé ce croissement tout à fait intéressant … jusqu’à que je réalise que c’était parce que Ozan m’embrassait que je pouvais disserter là-dessus – ce que j’arrêtai fissa après avoir compris ça.

Il me fallut bien un certain tems avant de réellement réaliser ce qu’il se passait. Juste assez pour qu’il se stoppe sans que je n’ai pu vraiment réagir. Ce que je trouvai fort dommage, à bon entendeur. Puis, il reprit ses bonnes vieilles habitudes : il débita un flot de parole incroyable. Pour le coup, j’aurai bien juste voulu l’embrasser à nouveau pour qu’il se taise, mais j’étais trop heureuse de le revoir, de pouvoir le toucher et que je n’osai plus l’interrompre. Et, grande nouvelle, je l’écoutais. J’aurai pu rire à plusieurs reprises, par exemple quand il disait qu’il était un être abominable et que j’étais la plus merveilleuse des créatures vivant sur cette terre, mais j’eus peur qu’il le prenne mal et s’en aille à nouveau. Je me décidai donc à ne faire apparaitre qu’un demi-rictus moqueur sur le coin de mes lèvres. Ce qu’il ne sembla pas relever.

Puis je vis son visage se déformer sous l’horreur. Sur le coup, j’aurai pu jurer que, peut-être, j’avais perdu mes sous-vêtements en route, ce qui aurait pu expliquer l’effroi sur son visage … A vrai dire, je ne voyais aucune autre raison à une telle réaction. Je n’osai pas le quitter des yeux, mais je me trouvai fort intriguée concernant la question de ma présence ou mon absence de vêtement. Il fit alors quelque chose de très étrange : il me porta. Non pas que je doutai de son talent inné pour porter les jeunes filles étalées par terre, ou que j’eus une certaine hésitation concernant sa force pour me soulever – je ne ferai aucun commentaire à ce sujet. Mais il se trouvait que je n’avais jamais été tenue de la sorte. Et si je l’avais été un jour, d’aussi loin que je m’en souvienne, il aurait été fort probable que cette personne se retrouve aujourd’hui dans l’incapacité de marcher.

Ozan fit un nouveau truc assez marrant : il me prévint de la possibilité que je me brûle. J’avais envie de lui dire « Mec, je viens d’égorger un mec de huit tonnes, tu crois vraiment que je vais craindre l’eau des sources ? Je pourrai me baigner dans le cœur de du volcan lui-même si je voulais ! » mais trouvant l’attention plutôt attendrissante, encore une fois, je préférai choisir le silence. De plus, il commença à nettoyer certaines de mes plaies et me les panser. Ce qui, encore une fois, était atrocement adorable. Pour peu, des pensées malsaines me seraient venues à l’esprit, mais je le voyais laisser de longues traces de sang sur son sillage, ce qui eut pour effet de m’alarmer plus qu’autre chose. Cependant, ayant un petit peu cerné le personnage, je savais pertinemment qu’il ferait le sourd jusqu’à que je sois complètement en sécurité et rétablie.

De nouveau, il me prit dans ses bras comme si je n’avais marchée avec une cheville ankylosée et s’excusa pour notre manque de vêtement. Ce qui, en soit, n’avait rien de dérangeant. Dans un premier temps car ceux-ci avaient sûrement disparus depuis le temps et que faire le détour aurait été épuisant. Dans un deuxième temps car collé ma tête contre son épaule me dérangeait en rien. Je n’osai pas réellement ouvrir la bouche, de peur de le vexer ou de le voir s’énerver encore. Ou de peur de briser le charme. Je ne parlai que pour lui indiquer par où passer pour aller jusqu’à ma grotte. Une fois arrivée à proximité de celle-ci, je lui fis signe de me laisser descendre de lui, ce qu’il fit, non pas à contre cœur.

Je m’approchai lentement, clopin-clopant d’un arbre et fouillai derrière un buisson pour un sortir un couteau. Avec celui-ci, je tranchai un corde, ce qui eu pour effet de révéler deux crevasses profondes de deux mètres, trois énormes pièges à ours – capable de déchiqueter un humain en deux secondes – et une dizaine de petites piques coincées dans le sol. Sur ce, je pris la main de Ozan, et slalomai entre mes pièges, lui indiquant de prendre le même chemin que moi – il y en avait d’autres cachés çà et là. Au bout de quelques mètres, nous nous trouvâmes face à une grotte, tout ce qu’il avait de plus simple. Je bifurquai donc sur la gauche, pour faire encore trois mètres, et tapai contre un rocher recouvert de lierre. Puis une entrée à côté s’ouvrit sous un buisson. Je n’osai pas lancer de regard à Ozan, de peur qu’il me juge, et décidai de lui lâcher la main au cas où il voulait encore fuir.

Nous pénétrâmes sous le rocher, et nous nous retrouvâmes dans ce qui ressemblait à un terrier de lapin. Exception faite de l’éclairage plus intense, grâce à quelques ouvertures faites en hauteur et un peu plus … un peu moins … C’était chez moi quoi. Avec des armes accrochées à certains murs, un lit improvisé, des objets divers et variés rangés à des places précises et ainsi de suite. Ozan était donc la première personne à découvrir comment entrer dans ma véritable maison sans être décapité ou sur le point de l’être. Ce qui était, en soi, une épreuve. Voyant qu’il était toujours derrière moi, je le fis s’approcher de ce qui s’apparentait à un lit et le fit s’assoir. Puis, toujours en boitillant légèrement, je me hissai près de ce qu’on aurait pu appeler une armoire pour en sortir des bandages et des lotions.

« Attention, ça risque de brûler. »

Dis-je, d’une voix qui se voulait douce mais où une pointe de sarcasme s’était glissée. Puis je m’attelai à lui désinfecter certaines de ses plaies, dont celle son pieds. Puis je bandai cette dernière. Pour finir, je réalisai enfin que nous étions tous les deux en sous vêtements. Je me retournai, afin de plus le voir – je ne saurai pas dire lequel de nous deux devraient être le plus gêné. Puis j’indiquai une sorte de pièce adjacente plongée dans le noir :

« Il y a des sortes de vêtements là-dedans si tu veux te changer. »

Ou pas, il pouvait très bien rester comme ça, ça ne me dérangeait aucunement. Mais il se trouvait qu’il y avait de fortes chances qu’il passe la nuit à se les geler. Après, il faisait bien ce qu’il voulait. Je regardai mon environnement : jamais je n’avais ressentie le besoin de tout ranger dans un autre ordre dans l’espoir que ça semble plus normal. Et jamais je n’avais aussi honte d’admettre que la moitié du peu de mobilier présent ici était fort probablement emprunté pour une durée indéterminée.

« Tu as faim ? Je devrai peut-être trouver deux-trois trucs à manger… »

Toute cette histoire m’avait complètement sapé l’appétit. Néanmoins, je m’approchai d’une des mes armoires pour en extraire certaines baies et certains morceaux de viande séchée. Ainsi, je fis semblant de préparer quelque chose, toujours en lui tournant le dos, alors que je savais pertinemment que c’était juste pour cacher le malaise.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Mer 28 Jan - 18:31
Comment se sentir idiot en une leçon simple, un livre d'Ozan El Mordor, célèbre écrivain traitant principalement des différents moyens pour passer pour un abruti auprès de la gente féminine. La leçon est simple : Il faut surtout penser à bien la sous estimer et à dramatiser chaque événement possible. Elle a une simple cheville foulée ? Faites en trop ! Pensez bien qu'elle pourrait s'être fait une quintuple fracture de tous les os de sa jambe ! Il faut vraiment y croire, si vous pensez à un seul instant que si ça se trouve, elle n'a rien, vous raterez votre coup, c'est obligé. Deuxième étape, agissez en conséquence ! Restons sur l'exemple de la jambe – ce n'est pas du tout du vécu, je vous préviens -. La meilleure chose à faire serait alors de la porter, d'essayer de lui montrer que vous êtes là pour elle et que vous pouvez l'aider !

Enfin, troisième et dernière étape, regardez la se poser au sol, fouiller par-ci par-là à la recherche de divers pièges à désactiver sûrement, puis suivez là pendant qu'elle slalome avec aisance sur un terrain qui pourrait fort possiblement être miné. Je pense qu'à ce moment là, vous pouvez vous tirer une balle si ce n'est pas déjà fait. Bon, ok, ça risque de vous surprendre mais je vais vous avouer une chose super importante. C'est ce qu'il m'est arrivé avec Kalliòpe.

Revenons à des moyens de récit plus classiques. Nous nous trouvions donc devant ce qui me semblait tout à fait être l'entrée de sa grotte, lorsqu'elle bifurqua et continua d'avancer – sans aide- pendant quelques pas. Après avoir activé une sorte de bouton secret, elle me lâcha la main et s'engouffra dans la grotte, qui m'apparut... Originale disons. Si vous veniez chez moi, vous verriez des tableaux et de la couleur partout ! Du bleu, du rouge, du jaune et du vert à ne plus savoir qu'en faire. Chez mon père, vous pourriez voir des plans de constructions, ou des inventions à l'abandon parfois. Chez Kalli, c'était une décoration d'un autre style. Je ne juge pas hein ! Mais je dois avouer que ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir autant d'armes réunies dans une même pièce. Si vous vouliez armer tout un clan pour la guerre – ce que je n'espère pas – il vous suffirait de venir ici et de vous servir, il en resterait assez pour tous les autres clans ! Bon, après, la partie « venir ici » est assez ardue, et je ne suis pas sûr que le jeu en vaille la chandelle.

Me forçant à m’asseoir et allant chercher de quoi soigner quelqu'un, elle dit une phrase qui n'était pas sans me rappeler, tant par les mots utilisés que par le ton employé, une de celles que j'avais dites plus tôt. Oui, j'ai une bonne mémoire, cherchez pas. Et en effet, quand elle a commencé à prendre soin de mes pieds, j'eu du mal à retenir un hurlement – oui, aussi virile que celui poussé lors de la chute de tout à l'heure. Finalement, elle me proposa d'aller chercher des vêtements pour m'habiller. Ah oui, en effet, je portais des vêtements très simples. Mais étrangement, cela ne me dérangeait pas le moins du monde et je me contentai de me lever quand elle proposa de faire à manger pour la faire reculer, prendre ses ingrédients et préparer un plat digne de ce nom.

Je ne la croyais pas incapable de faire à manger, rassurez vous, mais quand on vit dans trois villages à la fois, et qu'on observe les gens quasiment tout le temps, on finit par acquérir divers talents, comme celui de faire la cuisine tout en variant les plats. Ne vous méprenez pas, je n'ai rien d'un pro, mais écraser quelques baies, malaxer la viande séchée avec et essayer d'attendrir le tout, ça n'avait rien de bien compliqué. Puis y en avait marre que ce soit elle qui fasse tout là, moi aussi je voulais montrer que je sais faire des choses. Je séparai donc le tout en deux petites portions plus ou moins égales avant de regarder le mobilier.

Vraiment, elle avait amassé bien des choses intéressantes ! De belles armoires, un lit plus grand que le mien, des meubles qui ne s'accordaient pas du tout mais dont le prix individuel devait valoir plusieurs de mes peintures, un tabouret peint avec de beaux motifs signés « uazO » qui ressemblait à celui qu'on a perdu il y a deux ans, et les armes, au final, on s'y faisait.


« Pour la nuit, tu as une deuxième chambre, si jamais tu te fais des amis, ou je devrai dormir par terre ? Sache en tous cas que ça ne me dérange pas du tout hein, je suis sûr que tu es quelqu'un de très propre et que ton sol sera super agréable ! Oh et euh, tu sais que tu es pas totalement habillée toi aussi hein ? Je veux dire, j'aurais peut-être du te le signaler plus tôt ou je ne sais quoi, mais si ça te gêne de montrer autant de ton corps au presqu'inconnu que je suis, je préfère te prévenir, que tu puisse mettre quelque chose si tu en as envie. Non pas que ça me dérange, ton corps est très agréable à regarder hein, mais, je crois que je vais arrêter de parler. T'as une salle de suicide chez toi?  »

Là tout de suite, j'en aurais bien besoin. C'est la première fois que je dis ça à quelqu'un, et je peux vous assurer que plus gênant, y a pas. Bon en même temps, c'est la première fois que je vois une fille, d'autant que celle là est vraiment super jolie, dans une tenue aussi... spéciale. Je l'admirai donc encore un peu avant de me dire que je devrais peut-être pas, et que j'étais vraiment qu'un sale pervers dégoûtant. Puis pour me distraire, je regardai les peintures sur le tabouret. Elles étaient vraiment hypnotisantes, qui que soit cet « uazO », il était vraiment excellent, il faudrait que je lui parle un jour !

En y regardant mieux, je vis des trous dans les murs. Y avait-il d'autres pièces ? Mais alors, cette grotte est vraiment gigantesque, c'est incroyable. Je me demande bien si Kalliòpe a fait ça d'elle même, ou si la nature s'en est occupé et que la Perfection l'a trouvée par hasard. Ce serait vraiment une superbe coïncidence, une chance pareil.

Eh mais ce tabouret, l'écriture est à l'envers. MAIS C'EST LE MIEN.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Mer 28 Jan - 20:32
Je ne savais pas exactement quoi faire avec touts ces victuailles entre mes mains. Je ne m’étais jamais posée de questions du genre : quels genres de plat pourrais-je préparer ce soir ? Oh tiens, avec de telles baies, pourrais-je faire telle sauce ? Non, moi je me trouvais plutôt du genre à me dire : manger, tout mettre dans bouche, onomnomnom, estomac rempli. Alors autant vous dire que là, avec cette viande séchée entre les mains, je ne savais pas  du tout quoi faire. Ozan avait sûrement compris mon malaise car il s’était rapproché de moi – ignorant tout à fait mon invitation à se rhabiller – pour prendre les choses en main. A noter donc que quand il s’agissait de tuer des gros bonhommes, on devait s’en référer à moi, mais que quand il s’agissait de faire un plat potable, il fallait s’en référer à ce bellâtre. Autant avouer que cela ne me dérangeait en rien, surtout quand on considérait qu’il était tant concentré à sa tâche que je pouvais largement le reluquer sans aucune gêne prendre des notes concernant ses méthodes culinaires.

Tout en s’attelant à la tâche, le jeune homme se mit à parler. Je pris sur moi pour l’écouter, pour avaler chacune de ses syllabes, pour les imprimer dans tête. Quitte à retenir mot pour mot un de ses monologues, autant commencer par celui-là, n’est-ce pas ? Je l’écoutai donc déblatérer sur le fait de dormir par terre, de la possible propreté de mon sol – avait-il remarqué qu’il s’agissait de terre agrémenté de quelques cailloux ? – et du fait que rien ne le dérangeant. Et surtout pas mon corps. Pendant un instant, je restai stoïque à le fixer, sans réellement comprendre de quoi il parlait. Puis il enchaîna avec une salle des suicides – ce que je n’avais pas vraiment, sauf si on considérait celle où je gardais tous mes pièges mais je ne préférai pas m’avancer sur ce sujet, au cas où il était sérieux – ce qui me fit faire un léger retour en arrière concernant ses propos. Puis je compris.

Alors voilà, sur le coup, j’eus probablement très envie de piquer un fard, d’aller me cacher comme une petite fille de huit ans qui voyait trop d’adultes d’un coup et de ne plus jamais sortir de ma cachette … Cependant, vu que je n’avais jamais été ce genre d’enfant, je me mis tout simplement à sourire bêtement. Je ne savais pas réellement s’il était sérieux, ou si c’était une sorte de code social dont j’ignorai l’existence, mais sa gêne était relativement amusante. Pendant un instant, j’eus presque envie de switcher nos pouvoirs, histoire de savoir ce qu’il pensait … Puis je réalisai que c’était sûrement encore plus malsain que de penser à tout ça à la base. Et de savoir qu’il y avait accès. Ce qui me fit donc, pendant un instant, effleurer du bout des doigts ce genre d’image. Ce que donc Ozan pouvait voir. Ce qui me gêna totalement. Mais je feignis l’indifférence totale, comme si tout ceci n’était que banalité, telle l’action de respirer.

La nuit se fit de plus en plus noire, ne laissant plus que quelques filets de lumière pénétrer la grotte. Mes yeux, s’habituant malgré tout assez rapidement à l’obscurité, ne trouvèrent aucun mal à se repérer dans l’espace. De ce fait, je pus dénicher ce qui s’apparentait à des assiettes, puis des couverts – mais quelle idée franchement, de manger avec mini-armes de guerre – afin de faire régner une pseudo bienséance – ce qui, vous vous en doutez, devait donner l’air extrêmement faux, dans le sens où j’ai d’abord dû extirper un carquois avant d’atteindre les biens recherchés … Niveau crédibilité, il y avait mieux. Le repas se passa sans encombre. A défaut de m’assoir en tailleur par terre ou d’être entrain d’aiguiser une de mes lame, je proposai à Ozan de s’assoir sur un tabouret – lequel avait l’air de le fasciner.

Je n’osai pas parler. Il n’osa pas parler. La lumière était quasiment inexistante au point que je devais mes déplacements à ma mémoire seule. Après ce qui me sembla être une éternité, je lui pris la main et le dirigeai vers mon lit – qui allait donc devenir le sien pour le soir. Je le poussai légèrement pour lui faire signe de s’assoir, de s’installer et tout ce qui s’ensuit. Mes pensées étaient reparties au quart de tour, m’inondant d’images en tout genre. Éventuellement, il se trouvait que l’endroit propice à ce genre de chose se trouvait être ce merveilleux lit deux places et demi, tout à fait apte à supporter deux corps… Non, c’était trop. Je n’essayais même plus de lutter contre mes abruties d’hormones. De toute façon, Ozan voyait tout, s’il voulait faire quelque chose, il aurait enclenché le processus. Il n’était pas sot, il voyait rien que mon corps hurlait aux vices … A partir de là … Je ne voyais pas ce qu’il lui fallait d’autre.

« Tiens, installe-toi là, j’en ai un autre quelque part par-là mentis-je en pointant le vide – de toute façon il ne voyait rien. Si jamais tu te réveilles en premier, n’hésite à me réveiller mentis-je à nouveau – comme s’il pouvait se réveiller avant moi. Passe une bonne nuit, Ozan. »

Je lâchai sa main, non sans avoir insisté un petit peu sur la dernière syllabe que j’eus prononcé et m’installai gentiment par terre. Je mis à fixer le plafond – invisible, noyé dans cette noirceur impénétrable – dans l’espoir de trouver le sommeil. Mais mon imagination était beaucoup trop active pour ça. Peut-être que si je m’écartais encore davantage, cela brouillerait les ondes … Combien de mètres fallait-il avoir de distance pour espérer ne plus l’inonder de toutes ces obscénités ? …

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Mer 28 Jan - 21:19
Je ne savais pas vraiment ce que j'avais fait pour mériter tant d'attention, mais Kalliòpe pensait tellement et de tellement de choses différentes que je ne pouvais pas même réfléchir. Toutes les images et les voix qu'elle entendait se réverbéraient dans mon crâne et restaient en suspend, tandis que de nouvelles arrivaient. Si ça continuait, il faudrait faire une file d'attente pour les pensées érotiques de Kalli. Mon cerveau ne pouvait décidément pas contenir autant d'informations nouvelles, mais mon pouvoir n'avait malheureusement pas de bouton off pour que je puisse faire un break. Alors j'entendais chaque pensée de ma belle tandis qu'elle m’amenait sur le lit... Pour finalement me laisser seul dessus et s'en aller dans un autre. Hors. De. Question.

Au diable tout ce que j'ai dit sur dormir par terre, je n'en pensais pas un mot, au diable toutes ces pensées refoulées qui se cachaient à l'arrière, tout au fond de mon cerveau, je ne les caches plus. Et au diable cette fausse pudeur qu'il y a entre nous alors que nous venions de passer un grand nombre d'heures à moitié nus dans les bras l'un de l'autre. D'un bond, je me levai du lit, attrapai Kalliòpe qui n'était pas encore partie bien loin pour l'attirer vers moi. Je collai mes lèvres aux sienne dans un baiser tout ce qu'il y a de plus passionné auquel elle répondit – tant mieux, je me serais senti bien con sinon- puis nous tombâmes sur le lit, que nous partagerons alors pour la nuit entière.

« Je t'aime Kalliòpe, je suis fou amoureux de toi.  » dis-je entre deux baisers.


***

Le lendemain, lorsque je me réveillai, Kalliòpe dormait toujours. Je profitai de ces quelques instants pour l'observer. Elle était si belle, si gracieuse lorsqu'elle était complètement étalée sur moi. Ses longs cheveux verts scintillaient de par les quelques très légers rayons de soleil qui filtraient par les ouvertures de la grotte. Son visage, si paisible lorsqu'il était endormi, me faisait penser à un animal sauvage ; une bête indomptable, puissante et sans limite, mais toute créature lorsqu'elle dort est la plus mignonne de toutes. Evidemment, Kalliòpe n'échappait pas à la règle. Si éveillée, elle m'inspirait de l'amour et de la passion, endormie, elle m’apaisait et me faisait oublier tous les problèmes de la vie.

J'étais toujours entrain de l'admirer lorsque, une dizaine de minutes plus tard, elle ouvrit les yeux. Même son état de pré-réveil était parfait, c'est pour dire. Quand je vis cette petite lueur dans ses yeux – qui étaient soit dues aux rayons du soleil, soit à une certaine joie de me revoir - , je ne pus résister à l'envie intenable de l'embrasser. Haleine qui pue du matin, bonjour, j'en ai rien à faire. Sa bouche et la mienne étaient en l'instant les pôles opposés d'un aimant, et ce n'était pas une odeur qui pourrait paraître désagréable mais qui ne l'était pas le moins du monde qui allait les empêcher de se rapprocher.

Kalli n'avait visiblement pas l'habitude de se faire embrasser dès le réveil, ce que je comprend d'ailleurs, parce que moi non plus, mais j'attendais depuis que je suis réveillé pour pouvoir l'embrasser, alors vous êtes gentils, mais bon, voilà quoi. Lui souriant, je me permis, pour la réveiller, de la taquiner un peu.

« Le tabouret d'hier soir. C'est le mien, tu me l'as volé. J'espère au moins que tu as bien aimé ma maison. Au moins, ça ne te choquera pas trop quand tu viendras chez moi. Enfin, si tu veux venir chez moi. Donc, si ça ne te dérange pas de rencontrer ma mère et Elia bien sûr. Je voudrais pas te forcer ou quoi. Puis je me dis que tu m'écoutes sûrement pas, vu qu'il est, genre, super tôt. Pardon.  »

Je me tus en lui souriant faiblement. Je ne pouvais me passer d'admirer ses traits, et ses yeux, dont la couleur vacillaient. C'était un spectacle époustouflant, et mon envie de peinture revint à la surface soudainement. Je dois peindre. Il fallait absolument que j'obtienne son accord. Je pourrais aussi le faire sans, mais ce serait bien trop irrespectueux. Et déjà que j'évite de l'être avec des dangereux psychopathes – ce qu'elle est un peu en fait, mais j'évite de trop dire ça -, je n'allais pas l'être avec celle qui m'avait offert son lit. Et bien plus d'ailleurs. A cette pensée, je ne pus m'empêcher de sourire encore. Sourire que je réprimai aussi vite que possible. Si je le montrais trop, elle n'aurait pas besoin de mon pouvoir pour savoir ce à quoi je pensais. Ce serait dommage. J'aimerais bien garder une image plus ou moins pure tout de même.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Jeu 29 Jan - 9:06
Je ne saurai expliquer avec précision la suite des événements. J’aurai juré lui avoir tourné le dos pour trouver un endroit sur le sol où dormir, et pourtant en moins de deux secondes, j’avais eu mes fesses posées sur mon lit. Mais vu qu’à ce moment précis, j’apprenais avec plus de vigueur les joies des baisers plus que langoureux, je ne me posai pas davantage de questions. La suite des événements fut loin d’être désagréable. Dans ma tête, ce genre d’événement avait toujours été catégorisé étrangement. Il faut dire que la dernière personne avait qui j’avais été plus ou moins proche, cet espèce de mentor qui m’avait appris la vie dans la forêt, avait une drôle d’approche. Il m’avait longtemps expliqué que c’était mon rôle de femme de le faire avec quelqu’un, et que ce quelqu’un devait être lui. Bien que j’aie toujours refusé cette pratique – même pas je songeais à en avoir envie – et ce, malgré ses chantages à répétition, je l’avais toujours cataloguée comme ne faisait pas parti de mon monde.

Et pourtant, j’étais là, bouillonnante d’hormones, dégoulinante d’envie, entrain de me laisser guider par cet Ozan qui semblait très à l’écoute. Je ne savais pas quoi faire avec mes mains, je ne savais pas quoi faire avec ma bouche, je n’avais aucune idée de comment agir ou réagir. J’étais à la fois complètement gênée et avide de savoir. Pendant un court instant, je fus perturbée d’avoir un corps nu collé au mien de quelques façons qu’il soit. Puis, les sensations et sentiments qui s’éprirent de moi suffirent à me faire arrêter de penser. Je m’abandonnai complètement à Ozan pendant toute la nuit. Nous étions hors du temps, complètement obnubilés par l’autre. Nous oubliions tout le reste : le monde extérieur, le temps lui-même, l’état désastreux dans lequel nous étions. Tout avait été effacé de la surface de la terre pour ne laisser que nous, qui buvions avec voracité les plaisirs de la chair.

* * *

Je ne savais pas à quelle heure nous avions arrêté tout ça. Si ça c’était fait d’un coup, ou sans vraiment faire exprès lors d’un arrêt temporaire. Je ne savais pas lequel de nous deux avait fermé les yeux en premier, ni si nous l’avions réellement fait à un moment. Je ne savais pas quelle heure il était, ni maintenant, ni avant. J’étais bercée par une étrange sensation de bien-être, à la fois vaporeuse et délicate. Peut-être était-ce ça de dormir le cœur léger, de dormir bien. Je ne savais pas exactement quels mots mettre sur cette sensation. Je savais juste que l’odeur d’Ozan m’enveloppait d’une douce caresse et m’apaisait totalement.

Puis, je me sentie me faire lentement arracher à ma rêverie, comme tirée par un fil invisible qui voulait me ramener à la réalité. Petit à petit, je me mis à ressentir ce lit trop dur ce lequel je dormais. Je sentis l’odeur de terre qui emplissait souvent ma grotte la journée. Je me souvins de ce qui s’était passé la veille – ou du moins quelques heures avant. Puis je sentis un regard peser sur moi. J’ouvris doucement les yeux pour voir que c’était Ozan. Je fus, étrangement, soulagée. Peut-être avais-je peur qu’il soit parti – il n’aurait pas été très loin, d’un autre côté – ou peut-être étais-je juste heureux de voir son sourire béat aux coins des lèvres.

Il m’embrassa à la seconde où je lui rendis son sourire. Je me laissai faire, bien que légèrement surprise par cette attitude – elle n’était en rien désagréable. J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose, et c’est quand il recula que je compris : je n’étais plus du tout sur mes gardes. Depuis toujours, j’avais eu cette sensation de danger qui ne me quittait jamais. J’avais toujours eu des réflexes prêts à trancher la tête de n’importe qui. J’avais toujours eu besoin de sentir une arme non loin de moi pour me sentir rassurer. Mais à cet instant, Ozan était tout ce qu’il me fallait.

Comme s’il avait entendu mes pensées, il me sourit de nouveau. Je n’avais jamais vu pareil beauté – et ce, malgré les cacas dans les yeux, les cheveux ébouriffés et l’allure du « peut-être aurais-je dormir douze heures de plus ». A ce moment, j’avais très envie de l’embrasser à nouveau et … tout ce qui s’ensuivait. Cependant, il parti dans un nouveau dialogue comme quoi je lui avais volé son tabouret et que je devais rencontrer sa mère. Sur le coup, je n’avais pas tout saisi, ce qui me valu un moment d’absence. J’essayai de remettre dans l’ordre les mots que j’avais entendu, qui tournaient dans ma tête comme un carrousel – ce qui était peu agréable le matin. Au bout de quelques interminables secondes, je compris enfin. Je me contentai d’enfoncer ma tête dans l’oreiller.

« Désolée, j’ai dû l’emprunter pour une durée indéterminée comme le reste de ce mobilier présent ici. Tu peux le récupérer si tu veux. »

J’évitai de parler de rencontrer sa mère. Dans un premier temps, parce que c’était peut-être un peu trop rapide – je venais seulement d’accepter une personne dans ma vie, et il m’a fallut un petit bout de temps, alors en accepter trois mille autres d’un coup … – Et, dans un deuxième temps, parce que ça voulait dire ressembler à quelque chose, être présentable, ne pas lui faire honte, devoir prétendre être quelqu’un que je ne suis pas , faire réaliser à sa famille que je ne suis pas du tout quelqu’un pour lui et tous ce genre de choses. Je veux dire, si j’avais quitté les Citrouilles Mal Taillées, c’était pour une bonne raison non ? Je n’étais pas la bienvenue dans la société.  

Je couchai ma tête sur le côté, pendant qu’il regardait ailleurs, et le détaillai. De fins rayons de soleil transperçaient çà et là, et allaient se perdre dans ses cheveux. Son visage était tout ce qu’il y avait de plus beau. Tous ses traits semblaient n’avoir été créés dans le seul but d’être parfait. Parfois, vous pouvez trouver des gens, tous, avec une imperfection assez visible, qui peut faire parti de leur charme. Mais pas lui. Il était l’élégance incarnée. Il n’avait rien qui puisse être critiquable. Même ses yeux, toujours de cette couleur étrange, étaient merveilleux. Tout son être était hypnotisant. Ses épaules, son torse, son ventre, son dos, ses bras, son … Oh. Ah. Ozan était nu. Sur le coup, je détournai le regard. Puis je réalisai que je devais sûrement l’être aussi. Et que c’était sûrement une des étapes primordiales pour faire ce que nous avions fait. Donc je n’aurai pas dû être surprise. … Mais tout de même.

« Oh tu sais, c'est qu'un tabouret, et je compte bien rester ici. Ou revenir tous les jours, je sais pas trop. Enfin, tant qu'il est entre de bonnes, magnifiques, si douces et splendides, merveilleuses mains, je sais qu'il est en sécurité. Puis là où il est, personne viendra le voler n'est-ce pas ? »

Je me décidai à le regarder à nouveau, du coin de l’œil. Il semblait être tout à fait à l’aise avec sa nudité. Je croisai son regard et un sourire se dessina sur ses lèvres. A moins que ce soit sur les miennes qu’il prit d’abord forme. Je me redressai, puis me levai à moitié pour me mettre à califourchon sur lui et le pousser en arrière pour qu’il se recouche. Et je l’embrassai. Encore. Et encore. Et encore. J’aurai pu faire ça pendant des heures. Et quelque chose au niveau de mes cuisses me fit comprendre qu’il n’était sûrement pas contre. Entre deux baisers, je lui murmurai au creux de l’oreille :

« Je t’aime aussi, Ozan. »

Au début, je fus quelque peu déroutée par le fait d’avoir dit ça. Puis je réalisai que je le pensais jusqu’au bout des doigts. Alors je l’embrassai de nouveau, avec plus d’ardeur cette fois. Et peu importe qu’il soit midi et que ce fut l’heure de la chasse. Car à cet instant précis, ce n’étais pas ce genre de gibier que je voulais.


* * *

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Jeu 29 Jan - 10:09
Ma-gni-fique. Je ne sais quel charme elle m'avait lancé, mais je ne pouvais pas détourner les yeux d'elle une seule seconde, mon cœur battait aussi fort que  possible rien qu'en la regardant, en admirant chacune de ses expressions, ses yeux qui montraient toutes ses réfléxions, ses sourires qui ne cessaient de s'afficher sur son visage.  Elle finit par me dire que je pouvais reprendre le tabouret. à choisir, je préférais reprendre autre chose. Mais à choisir, je préférais reprendre autre chose. Mais au final, tant qu'il était à elle, il était un peu à moi. Je suppose.


« Oh tu sais,c'est qu'un tabouret, et je compte bien rester ici. Ou revenir tous lesjours, je sais pas trop. Enfin, tant qu'il est entre de bonnes, magnifiques, si douces et splendides, merveilleuses mains, je sais qu'ilest en sécurité. Puis là où il est,personne viendra le voler n'est-ce pas ? »

Quelques secondes de silence suivirent avant qu'elle ne finit par se placer au dessus de moi et m'embrasser.Je pouvais ainsi gouter ses lèvres si douces à mon goût. Pendant le processus, je réalisai aussi que nous étions toujours nus, et ce vers quoi cela allait nous mener. Rien qu'à y penser, mes baisers s'intensifièrent avec ma respiration. Il n'y avait certes plus le mystère de la nuit, mais voir son corps, là, au dessus du mien, si beau, si parfait, rendit la chose bien mieux encore.

***

Il devait être aux alentours de midi quand nous furent légèrement calmés, et que, dégoulinant de sueur et encore sales de toutes nos mésaventures de la veille, je réalisai que nous pourrions effectivement trouver une utilité de nous laver. Je ne sais pas trop si elle avait l'habitude de faire ce genre de choses, mais comme de toutes façons, on venait tous deux d'en découvrir de nombreuses, autant continuer sur cette lancée. Je me rappelai alors que les sources chaudes n'étaient pas vraiment loin de chez Kalliòpe, et que nous pouvions donc profiter de cela pour se nettoyer un petit peu mieux.

L'embrassant encore une fois, -  ou dix, je ne sais plus trop, je perds vite le compte avec elle - je me levai  et allai dans la pièce où elle m'avait dit garder des vêtements. En entrant, je fus époustoufflé. Ce n'était plus une garde-robe à ce niveau là, c'était une mine d'or. Tellement d'habits différents, de tailles différentes, de styles différents. Je voyais mal l'utilité qu'elle pouvait en avoir, mais dans tous les cas, ça m'arrangeait. M'habillant alors de vêtements tout à fait banals, je revins à Kalli qui était elle aussi déjà habillée. Elle devait avoir compris ce que je faisais là-dedans, et avait certainement ses propres habits dans sa pièce principale, je suppose. Ou alors elle s'était faufilée derrière moi sans que je ne l'aie vu. Ce qui aurait le mérite d'être légèrement perturbant.

Je vins la prendre par la main et l'embrassai encore une fois, puis nous sortîmes de la grotte. Elle ne posa pas de question et je ne lui expliquai rien, elle semblait avoir compris que je voulais la guider pour une fois. Ou alors elle avait juste trop la flemme de protester, je ne sais pas trop. Bref, le fait étant que, possédant une mémoire visuelle plutôt excellente, sans vouloir me venter – pour un peintre, ça aide -, je pu reproduire le slalom qu'elle avait pratiqué la veille. Sa cheville n'avait pas l'air de la gêner outre-mesure, et nous marchions ainsi jusqu'aux sources chaudes. Prenant soin d'éviter celle où devait encore flotter un certain cadavre, je m'en éloignai d'ailleurs le plus possible pour finir par trouver un cratère pas trop grand.


« T'aurais pas envie de prendre un bain dans des conditions un peu moins stressantes par hasard ? Avec moi, bien entendu.»


« Hm, pourquoi pas.»

Sur son visage se dessinai un sourire qui en disait long sur la chose. Tout comme je l'espérais. J'enlevai mes habits en première vitesse et me calai au fond du bassin, la tête sous l'eau, appréciant cette chaleur qui rentrait dans tous les pores de ma peau. Je sentis les vibrations de l'eau qui m'indiquaient que Kalli m'avait finalement rejoint, et ressortant de l'eau, je nageai vers elle. Il n'y avait pas beaucoup d'espace pour nager, donc je fus à côté d'elle en quelques secondes seulement. Enroulant mes jambes autour de sa taille et mes bras autour de son cou, je la rapprochai de moi et l'embrassai langoureusement. Passionnément. Amoureusement. Décidément, je n'en avais jamais assez d'elle, et il n'y avait rien de plus agréable que la sensation de sa peau contre la mienne. Je dois avouer que pendant un instant, je me sentais sale de faire ce genre de choses autant de fois en même pas douze heures, mais ça m'était bien égale au final. J'aimais Kalliòpe, et je voulais ne faire qu'un avec elle la grande majorité du temps.

***

Plus tard, après avoir dûment consommé ma chère et tendre, je me rappelai que nous étions ici à la base simplement pour enlever la crasse que nous avions sur nous. Puis je me rappelai que je n'en avais absolument rien à faire encore une fois.

***

Nous sortîmes finalement de cette eau si délicieusement chaude qui n'avait de cesse de brûler ma peau, autant que la passion qui m'habitait. En renfilant mes habits, je jetai un dernier coup d'oeil à Kalliòpe puis l'embrassai.


« Désolé, je suis peut-être légèrement sauvage aujourd'hui. J'espère que tu neme déteste pas trop. Enfin, je veux dire, moi j'aime bien tout ça, mais euh, pardon.»

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Jeu 29 Jan - 11:58
La proposition d’Ozan fut plus qu’alléchante. Non pas que l’idée de prendre un bain me rendait tout en émoi, mais l’idée de changer un peu d’endroit l’était. Je me trouvais légèrement – pas assez pour calmer mes hormones vous noterez – perturbée par le fait d’être chez moi. Je veux dire, cet endroit a toujours été considéré comme une sorte de repère top secret, où j’amassais des biens et des armes … Très loin de l’idée d’un nid d’amour improvisé. Néanmoins, je le répète, le fait que ce soit avec Ozan rendait choses plus parfaites qu’elles ne l’étaient sûrement. Et aller aux sources chaudes était plus que parfait. Je suivis donc le blondinet sans me faire prier. Je fus tentée de prendre les devants pour sortir de notre cachette, mais je remarquai qu’il avait très bien retenu ma petite danse d’hier. Décidément, ce petit se montrait de plus en plus fantastique. Ou bien l’était-il depuis toujours et que je ne le remarquai que maintenant ?

Autant vous dire que la suite n’avait rien avoir avec un bain normal. Ou alors, on m’a menti toute ma vie et je suis passée à côté de quelque chose depuis bien trop longtemps. Fort heureusement, Ozan se trouvait fort intéressé dans le but de me faire rattraper le temps perdu. Et il se trouvait fort doué dans tout ce qu’il entreprenait, ce qui était très loin de me déplaire. Pour la première fois depuis des années, je me laissais guider et je me laissais me faire apprendre. Quelque part, ce genre d’agissement n’était pas si éloigné de la chasse qu’on pourrait le croire. Je devais apprendre à gérer les mouvements de mon corps pour me fondre dans l’environnement, je devais contrôler mes muscles pour être juste assez lente ou rapide quand la situation le demandait, je devais écouter les bruits environnants – ou ceux d’Ozan dans ce cas-là – pour savoir si j’étais sur la bonne piste ou pas … Et ça demandait tout autant de talent, de patience et de souffle pour tenir la cadence. Et puis, si je puis me permettre, le final était tout aussi jouissif – surtout dans le deuxième cas.

Il y en avait néanmoins une différence : à la chasse, chaque seconde devait être comptée, calculée. Le temps passé était mesuré, calculé, contrôlé. Dans ce cas présent, avec Ozan, c’était tout l’opposé. Le temps nous filait entre les doigts, il m’était incapable de le voir passer et je m’en délectais. Il était si bon de s’abandonner totalement à une activité – surtout celle-là – sans avoir à trop réfléchir. C’était à la fois reposant et complètement épuisant. Peut-être avions-nous découvert la limite de nos corps, ou peut-être que le fait qu’il soit aux alentours de seize heures jouait-il, mais dans tous les cas nous finissions par arrêter. Essoufflés, pas plus propres qu’avant – à deux trois plaies près – nous décidions de nous rhabiller. J’écoutai un instant, en enfilant mon pantalon, les bruits environnants pour remarquer nous étions toujours aussi seuls – et que si des gens étaient venus entre temps, ils auraient pu se faire égorger et hurler comme des ours que je n’aurais rien calculer.

Je jetai un coup d’œil à Ozan qui, en me voyant, vint m’embrasser. Il était torse nu et je pouvais sentir son cœur battre quand il me colla à son corps. Il se recula légèrement, ce qui me fit faire la mou, pour s’excuser de sa … sauvagerie. Un sourire amusé se dessina sur mes lèvres le temps qu’il finisse sa phrase, puis je pouffai discrètement de rire. A la suite de cette action, je m’approchai de lui pour lui embrasser la joue – si je déposais mes lèvres une seconde de plus sur les siennes, je devrais à nouveau faire une ellipse. Il venait d’ajouter qu’il avait bien aimé et la gêne l’empourpra complètement. Ce qui me fit regretter de ne pas l’embrasser une nouvelle fois.

« C’est vrai que moi, femme civilisée, je me suis trouvée fort outrée par tant de sauvagerie émanant de toi, jeune éphèbe sauvage que tu es. »

Dis-je, doucement, en articulant chaque syllabe, le tout agrémenté d’un faux accent aristocratique. A cet instant, je le fis se retourner et récupérai son tee-shirt qui traînait par terre. J’allais lui dire quand je remarquai deux énormes griffures dans le dos. Sur le coup, je me demandai quelle sorte d’animal avait pu lui faire de telle marque. Puis je réalisai qu’elles manquaient cruellement de profondeur – beaucoup trop pour qu’elles aient été faites par un animal sauvage et dangereux. Puis je réalisai : c’est moi qui lui avait fait ça.

« Heureusement que l’eau chaude fait office de désinfectant pour les plaies trop superficielles… »


Dis-je, tout bas, en passant mes doigts le long de ces deux marques dans son dos. Je ne savais pas réellement si je devais être impressionnée par moi-même ou légèrement dégoutée d’avoir osé abîmer sa peau. Même si l’idée qu’il puisse me faire pareil m’ait traversé l’esprit, il était évident que ça ne changerait en rien ma vie : j’avais déjà le corps couvert de cicatrices un peu partout. Mais lui, lui venait d’avoir la peau gâchée par mes ongles. Ce qui ne me rendait pas franchement fière. Mon ventre gronda, comme pour faire taire ma culpabilité. Je finis de lui mettre son teeshirt et il se retourna pour m’embrasser. Je lui rendis son baiser, en me concentrant pour que mon ventre reste le seul à quémander quelque chose.

Au bout d’un instant, je le repoussai très légèrement et pointai du doigt une direction aléatoire dans la forêt.

« Tu devrais rentrer, je peux aller nous chercher quelque chose à manger en attendant. Je fais rarement des réserves de nourriture, la viande se perd trop vite. »

Je m’arrêtai un instant, réalisant qu’il n’y avait pas plus tue-l’amour que « Va t’assoir, je vais aller tuer des petits animaux sauvages dans les bois, tu sais les mêmes bestioles qui te fascinent tout le temps ». Je me mordis la lèvre, consciente que j’avais dû retomber dans son estime de « potentielle partenaire » à « monstre qui tue les autres ». Génial.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Jeu 29 Jan - 19:42
Pour quelqu'un qui se prétendait sauvage, Kalliòpe maniait vraiment bien l'ironie. Et la méchanceté. Et je ne sais pas où elle était allée trouver cet accent de bourge, mais je le trouvais au top ! Pour un peu je l'embrasserais presque. Mais avant que je pu le faire, elle me força à me retourner puis passa sa main dans mon dos. Je ne savais ce qu'elle suivait ainsi avec ses doigts. Peut-être m'étais-je griffé contre de la pierre ? Je n'en savais rien et je ne saurai sûrement jamais, mais à vrai dire, ça m'importait peu. J'étais encore dans mes pensées quand j'entendis Kalli murmurer, ce qui m'empêcha de comprendre exactement ce qu'elle venait de dire.

Elle m'aida finalement à enfiler mon T-shirt, et moi, en récompense de ses bons et loyaux services, je décidai de lui donner un autre baiser passionné. Oui, c'était autant une récompense pour elle que pour moi, mais disons que c'est un cadeau commun, qui peut nous faire plaisir à tous les deux ! Puis elle me proposa de rentrer pendant qu'elle s'occupait de la chasse. Non mais et puis quoi encore ? Je suis assez grand pour aller chercher des animaux tout seul ! Ce serait plutôt à elle d'attendre sagement que l'homme, masculin et super viril, rentre avec dix cerfs sur les épaules !

« D'accord, mais alors tu dois revenir vite ok ? Si tu reviens pas, met toi bien en tête que y a plein d'armes chez toi, donc j'ai l'embarras du choix pour me tuer ok ?»

Bien entendu, je ne comptais pas exactement faire ça, disons que j'aime bien la vie, surtout depuis cette nuit. Oui, définitivement, la vie était devenue bien agréable, et si tous les jours devaient être comme celui-ci... Eh bien je pense qu'on pourrait considérer que je serais au paradis, définitivement. Je l'attrapai juste avant qu'elle parte pour l'embrasser encore une fois pendant quelques minutes. Décidément, je ne me lasserai jamais d'aucune de ses lèvres.

Nous nous séparâmes donc, moi partant vers sa grotte, elle plus profondément dans la foret. Sauf qu'une fois arrivé chez Kalli, il fallait bien que je passe le temps comme il faut. Alors je suis parti dans la foret à la recherche de plantes ou autres baies pouvant produire de belles couleurs, puis attrapai un petit lapin dans un piège posté par Kalli pour lui couper quelques poils et les accrochai à un bâton – ça, ça allait, il y en avait quelques uns dans la foret - .

Une fois tout le matériel nécessaire réuni, je m'attelai à la tâche. Je commençai par tracer des traits sur les murs de la grotte, de différentes couleurs, je comblai les vides avec d'autres, je créai des formes et d'autres. Du rouge, du bleu, du vert, du noir, du marron, du jaune, du violet, au final, il y avait de toutes les couleurs, et si au début ça pouvait paraître un peu brouillon, au final, j'avais réussi en quelques heures à reproduire les montagnes comme on les voit de ma maison. Le grand volcan voyait son cratère situé à l'un des trous donnant de la lumière, de manière à ce que son éclat illumine le reste, telle la lave présente en son cœur. J'étais décidément fier de moi, j'avais rarement réussi à faire un aussi gros travail en aussi peu de temps. Maintenant, restait à savoir si Kalliòpe allait apprécier la nouvelle déco. En soit, j'espérait que oui, sinon, j'étais bien dans la merde le caca.

Après avoir admiré mon œuvre un instant, je réalisai que j'étais tout de même fatigué, avec tout le sport que j'avais fait dans la journée. Je sortis alors de la grotte et partit à la recherche d'un piège à l'ombre. Ayant finalement trouvé mon bonheur, je fus satisfait de voir qu'il marchait et je fus ainsi emporté dans les airs par un filet pour finir à un bon mètre du sol. Je pouvais ainsi piquer un somme à l'abri des bêtes en attendant ma dulcinée.

Après ce qui me sembla être une heure, un bruit de craquement me fit me réveiller. Soit quelqu'un tentait de cambrioler la personne la plus dangereuse que je connais, soit il essayait de se suicider en allant en territoire hostile, soit le rayon de soleil de ma vie avait trouvé de quoi manger. Lorsque je vis sa belle chevelure émeraude, je ne pus m'empêcher de l'accueillir en criant.

« Kalliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii tu es enfin de retouuur ! Tu verras, j'ai remanié ta déco, je suis sûr que tu vas a-do-rer. Vraiment, je trouve ça magnifique. Et si t'aimes pas, je veux bien que tu me laisses un peu de temps pour courir avant de me pourchasser pour me tuer, s'il te plait. Oh, au passage, tes filets, tu pourrais resserrer les mailles s'il te plait ? C'est pas assez confortable comme ça. Puis, tant que t'y es, je veux bien de l'aide pour descendre, ce serait cool ! Y a quoi à manger ?»

J'affichai mon plus grand sourire avant de tomber d'un coup. Mon postérieur allait mettre du temps à se soigner, mais je ne doutais pas de la capacité de Kalliòpe à me faire oublier ma douleur instantanément. Ne pouvant plus attendre, je lui sautai dessus et l'embrassai plus passionnément encore que d'habitude.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Jeu 29 Jan - 20:24
Je passerai les détails banals comme mon large sourire quand Ozan parla de se tuer – non pas que l’action en elle-même était drôle, mais l’imaginer entrain de se couper accidentellement le petit doigt avec une écharde et chouiner pendant des heures après m’amusait. Mais cette pensée était sûrement trop méchante pour être prononcer à haute voix, et je voulais éviter qu’il prenne ça pour de la provocation et tente de me prouver qu’il était un homme, un vrai. Ce serait dommage que mon seul ami – puis-je encore l’appeler comme ça ? – se retrouve pendu après que j’aie chassé. Surtout que j’allais le faire pour deux, donc bonjour les restes qui enfument ma demeure. Je m’enfonçai dans les bois, tout en pensant à cette idée macabre de le perdre pour toujours. Puis, réalisant que ce n’était sûrement pas la meilleure façon pour me motiver à empaler des biches, je me décidai de me ressaisir.

Je grimpai à un autre, celui-là même où un de mes sabres de secours, accompagné d’un carquois et quelques flèches, se trouvaient. Puis je m’étirai, faisant craquer chacun de mes os. J’allais l’impression d’avoir hiberner pendant des jours entiers. J’observai les alentours, fière de mon audition complètement rétablie et du grand jour qui m’offrait une visibilité hors du commun. Je partis en trot, reniflant l’air, à la recherche des pistes animales. Il ne me fallut pas longtemps pour en trouver une belle. C’était un énorme cerf, plus gros encore que je ne pouvais l’espérer. A croire qu’il avait grandi dans une ferme pendant toutes ces années. Je bloquai ma respiration et m’approchai lentement. Puis je décochai une flèche qui le toucha en pleine nuque. A ce moment, je découvris qu’une sorte de loup avait décidé de s’en faire son repas aussi. Or, il était hors de question que quelque d’autre que moi dépèce ce gibier.

Je finis par réussir à effrayer l’animal sauvage suffisant longtemps pour m’approcher de la carcasse qui, pourtant fraîche, amassait déjà pas mal de mouches. Remarquant qu’elle était encore plus grosse de près, je me décidai à me faire une poche à l’aide d’écorce humide et de feuilles pour m’aider à transporter le plus de viande possible. Une fois mon travail minutieux de découpage des meilleurs morceaux terminé, j’abandonnai le cadavre pour le loup ou tout autre carnassier qui passerait par-là. Eh oui, l’avantage dans la nature : jamais de gâchis. Toujours quelqu’un pour manger les restes ! Je me décidai, en passant, à parcourir les environs pour voir si certains de mes pièges avaient sonné. A plusieurs reprises, je passai mes mains pleine de sang – pas encore tout à fait sec – sur mon visage ou dans mes cheveux, ce qui m’importait guère – pour l’instant.

Je fis donc ma récolte du secteur le plus rapidement possible. Je courrais, de plus en plus chargée, à travers les bois et les rochers, pendant près d’une heure et demie non stop. Puis je finis par me retrouver devant ma grotte. Je pilai net. Un de mes pièges s’était déclenché. Je dégainai mon sabre, prêt à embrocher le premier venu. Puis je commençai à m’inquiéter pour Ozan : et si quelqu’un avait réussi à pénétrer ma demeure et à l’éviscérer ? Je refusai de croire à cette hypothèse, mais une petite voix rieuse me le répétait à chaque instant. J’avançai prudemment quand une voix se fit entendre au dessus de ma tête. Autant vous dire que si je n’avais pas reconnu celle d’Ozan, il aurait reçu une flèche entre les deux yeux.

Avec plus de rage que je n’aurai dû, je coupai net le fil qui retenait le filet sans écouter ce qu’il me disait. Le jeune homme, probablement habitué à de telles maltraitances, se remit bien assez vite du choc pour m’embrasser. Je n’avais pas besoin de ses explications pour comprendre qu’il l’avait fait exprès – pour quelle raison ? Se reposer ? S’amuser ? Même s’il semblait trouver la situation très amusante, moi je ne l’étais pas. Il a dû le sentir, car il se recula légèrement. J’étais couverte de sang – sur mes joues, mes lèvres, mon front, mes cheveux, mes mains, mes avant-bras, sûrement mon tee shirt – et je dégoulinais de transpiration. Je lui tendis mon sac de fortune avant de faire face à filet qu’il venait de gâcher.

« Va ranger ça, je vais réparer le piège. »

Peut-être cela vous semblait-il disproportionné. Peut-être cela vous semblait-il idiot. Après tout, j’avais ce genre de gadget un peu partout dans la forêt. Sauf que voilà, ceux présents devant chez moi demandaient beaucoup plus de travail que n’importe lequel qui traînait en dehors de mon domaine. Toutes les mailles étaient plus serrées, les matières utilisées plus fortes. Si j’avais mis ce genre de chose devant chez moi, c’était pour qu’elle soit capable de retenir un homme. Le même genre qui nous courait après hier. Je pouvais mettre des heures juste pour la confection du filet en lui-même, pesant plus d’une dizaine de kilos. Et après, il fallait que je le monte. En grimpant à l’arbre. Arbre qui, en passant avait été lissé par mes soins pour empêcher quelqu’un de monter. Les joies d’un jardin sécurisé.

J’ignorai si Ozan était toujours là ou pas, mais je m’accroupis devant les mailles étendues à mes côtés. Fort heureusement, elles n’étaient pas spécialement abîmées. Je n’avais seulement qu’à le monter, refaire les liens, et recréer le système en lui-même. Et retrouver une corde assez épaisse pour soutenir le tout. Rien de très compliqué en soit. J’aurai bien aimé vous dire : je pouvais faire ça demain ! Sauf que nous, je ne pouvais pas. Vous n’avez même pas idée de nombre de gens qui veulent ma mort et qui attendent une quelconque faille pour glisser un couteau sous ma gorge. Ou pire. Celle d’Ozan. Car, depuis peu, la seule vie qui m’intéressait n’était plus la mienne, c’était la sienne. Et je refuserai de respirer dans un monde où je n’aurais pas su le protéger. Et si cela voulait dire passer deux heures à refabriquer cette chose, et bien ce serait deux heures bien dépensées.

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Re: ► OZAN. “WE'RE ALL NAKED BODIES, BABY.”

le Jeu 29 Jan - 21:24
Visiblement, embrasser  Kalliòpe après la chasse n'était pas un bonne idée. Ou alors elle avait fait une mauvaise rencontre pendant la chasse. Ou alors je puais de la bouche. J'espère que c'est pas trop ma faute quand même. Lorsqu'elle me tendit le sac, ses mots me semblaient agressifs. Comme la première fois que je l'avais rencontré. A l'époque, je ne la connaissais pas, et elle n'avait pas l'habitude de côtoyer des humains, donc c'était compréhensible, mais maintenant, nous nous connaissons depuis plusieurs mois déjà, et nous avons à nous découvrir encore plus en profondeur assez récemment, si je puis me permettre.

Je voyais pas ce qui pouvait la mettre dans des états pareils, et je me mis d'abord à accuser la chasse. Peut-être que ça avait fait ressortir ses instincts primaires et qu'elle ne me reconnaissait plus. Dans ce cas-là, je veux bien comprendre que se faire embrasser par un inconnu puisse paraître étrange. Sauf que si elle ne me reconnaissait vraiment plus, je serais déjà mort à l'heure qu'il est. Donc j'ai vite éloigné cette hypothèse, la jugeant tout à fait improbable.

La voyant alors se pencher sur le filet, je compris alors. J'avais ruiné un de ses pièges. Et j'avais beau ne pas m'y connaître en pièges, le filet dans lequel j'ai dormi me semblait vaguement inconfortable, de par sa dureté. Peut-être que ceci avait donc un lien quelconque avec la complexité du filet. Encore une fois, je parle en profane, et je ne sais donc absolument rien de l'art du piégeage, mais je suppose que si l'on ruine un piège que vous avez passé des heures à préparer, vous pourriez vous énerver. J'essayais de me mettre à sa place en l’imaginant détruisant une de mes peintures, genre celle de la grotte. Sauf que le seul résultat qui me venait serait que je lui pardonnerais directement et que je l'embrasserais. Mais je suppose que je suis un peu plus calme qu'elle, donc les réactions ne sont sûrement pas les mêmes.

Je partis déposer le sac qui devait peser une tonne ou deux dans la grotte. Le sol étant peint lui aussi, j'évitais de le poser par terre, de peur d’abîmer mon œuvre. Je fis alors le choix de le déposer sur mon tabouret. Je continuais pendant ce temps de m'insulter à voix basse de tous les noms. J'aurais pu choisir de dormir dans le lit de Kalli, qui est confortable, mais non, il a fallu que j'aille activer un piège sans autorisation et que je m'apporte les foudres de ma sauvage.

Je ne restai cependant dans la grotte que quelques secondes. Il fallait que je tente un minimum de me racheter. M'avançant avec toutes les précautions du monde vers Kalliòpe, je tentai une approche discrète et douce.


« Mon amour – je peux t'appeler comme ça ou tu vas m'étriper ? - je suis vraiment désolé. Je savais pas que ce piège était si important pour toi. Est-ce que... Est-ce que tu veux de l'aide pour le remettre en place ? Je sais pas si je serais très utile, mais je me débrouille pas trop mal en activités manuelles habituellement.»


« Il est pas important. Tu es important. Et ça, là, c'est ta protection. Sans lui, on est tous morts. TOUS. Ils rôdent. Ils veulent notre peau. Tu comprends pas. C'est pourquoi on est encore en vie. Grâce à ça. A ce truc. Ca peut nous sauver, et, et, et, et, et»


Elle ne put continuer à parler. Ses larmes coulaient de ses yeux pour finir par se rejoindre sur son menton. Seuls quelques reniflements et le bruit des gouttes qui tombaient par terre perçaient le silence qui pesait. Quel idiot. Je n'avais pas pensé une seule seconde qu'elle pouvait se faire du soucis pour moi à ce point. Et je me suis mis en danger en agissant aussi bêtement. Je m'en veux tellement. Je sais que si Kalli avait été en danger, je n'aurais pas hésité une seule seconde à réduire un village en cendre pour la retrouver. Alors je peux tout à fait comprendre qu'elle se soit énervée contre moi. Je crois que je me serais même baffé à sa place.

Je m'approchai doucement et la prit dans mes bras. Je ne m'en étais pas encore rendu compte, mais je pleurais aussi. Nos larmes se mêlaient sur le sol pour ne faire qu'unes, tandis que je tenais Kalliòpe.


« Je suis tellement désolé. En deux jours, je trouve le moyen de te faire pleurer deux fois. Je suis qu'un gros naze. Viens, relève toi et sèche donc tes larmes, on va le reconstruire ensemble ton filet.»

Pour la suite, comme je disais tout à l'heure, j'étais un complet ignare par rapport à la création de piège, et je me contentai donc de suivre les indications de Kalli. Grimper à l'arbre se trouvait toutefois être une tâche très complexe et je la laissai donc faire.

Une fois ceci fait, quelques heures plus tard donc, nous retournâmes dans la grotte, et elle ne semblait pas trop dérangée par les nouvelles peintures qui se trouvaient un peu partout, étant donné qu'elle m'embrassa peu de temps après être rentrés au chaud, si je puis dire. Je préparai encore le repas, que nous mangeâmes en silence jusqu'au bout, puis, je me mis au lit, une fois la nuit tombée, vite suivit par Kalliòpe.


***
Je l'aimais.

***

Bon dieux, que je l'aimais.

***

Plus jamais je ne pourrais me passer d'elle.

***

Je veux vivre ma vie entière avec elle.

***

Elle était si belle.

***

Tellement magnifique.

***

Ses yeux rouges, si brillants, si absorbants.

***

Plus jamais je ne veux être séparé d'elle.

***

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